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La stimulation magnétique transcrânienne dans le Covid long : ce que dit la science

Le brouillard mental et la fatigue cognitive sont parmi les symptômes les plus invalidants du Covid long — et parmi les moins bien pris en charge. La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS), technique non invasive déjà utilisée en psychiatrie depuis des années, commence à attirer l'attention de chercheurs qui la testent dans ce contexte. Que dit réellement la science, et pour qui cette piste peut-elle être pertinente ?

⚡ L'essentiel en 4 points

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Preuve mécanistique

Des oscillations bêta réduites dans les aires motrices ont été objectivées chez des personnes atteintes de Covid long — une signature neurophysiologique mesurable, pas subjective.

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Preuve clinique préliminaire

3 séries de cas (4 à 23 patients) et 1 revue systématique montrent des tendances positives sur la cognition. Aucun grand essai contrôlé n'est encore publié.

Profil ciblé

Brouillard mental, fatigue cognitive, anxiété et dépression associées — surtout quand d'autres approches ont échoué.

Non documenté

Fatigue physique pure, POTS isolé, symptômes gastro-intestinaux — la rTMS ne cible pas ces dimensions et n'a pas montré de bénéfice dans ces profils.

📖 Termes de référence
  • rTMS = Répétitive Transcranial Magnetic Stimulation — stimulation magnétique transcrânienne répétitive
  • DLPFC = Dorsolateral Prefrontal Cortex — cortex préfrontal dorsolatéral (zone liée à l'attention, la mémoire de travail, l'humeur)
  • iTBS = Intermittent Theta Burst Stimulation — variante accélérée de la rTMS, séances de 3 minutes
  • Oscillations bêta = activité électrique cérébrale entre 13 et 30 Hz, liée au maintien de l'état postural et à la vigilance motrice
  • SMA = Cortex Moteur Supplémentaire — zone corticale impliquée dans la planification du mouvement et la fatigue à l'effort
  • M1 = Cortex Moteur Primaire — zone d'exécution des commandes motrices volontaires
  • Excitabilité corticale = niveau d'activité de base d'une zone du cerveau, sa capacité à répondre à une stimulation
  • Neuromodulation non invasive = modification de l'activité cérébrale sans chirurgie ni électrodes implantées
Représentation schématique de la stimulation magnétique transcrânienne — impulsions ciblant le cortex préfrontal

Qu'est-ce que la rTMS — sans jargon

🟢 Preuve établie — AMM dépression résistante (France)

Concrètement, la rTMS c'est une raquette posée près de la tête qui envoie de brèves impulsions magnétiques dans une zone précise du cerveau — sans courant électrique appliqué directement sur le crâne, sans anesthésie, sans convulsion. La personne est assise dans un fauteuil et peut parler pendant la séance.

Ces impulsions magnétiques traversent librement le crâne et induisent un microcourant électrique dans le tissu cortical situé en dessous — c'est ce microcourant, localisé et non douloureux, qui module temporairement l'excitabilité des neurones de cette zone. Selon la fréquence utilisée, l'effet est stimulant ou inhibiteur :

  • Haute fréquence (10 Hz et plus) — augmente l'excitabilité de la zone cible, effet généralement stimulant
  • Basse fréquence (1 Hz) — réduit l'excitabilité, effet généralement inhibiteur
  • Theta burst intermittent (iTBS) — protocole accéléré qui reproduit des rythmes thêta naturels du cerveau (5 Hz) en salves courtes. Séances de 3 minutes. Même efficacité que les protocoles standards selon les données disponibles.

La zone cible principale dans les troubles cognitifs et de l'humeur est le cortex préfrontal dorsolatéral gauche (DLPFC) — une région clé pour l'attention, la mémoire de travail, la régulation émotionnelle et le contrôle exécutif. En France, la rTMS dispose d'une AMM dans la dépression résistante uniquement. Elle n'a pas d'AMM spécifique dans le Covid long.

rTMS et DLPFC gauche — principe de la stimulation magnétique DLPFC gauche Bobine rTMS Champ magnétique Modulation de l'excitabilité corticale Attention · Mémoire de travail · Humeur

Localisation du DLPFC gauche et principe de la stimulation magnétique transcrânienne. La bobine génère un champ qui induit un courant dans le tissu cortical cible.

Une séance standard dure 20 à 40 minutes ; un protocole iTBS dure 3 minutes. Les cures classiques comprennent 20 à 30 séances sur 4 à 6 semaines. Les protocoles accélérés (2 séances par jour) peuvent ramener la durée totale à 2 semaines.

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Ce que le Covid long fait au cerveau

🟠 Association documentée — TMS-EEG, cohorte n=16 (Casula et al., 2024)

Pour comprendre pourquoi la rTMS est une piste logique dans le Covid long, il faut d'abord comprendre ce que ce syndrome fait au cerveau. Et depuis peu, on a une mesure objective.

Une étude publiée en 2024 par Casula et ses collègues[4] a combiné TMS et EEG (électroencéphalographie) pour mesurer directement l'activité oscillatoire de deux zones motrices chez 16 personnes atteintes de Covid long souffrant de fatigue persistante, comparées à des témoins sains.

Résultat : une réduction significative des oscillations bêta (activité électrique entre 13 et 30 Hz) dans le cortex moteur primaire (M1) et le cortex moteur supplémentaire (SMA) — deux zones impliquées dans la planification et l'exécution du mouvement, mais aussi dans la gestion de l'effort. Ce qui est remarquable : il existe une corrélation significative entre le niveau d'oscillations bêta dans le SMA et le score de fatigue individuel (r = −0,596, p = 0,012). Autrement dit, plus les oscillations sont réduites, plus la fatigue est sévère.

Ce n'est pas une fatigue imaginaire : c'est une signature neurophysiologique mesurable. Et c'est précisément sur ce type de dysfonctionnement que la rTMS peut théoriquement agir, en tentant de restaurer l'excitabilité et le rythme de ces circuits.

Oscillations bêta normales vs réduites dans le Covid long Signal normal (contrôle) Amplitude β préservée Covid long (fatigue) ↓ Amplitude β — corrélée à la fatigue

Représentation stylisée des oscillations bêta TMS-évoquées. Dans le Covid long avec fatigue, l'amplitude est réduite dans M1 et le SMA. Corrélation r = −0,596 avec le score de fatigue (p = 0,012).

👁️ L'œil du Docteur en pharmacie

Ce qui me semble décisif dans l'étude Casula, c'est qu'elle fournit un biomarqueur électrophysiologique objectif, mesurable et corrélé à l'intensité des symptômes. Ce n'est plus une plainte subjective : c'est un cerveau qui oscille différemment, mesurable par électroencéphalographie. Cela légitime la recherche de cibles thérapeutiques neurophysiologiques dans le Covid long — et la rTMS est l'une des rares techniques capables d'agir précisément à ce niveau.

Ce que les études cliniques montrent

🔴 Signal préliminaire — séries de cas, pas de RCT publié

Soyons précis d'emblée : toutes les études cliniques disponibles portent sur 4 à 23 personnes maximum. Il n'existe pas encore de grand essai contrôlé randomisé sur la rTMS dans le Covid long. Les données actuelles sont encourageantes mais exploratoires.

Sakib et al. 2024 — seul essai avec condition sham (n=4)

L'équipe de l'Université de Waterloo[2] est à ce jour la seule à avoir comparé une stimulation active à une stimulation factice (sham — bobine désactivée) dans le Covid long. Quatre personnes atteintes de Covid long ont reçu les trois conditions : iTBS-600 (600 impulsions), iTBS-300 (300 impulsions), et sham. Résultats : des tendances positives sur le brouillard mental, la qualité de vie et l'anxiété, une bonne tolérance, aucun événement indésirable grave. L'échantillon est trop petit pour tirer des conclusions fermes, mais c'est la seule série qui contrôle l'effet placebo.

Bock et al. 2024, Mayo Clinic — 5 patients, protocole accéléré

À la Mayo Clinic[1], 5 personnes atteintes de Covid long (52-63 ans, 3 femmes) ont suivi un protocole de rTMS accélérée avec iTBS ciblant le DLPFC gauche. Un des 5 patients a arrêté immédiatement en raison de douleurs au cuir chevelu intolérables. Chez les 4 qui ont terminé, les scores PROMIS (Patient-Reported Outcomes Measurement Information System) montrent :

  • Fatigue : de 74,5 à 61,8 (amélioration de 13 points)
  • Dépression : de 60,3 à 51,5
  • Anxiété : de 62,0 à 54,0
  • Cognition : de 26,8 à 32,3 (amélioration, score croissant)

Ces changements ne sont pas statistiquement significatifs (cohorte trop petite), mais 3 des 4 personnes ayant terminé rapportent une amélioration subjective. Les auteurs soulignent que dans des maladies chroniques avec souffrance prolongée, même une amélioration modeste a une valeur clinique.

Sasaki et al. 2023 — 12 patients, rTMS + imagerie SPECT

Une équipe japonaise[5] a appliqué une rTMS haute fréquence sur les lobes frontal et occipital de 12 personnes atteintes de Covid long (44 ans en moyenne, 202 jours depuis l'infection). 10 séances complètes ont été réalisées sans événement indésirable. Résultats significatifs :

  • Fatigue (Brief Fatigue Inventory) : de 5,7 à 1,9 (p < 0,01)
  • Apathie (Apathy Scale) : de 19,2 à 10,3 (p < 0,01)
  • QI total (WAIS-4) : de 94,6 à 104,4 — amélioration dans tous les sous-items cognitifs
  • Hypoperfusion cérébrale (SPECT) : réduite en étendue et en sévérité après 10 séances

Gorenshtein et al. 2024 — revue systématique

Cette revue de la littérature[3] a identifié 6 études sur la neuromodulation non invasive dans le Covid long, toutes montrant des améliorations positives sur la cognition. Conclusion des auteurs : les données sont prometteuses, mais l'absence de protocole standardisé et de RCT empêche toute recommandation clinique formelle.

⚠️ Mise en perspective obligatoire — Ces 4 études portent sur un total de 4 à 23 personnes. Pas encore de grand essai contrôlé randomisé publié. Les tendances positives sont cohérentes mais non confirmées à large échelle. Un protocole de revue systématique et méta-analyse est en cours (2025). Ces données justifient l'exploration, pas une recommandation clinique standardisée.

Tolérance et sécurité

🟠 Association documentée — données consolidées dépression + Covid long

La sécurité de la rTMS est bien caractérisée dans ses indications validées (dépression résistante), et les études dans le Covid long confirment un profil similaire.

Effets indésirables rapportés dans les études sur le Covid long :

  • Picotements ou douleurs au niveau du cuir chevelu pendant la stimulation (fréquent, transitoire)
  • Céphalées légères après la séance (rare, disparaissant spontanément)
  • Dans l'étude Bock, 1 personne sur 5 a arrêté immédiatement pour douleur intolérante au cuir chevelu

Contre-indications absolues, indépendamment de l'indication :

  • Implants métalliques intracrâniens (clips d'anévrisme, corps étrangers métalliques intracrâniens)
  • Stimulateur cardiaque ou défibrillateur implantable
  • Antécédents d'épilepsie ou de crise convulsive

Ni dépendance, ni effets systémiques, ni impact sur la mémoire à long terme ne sont documentés avec la rTMS dans ses modalités standard — à la différence de l'électroconvulsivothérapie (ECT).

Pour qui cette piste est-elle cohérente ?

🔴 Signal préliminaire — consensus d'expert, pas de critères validés

Sur la base des données disponibles, les profils pour lesquels la rTMS représente une piste la plus cohérente sont :

  • Brouillard mental dominant — difficultés de concentration, mémoire de travail altérée, ralentissement cognitif
  • Fatigue cognitive — distincte de la fatigue physique à l'effort : fatigabilité mentale disproportionnée, pas nécessairement de malaise post-effort systématique
  • Composante anxieuse ou dépressive associée — là où les données de la rTMS en psychiatrie sont les plus solides

En revanche, la rTMS n'a pas montré de bénéfice documenté dans les profils à prédominance de POTS (syndrome de tachycardie orthostatique posturale), de malaise post-effort isolé, ou de symptômes gastro-intestinaux.

⚠️ La rTMS n'est pas une démarche d'auto-soin. Elle nécessite un centre équipé (CHU, clinique spécialisée), une prescription médicale, et une évaluation préalable des contre-indications. Envisager cette piste avec votre professionnel de santé référent.

Ce qu'on attend encore

🔴 Données insuffisantes — essais en cours

Plusieurs éléments doivent encore être établis avant que la rTMS puisse être recommandée formellement dans le Covid long :

  • Un essai contrôlé randomisé à large échelle — avec groupe sham, suivi à 3 et 6 mois
  • Standardisation des protocoles — zone cible (DLPFC gauche vs SMA vs occipital), fréquence, nombre de séances, durée
  • Biomarqueurs prédictifs de réponse — les oscillations bêta de base pourraient être un candidat pertinent pour identifier a priori qui répondra le mieux
  • Évaluation de la durabilité — les bénéfices observés dans les petites séries sont-ils maintenus à distance ?

Un protocole de revue systématique et méta-analyse spécifique à la rTMS dans le Covid long a été publié en 2025 — les données devraient s'accumuler rapidement dans les deux prochaines années.

🧩 Ce que l'on sait — et ce que l'on ne sait pas encore

Ce qui est établi : Le Covid long est associé à une réduction mesurable des oscillations bêta dans les aires motrices (M1, SMA), corrélée à l'intensité de la fatigue. La rTMS est une technique sûre, bien tolérée, avec AMM dans la dépression résistante en France. Des tendances positives sur la cognition et la fatigue cognitive ont été observées dans 3 séries de cas et 1 revue systématique totalisant 4 à 23 personnes.

Ce qui reste spéculatif : Le bénéfice clinique à large échelle n'est pas démontré (pas de RCT publié). Les protocoles optimaux (zone cible, fréquence, nombre de séances) ne sont pas standardisés. On ne sait pas qui répondra et qui ne répondra pas. Les données de durabilité au-delà de quelques semaines sont insuffisantes. La prise en charge financière en France est limitée hors indication validée.

Questions fréquentes

C'est quoi la différence entre la rTMS et les électrochocs ?

Les électrochocs (ECT) provoquent une crise convulsive sous anesthésie générale via un courant électrique direct appliqué sur le crâne. La rTMS n'induit aucune convulsion : elle génère des impulsions magnétiques focalisées qui modulent localement l'activité de zones corticales précises, sans passage de courant électrique à travers le crâne, et sans anesthésie. La rTMS est réalisée en consultation externe, dure 3 à 40 minutes selon les protocoles, et n'a pas d'impact sur la mémoire à long terme. Ce sont deux techniques de neuromodulation profondément différentes dans leur mécanisme, leur intensité et leur profil de tolérance.

Combien de séances sont nécessaires ?

Les protocoles standard utilisés en pratique clinique comprennent généralement 20 à 30 séances, à raison de 5 séances par semaine sur 4 à 6 semaines. Les protocoles accélérés (comme le theta burst iTBS) permettent de réduire la durée de chaque séance à 3 minutes, avec parfois 2 séances quotidiennes sur une période plus courte. Dans les études spécifiques au Covid long, les durées varient de 10 à 30 séances selon le protocole et l'équipe. Il n'existe pas encore de consensus standardisé pour le Covid long.

La rTMS est-elle remboursée en France pour le Covid long ?

En France, la rTMS dispose d'une AMM dans la dépression résistante et certaines indications neurologiques (douleurs neuropathiques, rééducation post-AVC). Elle n'a pas d'AMM spécifique dans le Covid long. Le remboursement par l'Assurance maladie est donc limité aux indications reconnues. Une prise en charge partielle peut exister dans certains centres hospitaliers universitaires dans le cadre de consultations spécialisées Covid long, mais ce n'est pas généralisé. Il est recommandé de vérifier directement auprès de la structure envisagée.

Peut-on faire la rTMS en même temps que d'autres approches ?

La rTMS est généralement compatible avec un suivi pluridisciplinaire incluant la kinésithérapie douce, la psychothérapie (notamment les TCC), ou certains compléments nutritionnels. Elle ne présente pas d'interactions médicamenteuses directes connues avec la plupart des traitements habituels du Covid long. En revanche, certains médicaments qui abaissent le seuil épileptique (certains antidépresseurs à haute dose, certains antibiotiques) représentent une précaution à évaluer. La décision appartient au praticien qui prescrit, après évaluation individuelle complète.

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Sources

  1. Bock J, Kung S, Ganesh R, Hurt RT, Lapid MI. Evaluating Repetitive Transcranial Magnetic Stimulation for Neuropsychiatric Symptoms in Long COVID: A Case Series. J ECT. 2025 Jun 1;41(2):101-104. PMID : 39531278. DOI : 10.1097/YCT.0000000000001072
  2. Sakib MN, Saragadam A, Santagata MC, Jolicoeur-Becotte M, Kozyr L, Burhan AM, Hall PA. rTMS for post-covid-19 condition: A sham-controlled case series involving iTBS-300 and iTBS-600. Brain Behav Immun Health. 2024 Feb 5;36:100736. PMID : 38371381. DOI : 10.1016/j.bbih.2024.100736
  3. Gorenshtein A, Liba T, Leibovitch L, Stern S, Stern Y. Intervention modalities for brain fog caused by long-COVID: systematic review of the literature. Neurol Sci. 2024 Jul;45(7):2951-2968. PMID : 38695969. DOI : 10.1007/s10072-024-07566-w
  4. Casula EP, Esposito R, Dezi S, Ortelli P, Sebastianelli L, Ferrazzoli D, et al. Reduced TMS-evoked EEG oscillatory activity in cortical motor regions in patients with post-COVID fatigue. Clin Neurophysiol. 2024 Sep;165:26-35. PMID : 38943790. DOI : 10.1016/j.clinph.2024.06.008
  5. Sasaki N, Yamatoku M, Tsuchida T, Sato H, Yamaguchi K. Effect of Repetitive Transcranial Magnetic Stimulation on Long Coronavirus Disease 2019 with Fatigue and Cognitive Dysfunction. Prog Rehabil Med. 2023 Feb 28;8:20230004. PMID : 36861061. DOI : 10.2490/prm.20230004

© 2026 myBoussole · Dr Rémy Honoré, Docteur en pharmacie et nutrithérapeute