Ivermectine et Covid long : mécanismes, essais cliniques et l'hypothèse parasitaire

Essais randomisés négatifs, mécanismes in vitro non transposables à la clinique humaine, risque neurotoxique sous-estimé via l'axe ABCB1 : le dossier pharmacologique de l'ivermectine dans le Covid long est plus complexe qu'un simple bilan efficacité/tolérance. Une piste mécanistique distincte — la réactivation parasitaire silencieuse comme facteur d'immunodépression — reste à ce jour une hypothèse de travail non validée en RCT.

⚡ L'essentiel en 4 points

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Mécanismes plausibles

Deux voies pharmacologiques documentées in vitro : inhibition du transport nucléaire viral (importine α/β1) et réduction de l'inflammation via NF-κB. Mais la concentration efficace reste inaccessible par voie orale chez l'humain.

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Essais cliniques négatifs

La méta-analyse Cochrane 2022 (11 essais, 3 409 personnes) et l'essai ACTIV-6 dans le JAMA 2022 (1 591 personnes) ne montrent pas de bénéfice sur la durée de récupération ni la mortalité dans le Covid-19 aigu.

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L'hypothèse parasitaire

Des parasites intestinaux latents peuvent exercer une immunodépression silencieuse. Les éliminer pourrait restaurer une immunité comprimée et améliorer indirectement la capacité à contrôler l'inflammation chronique.

⚠️

Contexte validé : corticoïdes

Le seul usage validé est le dépistage Strongyloides avant corticothérapie. En automédication, la co-prescription avec des inhibiteurs de la glycoprotéine P (vérapamil, hydroxychloroquine) ou un polymorphisme ABCB1 peut provoquer une neurotoxicité sévère.

📖 Termes de référence
  • Importine α/β1 = protéines de transport nucléaire (nuclear import proteins)
  • NF-κB = facteur nucléaire kappa B — régulateur central de l'inflammation
  • Strongyloides stercoralis = anguillule (threadworm) — nématode intestinal capable de rester latent des décennies
  • Syndrome d'hyperinfection = dissémination massive d'un parasite en cas d'immunodépression
  • Eosinophilie = élévation des éosinophiles — signal biologique d'infestation parasitaire
  • RCT = essai contrôlé randomisé (randomized controlled trial) — niveau de preuve clinique le plus élevé
  • Cmax = concentration plasmatique maximale atteinte après prise orale
Représentation schématique d'une molécule antiparasitaire et de cellules immunitaires

1. Pourquoi l'ivermectine a fasciné des millions de personnes

L'ivermectine a été découverte dans les années 1970 par Satoshi Omura et William Campbell, récompensés du prix Nobel de médecine en 2015. Dérivée d'une bactérie du sol (Streptomyces avermitilis), elle est depuis des décennies l'un des antiparasitaires les plus utilisés dans le monde, avec un excellent profil de tolérance établi.

En mars 2020, une étude australienne in vitro a signalé que l'ivermectine réduisait la réplication du SARS-CoV-2 d'environ 5 000 fois en 48 heures en culture cellulaire. Cette donnée, sortie de son contexte pharmacologique, a déclenché un enthousiasme mondial. L'ivermectine était disponible, peu coûteuse, connue. Elle avait tout pour incarner l'espoir en période de panique sanitaire.

Chronologie ivermectine 1970-2026 1970s Découverte 2015 Prix Nobel Mars 2020 Etude in vitro 2022 Cochrane + JAMA 2026 Piste parasitaire

Chronologie de l'ivermectine : des premières découvertes aux essais cliniques COVID et à la piste parasitaire.

Ce qui a suivi illustre un phénomène bien connu en pharmacologie : le saut prématuré de la culture cellulaire à la clinique humaine. L'enthousiasme a précédé les données, puis la polarisation politique s'est emparée du sujet, rendant le débat scientifique particulièrement difficile.

2. Les deux mécanismes pharmacologiques plausibles

2.1 L'inhibition de l'importine α/β1

Les virus à ARN, dont le SARS-CoV-2, doivent transporter certaines de leurs protéines dans le noyau cellulaire pour déréguler la réponse immunitaire de l'hôte. Ce transport est assuré par un hétérodimère de protéines dites importines α/β1. Des données issues de la recherche sur le HIV, la dengue et le Zika ont montré que l'ivermectine bloque cette interface, perturbant le cycle viral.[4]

Mécanisme importine alpha/beta 1 et ivermectine Cellule hôte Noyau ADN cellulaire SARS- CoV-2 Importine α/β1 Ivermectine ✕ Protéine virale Importine α/β1 Blocage ivermectine (in vitro)

In vitro, l'ivermectine bloque l'interface importine α/β1, empêchant le transport des protéines virales dans le noyau. La concentration nécessaire n'est pas atteignable par voie orale.

⚠️ Limite critique

La concentration in vitro efficace contre le SARS-CoV-2 est estimée à environ 35 fois la concentration plasmatique maximale (Cmax) atteignable par voie orale à dose standard. Ce qui fonctionne en laboratoire n'est pas atteignable dans un organisme humain sans toxicité inacceptable.

2.2 L'inhibition de NF-κB et l'effet anti-inflammatoire

L'ivermectine inhibe le facteur de transcription NF-κB, régulateur central de la production de cytokines pro-inflammatoires. Ce mécanisme est cliniquement validé dans la rosacée, une maladie inflammatoire cutanée chronique pour laquelle l'ivermectine topique est utilisée en dermatologie.[1] La transposabilité à une inflammation systémique par voie orale reste non démontrée.

3. Ce que les essais cliniques ont montré

🔴 Preuve de niveau 1a — Bénéfice non démontré

Cochrane 2022 (PMID 35726131) — La méta-analyse Cochrane a analysé 11 essais contrôlés randomisés regroupant 3 409 personnes. Pour les cas ambulatoires, les données suggèrent que l'ivermectine n'a probablement pas d'effet sur la mortalité à 28 jours, avec une certitude modérée à élevée. Pour les cas hospitalisés, les données sont insuffisantes pour conclure.[2]

ACTIV-6 / JAMA 2022 (PMID 36269852) — Cet essai randomisé en double aveugle contre placebo (1 591 personnes, 93 centres) a évalué l'ivermectine à 400 µg/kg pendant 3 jours dans le Covid-19 ambulatoire. Le délai médian jusqu'à la guérison : 12 jours sous ivermectine contre 13 sous placebo — différence non significative. Les hospitalisations ou décès identiques dans les deux groupes (1,2 %).[3]

Résultats essais cliniques ivermectine COVID-19 Résultats des essais majeurs (2022) Cochrane 2022 11 RCT · n=3 409 HR 0.77 · Non significatif Mortalité J28 (ambulatoire) Certitude modérée : pas d'effet ACTIV-6 / JAMA 2022 RCT double aveugle · n=1 591 12j vs 13j (HR 1.07) · NS Délai guérison · Hospit./décès : 1.2% vs 1.2% Pas de bénéfice démontré

Les deux études de référence convergent : pas de bénéfice clinique significatif de l'ivermectine dans le Covid-19 ambulatoire ni hospitalisé.

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3bis. La glycoprotéine P : le gardien que tout le monde oublie

La sûreté relative de l'ivermectine chez l'humain repose sur un mécanisme pharmacologique précis, systématiquement absent des discussions grand public sur ce médicament. Ce mécanisme est la glycoprotéine P (P-gp), un transporteur transmembranaire encodé par le gène ABCB1 (ATP-binding cassette subfamily B member 1, anciennement MDR1). Son dysfonctionnement — qu'il soit induit pharmacologiquement ou d'origine génétique — transforme un médicament habituellement bien toléré en neurotoxique potentiel.

Le rôle protecteur de la P-gp

L'ivermectine est une molécule fortement lipophile qui, sans protection, pénètrerait aisément dans le cerveau en se liant aux récepteurs GABA, glutamate et glycine, provoquant une paralysie neuromusculaire. Ce qui protège l'humain, c'est précisément la P-gp, une protéine transmembranaire qui fonctionne comme une pompe d'efflux au niveau de la barrière hémato-encéphalique (BHE) : elle expulse l'ivermectine hors du cerveau au fur et à mesure qu'elle cherche à y pénétrer.[7]

Glycoprotéine P et barrière hémato-encéphalique Cerveau BHÉ P-gp ABCB1 Circulation sanguine IVM lipophile Efflux ← P-gp active Inhibiteurs P-gp Vérapamil · Hydroxychloroquine Polymorphisme ABCB1 Variabilité interindividuelle IVM neurotox. Si P-gp inhibée ou mutée

La glycoprotéine P (P-gp / ABCB1) protège le cerveau en expulsant l'ivermectine hors du SNC. Si la P-gp est inhibée (vérapamil, hydroxychloroquine) ou mutée (polymorphisme ABCB1), l'ivermectine s'accumule dans le cerveau et devient neurotoxique.

Inhibiteurs et polymorphismes : les deux risques majeurs

La protection offerte par la P-gp peut être levée par deux mécanismes distincts :

1. Co-administration d'inhibiteurs ABCB1. Plusieurs médicaments courants inhibent la P-gp, réduisant son efflux et permettant à l'ivermectine de s'accumuler dans le cerveau. Parmi eux : le vérapamil (anticalcique), l'hydroxychloroquine, l'azithromycine, certains antifongiques (kétoconazole, itraconazole), des immunosuppresseurs (ciclosporine, tacrolimus). Le triple protocole ivermectine + azithromycine + hydroxychloroquine, largement prôné dans certains cercles en 2020-2021, représente pharmacologiquement une association d'inhibiteurs ABCB1 potentiellement dangereuse pour le système nerveux central. L'ANSM rappelle que ces trois molécules ne constituent pas des approches validées contre le Covid-19 et exposent les personnes à des effets indésirables graves.[7][8]

2. Polymorphisme génétique ABCB1. La P-gp est soumise à une variabilité interindividuelle et interethnique significative. Des mutations du gène ABCB1 peuvent réduire l'activité d'efflux, rendant certaines personnes génétiquement vulnérables à la neurotoxicité de l'ivermectine même à dose thérapeutique standard. Ce phénomène est bien connu en vétérinaire : les chiens de race Colley, porteurs d'une mutation ABCB1, sont extrêmement sensibles à l'ivermectine.[7]

👁️ L'oeil du Docteur en pharmacie — cas clinique NEJM 2020

Baudou et al. ont rapporté dans le New England Journal of Medicine (août 2020) le cas d'un garçon de 13 ans admis en réanimation pédiatrique (CHU Toulouse) pour coma, 2h30 après une dose unique d'ivermectine à 0,23 mg/kg — dose conforme à l'AMM — pour prévention de la gale. Les causes habituelles de coma éliminées, le séquencing ABCB1 a identifié deux mutations non-sens composites (homérozygote composé) : p.(Arg794Ter) et p.(Ile1018ThrfsTer8), chacune héritée d'un parent, générant deux copies tronquées non fonctionnelles de la P-gp. Sans efflux ABCB1 actif, l'ivermectine s'est accumulée dans le SNC, produisant encephalopathie, ataxie et signes pyramidaux. Récupération complète en 48h. Il s'agit du premier cas de P-gp non fonctionnelle décrite chez l'humain associée à une toxicité de l'ivermectine.[7]

Conséquence pratique : dans le contexte du Covid long, une personne sous traitements multiples (dont certains peuvent être des inhibiteurs ABCB1) qui envisage une automédication à l'ivermectine s'expose à un risque neurotoxique réel et sous-estimé. Ce n'est pas un risque théorique.

4. L'hypothèse parasitaire : une piste distincte

Les essais cliniques ont testé l'hypothèse « l'ivermectine agit directement contre le virus ou l'inflammation virale ». Cette hypothèse a été réfutée. Mais une hypothèse différente n'a pas été testée : et si l'ivermectine améliorait certains tableaux de Covid long non pas en agissant sur le virus, mais en éliminant une charge parasitaire qui comprime le système immunitaire ?

4.1 Les helminthes comme immunodépresseurs silencieux

Les helminthes (vers parasitaires) exercent une immunomodulation profonde sur leur hôte. Pour assurer leur survie dans l'intestin, ils dévient la réponse immunitaire vers une tolérance Th2/Treg, réduisant l'inflammation qui pourrait les éliminer. Ce faisant, ils affaiblissent aussi la surveillance immunitaire antivirale et antibactérienne.

Des données cliniques et de laboratoire suggèrent qu'une infestation par des nématodes (oxyures, anguillule, trichocéphale) induit une baisse immunitaire telle que le porteur devient plus vulnérable à d'autres infections, notamment virales. Cette immunotolérance helminthique a été documentée vis-à-vis du papillomavirus humain (HPV).

Hypothèse parasitaire et ivermectine dans le Covid long Avec parasites 🪱 Immunité orientée tolérance Th2/Treg Défense antivirale ↓↓ Inflammation chronique ↑ Covid long entretenu ? (hypothèse, non testé en RCT) 💊 Ivermectine Elimine les helminthes Sans parasites 🛡️ Immunité restaurée profil Th1/antiviral Défense antivirale restaurée Inflammation mieux régulée Amélioration indirecte ? (signal clinique à étudier)

L'hypothèse parasitaire propose que l'ivermectine améliore certains tableaux de Covid long indirectement, en restaurant une immunité comprimée par des parasites latents. Non testé en essai randomisé.

4.2 L'anguillule en dormance : une réalité clinique documentée

Strongyloides stercoralis (anguillule) peut se reproduire dans l'organisme humain sans passage extérieur, lui permettant de persister des décennies à l'état latent sans symptomes. Le signal de réactivation est immunologique : lorsque l'immunité de l'hôte s'affaiblit (vieillissement, maladie chronique débilitante, corticothérapie), les larves reprennent leur cycle.

👁️ L'oeil du Docteur en pharmacie

En pratique clinique, le signal biologique à rechercher est l'éosinophilie : une élévation répétée des éosinophiles dans les prises de sang successives (« courbe de Lavier ») évoque une infestation helminthique chronique silencieuse, même en l'absence de symptomes digestifs nets. Chez une personne en Covid long ayant voyagé en zone tropicale, en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud-Est ou en Amérique latine, une sérologie Strongyloides et un bilan parasitologique complet méritent d'être discutés avec un professionnel de santé spécialisé en maladies infectieuses ou médecine tropicale.

Ce n'est pas de la médecine alternative : c'est de la pharmacologie clinique de base, trop souvent oubliée dans le suivi des maladies chroniques.

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Source citée dans cet article

Pr Philippe Humbert — dermatologue, médecin interniste

Professeur de dermatologie à l’Université de Franche-Comté, ancien chef du service de dermatologie du CHU de Besançon (1993–2015), spécialisé également en médecine interne, allergologie et immunologie clinique. Titulaire d’un doctorat en pharmacologie cutanée, il a dirigé le Laboratoire d’Ingénierie et de Biologie Cutanée (unité INSERM 1098) et présidé la Société Internationale de Pharmacologie Cutanée. Auteur de plus de 350 publications scientifiques, son approche est systémique : il explore les liens entre peau, immunité, microbiote intestinal et terrain général. L’hypothèse parasitaire développée ici est issue de Les Parasites (Trédaniel, 2e éd. 2025) — un ouvrage de médecine clinique grand public. Elle reste à ce jour une hypothèse de travail non validée par essai randomisé.

5. Strongyloides et corticoïdes : le seul contexte validé

✅ Preuve de niveau 3 — Documenté

Une revue multicentrique portant sur 133 personnes hospitalisées pour syndrome d'hyperinfection à Strongyloides a montré que 83,5 % étaient sous corticoïdes au long cours. La mortalité en réanimation a atteint 60,3 %. Le choc septique et la ventilation mécanique étaient les principaux facteurs prédictifs de décès.[5]

La dexéthasone, utilisée depuis 2020 dans le Covid grave, lève la surveillance immunitaire helminthique. Chez une personne originaire d'une zone d'endémie, porteuse d'une anguillule latente, une corticothérapie intense peut déclencher un syndrome d'hyperinfection fulminant.

Strongyloides sous corticoïdes : données Geri 2015 Syndrome d'hyperinfection à Strongyloides — Geri et al. 2015 Etude multicentrique · 133 cas hospitalisés 83,5 % sous corticoïdes au long cours 60,3 % mortalité en réanimation 57,3 % choc septique associé

Données issues de Geri et al., Infection 2015 — 133 cas de syndrome d'hyperinfection à Strongyloides, dont 83,5 % sous corticoïdes au long cours.

Avant toute corticothérapie prolongée chez une personne ayant séjourné en zone d'endémie (Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Est, Amérique centrale et du Sud), un dépistage sérologique Strongyloides et un traitement préemptif par ivermectine doivent être envisagés avec le professionnel de santé en charge.

6. Ce qu'on peut retenir en 2026

L'histoire de l'ivermectine dans la pandémie Covid illustre avec précision les risques du saut in vitro-clinique et de la polarisation politique sur un débat scientifique. Elle enseigne aussi quelque chose d'utile : un mécanisme pharmacologique plausible n'est pas une preuve clinique.

Ce que les données permettent de dire en 2026 :

🧩 Ce que l'on sait — et ce que l'on ne sait pas encore

Ce qui est établi : Les essais randomisés (Cochrane 2022, ACTIV-6 2022) ne montrent pas de bénéfice de l'ivermectine dans le Covid-19 aigu, avec des niveaux de certitude modérés à élevés. La strongyloïdose sous corticoïdes est un risque réel et documenté. Les mécanismes anti-inflammatoires et antiviraux in vitro de l'ivermectine sont biologiquement réels, à des concentrations non atteignables par voie orale.

Ce qui reste spéculatif : L'hypothèse d'un bénéfice indirect via l'élimination d'une immunodépression parasitaire silencieuse est séduisante et mécanistiquement cohérente, mais elle n'a pas été testée dans un essai randomisé dédié au Covid long. Les améliorations rapportées pourraient s'expliquer par cette voie, mais aussi par l'effet placebo ou la variabilité naturelle du Covid long.

Ce qui est établi sur la sécurité : La glycoprotéine P (ABCB1) protège le cerveau de l'ivermectine. Son inhibition par des médicaments courants (hydroxychloroquine, vérapamil, azithromycine) ou un polymorphisme génétique peut entraîner une neurotoxicité sévère, même à dose thérapeutique standard. L'automédication reste dangereuse dans ce contexte.

Questions fréquentes

L'ivermectine traite-t-elle le Covid long ?

Non. Aucun essai clinique randomisé n'a démontré d'efficacité de l'ivermectine dans le Covid long. Les données disponibles en 2026 concernent uniquement le Covid-19 aigu, où le bénéfice n'est pas non plus établi.

Pourquoi certaines personnes rapportent-elles une amélioration après ivermectine ?

Une hypothèse de travail propose que l'ivermectine, en éliminant une charge parasitaire silencieuse, restaure une immunité comprimée. Cette immunité renforcée permettrait une meilleure gestion de l'inflammation chronique. Cette hypothèse n'est pas encore testée en essai randomisé. L'effet placebo et la variabilité naturelle du Covid long peuvent aussi expliquer ces ressentis.

Dans quel contexte l'ivermectine est-elle validée en lien avec le Covid ?

Le seul contexte documenté est la prévention du syndrome d'hyperinfection à Strongyloides chez les personnes traitées par corticoïdes pour Covid grave. Un dépistage sérologique est recommandé avant corticothérapie chez les personnes originaires de zones d'endémie parasitaire.

Peut-on prendre de l'ivermectine en automédication pour le Covid long ?

Non. L'ivermectine est un médicament sur ordonnance en France. Son usage sans indication validée ne repose sur aucune preuve clinique pour le Covid long. Si vous suspectez une infestation parasitaire sous-jacente, discutez-en avec un médecin spécialisé en médecine interne ou maladies infectieuses.

L'ivermectine est-elle dangereuse ?

À dose thérapeutique standard, elle est généralement bien tolérée. Mais elle peut devenir neurotoxique si la glycoprotéine P (pompe de protection cérébrale) est inhibée par des médicaments pris en parallèle (hydroxychloroquine, vérapamil, azithromycine) ou si un polymorphisme du gène ABCB1 réduit son activité. Des cas de neurotoxicité sévère ont été documentés à dose habituelle chez des personnes porteuses de mutations rares.

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Sources

  1. Kaur B, Blavo C, Parmar MS. Ivermectin: A Multifaceted Drug With a Potential Beyond Anti-parasitic Therapy. Cureus. 2024 Mar;16(3):e56025. Kaur et al., 2024 — PubMed
  2. Popp M, Reis S, et al. Ivermectin for preventing and treating COVID-19. Cochrane Database Syst Rev. 2022 Jun;6(6):CD015017. Popp et al., 2022 — PubMed
  3. Naggie S, Boulware DR, et al. Effect of Ivermectin vs Placebo on Time to Sustained Recovery in Outpatients With Mild to Moderate COVID-19. JAMA. 2022 Oct;328(16):1595-1603. Naggie et al., 2022 — PubMed
  4. Martin AJ, Jans DA. Antivirals that target the host IMPα/β1-virus interface. Biochem Soc Trans. 2021 Feb;49(1):281-295. Martin & Jans, 2021 — PubMed
  5. Geri G, Rabbat A, et al. Strongyloides stercoralis hyperinfection syndrome: a case series and a review of the literature. Infection. 2015;43(6):691-8. Geri et al., 2015 — PubMed
  6. Humbert P. Les Parasites — Ces hôtes invisibles qui infestent notre corps. 2e éd., Guy Trédaniel Éditeur, 2025. [Ouvrage clinicien grand public — source secondaire, hypothèse de travail sur l'immunodépression parasitaire]
  7. Baudou E, Lespine A, Durrieu G, et al. Serious Ivermectin Toxicity and Human ABCB1 Nonsense Mutations. N Engl J Med. 2020 Aug 20;383(8):787-789. Baudou et al., 2020 — PubMed
  8. ANSM. L'ANSM rappelle que l'hydroxychloroquine, l'azithromycine et l'ivermectine ne constituent pas des approches validées contre le Covid-19. Communiqué ANSM, avril 2023. ANSM, 2023