Persistance virale dans le Covid long : que sait-on des fragments de SARS-CoV-2 ?

Après une infection au SARS-CoV-2, certaines personnes ne semblent pas éliminer complètement le virus. Des données scientifiques convergentes montrent que des fragments viraux — ARN, protéines — peuvent persister dans des tissus spécifiques pendant des mois, voire plus d'un an après l'infection aiguë. Ce réservoir viral est aujourd'hui l'une des hypothèses les plus solides pour expliquer la persistance des symptômes du Covid long.

⚡ L'essentiel en 4 points

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Fragments détectés

La protéine spike a été retrouvée dans le plasma jusqu'à 12 mois après l'infection chez des personnes avec Covid long, absente chez celles guéries.

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Réservoir intestinal

Des études endoscopiques montrent une persistance de la nucléocapside virale dans la muqueuse gastro-intestinale chez ~37% des patients testés.

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Antiviraux : fenêtre étroite

Le nirmatrelvir pris en phase aiguë réduit le risque de Covid long. Administré sur un Covid long installé, il n'a pas montré de bénéfice (RCT 2024).

Réplication : incertaine

La présence de fragments viraux ne signifie pas que le virus se réplique activement. Des résidus non infectieux peuvent suffire à entretenir une inflammation.

📖 Termes de référence
  • PASC (Syndrome post-aigu du Covid-19) = Post-Acute Sequelae of SARS-CoV-2 infection (EN)
  • Nucléocapside = Nucleocapsid (EN) — protéine structurelle interne du virus
  • Spike (protéine S) = Spike glycoprotein (EN) — protéine de surface du SARS-CoV-2
  • ARN viral = Viral RNA (EN) — matériel génétique du virus
  • Réservoir viral = Viral reservoir (EN) — tissu où persiste le virus ou ses composants
  • Macrophages CD68⁺ = cellules immunitaires tissu-résidentes, marquées CD68
  • RCT = Essai clinique randomisé contrôlé (Randomized Controlled Trial)
  • VLCFA = Acides gras à très longue chaîne (Very Long Chain Fatty Acids)
Représentation schématique d'un réservoir viral tissulaire dans le Covid long

Qu'est-ce que la persistance virale ?

🟠 Concept établi — analogies VIH/EBV bien documentées

Lorsqu'un virus infecte l'organisme, la réponse immunitaire est censée l'éliminer complètement. C'est ce qui se passe dans la grande majorité des infections virales courantes. Mais pour certains virus, cette élimination n'est pas totale : des traces du pathogène — particules virales, ARN, protéines — persistent dans des tissus spécifiques, parfois pendant des années. C'est ce qu'on appelle la persistance virale.

Ce phénomène est bien connu pour d'autres virus. Le VIH constitue le cas le plus étudié : même sous traitement antirétroviral efficace, un réservoir viral latent subsiste dans les lymphocytes T CD4⁺. Le virus d'Epstein-Barr (EBV) persiste à vie dans les lymphocytes B. Certains entérovirus peuvent se loger durablement dans le tissu cardiaque. Ces analogies ne sont pas anecdotiques — elles guident aujourd'hui la réflexion thérapeutique sur le Covid long.

Élimination virale vs persistance virale ÉLIMINATION NORMALE J0-J14 : infection aiguë charge virale élevée Zéro résidu récupération complète PERSISTANCE VIRALE J0-J14 : infection aiguë Résidus persistants ARN, protéines spike dans les tissus

Fig. 1 — Élimination virale normale (gauche) versus persistance de fragments viraux dans les tissus (droite).

Pour le SARS-CoV-2, l'hypothèse d'un réservoir viral est aujourd'hui portée par un nombre croissant de publications dans des revues de premier rang. Elle n'explique pas à elle seule le Covid long — d'autres mécanismes coexistent (auto-immunité, dysfonction mitochondriale, dysrégulation du système nerveux autonome) — mais elle constitue l'une des pistes les mieux documentées à ce jour.

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Les preuves directes : plasma et tissus

🟠 Association documentée — cohortes observationnelles + case reports

Les premières données directes sur la persistance virale dans le Covid long sont venues de deux directions distinctes : la détection de protéines virales dans le sang circulant, et leur identification dans des tissus prélevés par biopsie.

La protéine spike dans le plasma

Une étude publiée en 2023 dans Clinical Infectious Diseases a analysé le plasma de personnes avec Covid long par une technique ultra-sensible (technologie Simoa). Des données suggèrent que la protéine spike circule dans le sang jusqu'à 12 mois après le diagnostic chez la majorité des personnes avec PASC, alors qu'elle est indétectable chez les personnes ayant récupéré sans séquelles.[4]

Ce signal est biologiquement plausible : si un réservoir tissulaire libère des protéines virales en continu, celles-ci atteindraient la circulation sanguine et pourraient maintenir une stimulation chronique du système immunitaire.

ARN et nucléocapside dans les tissus

Une étude de cas publiée dans Frontiers in Immunology a apporté des données histologiques directes. Deux personnes présentant des symptômes de Covid long ont fait l'objet d'analyses tissulaires approfondies à respectivement 163 et 426 jours après le début des symptômes. Par immunohistochimie multiplex et RNAscope, les auteurs ont détecté la protéine nucléocapside et de l'ARN viral dans l'appendice, la peau et le tissu mammaire. Fait notable : la nucléocapside colocalisait avec les macrophages marqués CD68⁺, suggérant que ces cellules immunitaires tissue-résidentes constituent des niches de persistance.[3]

Localisation tissulaire des fragments viraux dans le Covid long Fragments viraux détectés — localisation par tissu 🩸 Plasma Protéine spike jusqu'à 12 mois Swank et al., 2023 🫁 Intestin Nucléocapside ~37% endoscopies hautes Hany et al., 2024 🧬 Autres tissus Peau, sein, appendice ARN + nucléocapside Goh et al., 2022 🔍 Colocalisation clé : macrophages CD68⁺ La nucléocapside colocalisait avec les macrophages résidants dans les tissus — potentielle niche de persistance (Goh et al., Frontiers in Immunology, 2022 — n=2)

Fig. 2 — Synthèse des localisations documentées de fragments viraux dans le Covid long, selon les études disponibles.

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Ces données histologiques sont précieuses parce qu'elles sont directes : il ne s'agit pas d'une mesure indirecte (anticorps, cytokines) mais de la détection physique de composants viraux dans les tissus. Cependant, l'étude de Goh et al. ne porte que sur 2 personnes. C'est une preuve de concept, pas une prévalence. Elle ne permet pas de conclure que tous les patients avec Covid long ont un réservoir tissulaire, ni de quantifier ce phénomène dans la population générale.

La détection d'ARN viral non réplicatif est également une limite méthodologique importante : des fragments d'ARN peuvent persister sans que le virus soit capable de se reproduire. La distinction entre fragments inertes et virus actif reste difficile à établir en routine.

Le réservoir gastro-intestinal

🟠 Association documentée — cohortes endoscopiques 2022-2024

L'intestin est aujourd'hui le réservoir viral le mieux documenté dans le Covid long. Plusieurs éléments convergent pour en faire un site de persistance privilégié : l'expression élevée du récepteur ACE2 dans les entérocytes, la durée de l'excrétion fécale virale (souvent plus longue que l'excrétion nasopharyngée), et la présence de macrophages tissu-résidants capables de séquestrer des fragments viraux.

Données endoscopiques prospectives

L'étude la plus substantielle sur ce sujet a analysé des biopsies endoscopiques chez 249 personnes ayant un antécédent de Covid-19 et nécessitant une endoscopie pour d'autres raisons. La protéine nucléocapside a été détectée par immunohistochimie dans 37,3% des endoscopies hautes (estomac, duodénum) contre 16,9% des endoscopies basses (côlon), une différence statistiquement significative. Deux facteurs de risque de persistance ont été identifiés : le tabagisme et le diabète. Fait notable : le statut vaccinal et le nombre d'infections précédentes n'influençaient pas la prévalence de la persistance intestinale.[6]

Réservoir ≠ réplication active

Une étude complémentaire apporte une nuance capitale. Malgré la détection d'ARN viral et de nucléocapside dans des biopsies coliques, aucun virion infectieux n'a pu être isolé. De plus, l'exposition in vitro du SARS-CoV-2 au liquide colique entraîne une réduction de 4 log de l'infectiosité en moins d'une heure. L'interprétation : l'intestin abrite des résidus viraux, pas nécessairement un virus actif et réplicatif.[7]

Réservoir gastro-intestinal SARS-CoV-2 — mécanismes en cascade Réservoir GI : mécanismes en cascade Fragments viraux dans épithélium intestinal Dysbiose altération virome + bactériome Perméabilité intestinale accrue inflammation muqueuse Dérégulation sérotonine intestinale hypersensibilité nerveuse viscérale (SII post-infectieux) 🧫 Piste 2026 Perturbation peroxysomale (VLCFA) → réparation épithéliale

Fig. 3 — Mécanismes en cascade liés au réservoir gastro-intestinal : de la persistance virale aux symptômes fonctionnels. La piste peroxysomale (pointillés) est préliminaire (He & Simmonds, Dev Cell, 2026).

Une piste mécanistique émergente : les peroxysomes

Une publication très récente de 2026 dans Developmental Cell apporte un éclairage inattendu. Des données combinant études chez des personnes avec Covid long, modèles Drosophila et mammifères suggèrent que le réservoir intestinal de SARS-CoV-2 perturberait la signalisation peroxysomale médiée par les acides gras à très longue chaîne (VLCFA), une voie nécessaire à la réparation de l'épithélium intestinal. Des activateurs de peroxysomes déjà approuvés par la FDA sont identifiés comme pistes thérapeutiques potentielles.[9]

⚠️ Cette piste est très préliminaire. Les données proviennent en partie de modèles Drosophila. Elle ne doit pas être interprétée comme un traitement validé, mais comme une direction de recherche d'intérêt.

Comment ces fragments entretiennent les symptômes

🟠 Mécanismes proposés — cohérence avec données observationnelles

La présence de fragments viraux persistants n'explique les symptômes du Covid long que si on comprend comment ils interagissent avec les systèmes biologiques. Plusieurs mécanismes sont aujourd'hui avancés par la recherche.

Activation chronique de l'immunité

Des fragments viraux — notamment la protéine spike — peuvent stimuler en continu les récepteurs de reconnaissance de motifs moléculaires (PRR), dont les Toll-like receptors. Cette stimulation répétée maintient une activation de bas grade de l'immunité innée, avec production continue de cytokines pro-inflammatoires (IL-6, TNF-α, IFN-γ). C'est le tableau d'une inflammation chronique de faible intensité compatible avec les symptômes de fatigue, de douleurs diffuses et de brouillard mental rapportés dans le Covid long.

Coagulation et microclots

La spike virale interagit directement avec les plaquettes via le récepteur CLEC2, induisant la formation de NETs (Neutrophil Extracellular Traps) et de microthrombus. Des microclots anormaux ont été détectés dans le plasma de personnes avec Covid long encore actif. Ce mécanisme pourrait contribuer à la fatigue d'effort, à la dysautonomie et aux manifestations vasculaires.

Axe intestin-cerveau et sérotonine

La dysbiose intestinale induite par la persistance virale entraîne une perturbation de la production et de la recapture de la sérotonine intestinale. Or, environ 95% de la sérotonine de l'organisme est synthétisée dans l'intestin. Une dérégulation de cet axe peut induire une hypersensibilité nerveuse viscérale, des symptômes de type syndrome de l'intestin irritable post-infectieux, et potentiellement des effets sur la neurotransmission centrale via l'axe intestin-cerveau.[8]

Trois voies mécanistiques des fragments viraux persistants Fragments viraux persistants → 3 voies symptomatiques Réservoir viral persistant 🔥 Inflammation IL-6, TNF-α, IFN-γ fatigue · brouillard mental 🩸 Coagulation microclots · NETs dysautonomie · dyspnée 🧠 Axe intestin-cerveau · sérotonine · SNA

Fig. 4 — Les trois voies mécanistiques principales reliant les fragments viraux persistants aux symptômes du Covid long.

Vaccination et antiviraux : ce qui change, et ce qui ne change pas

🟢 Données disponibles — mais niveau de preuve variable selon la question posée

Le rappel vaccinal BNT162b2

Une étude longitudinale de 6 mois menée pendant la période Omicron (début 2022) a suivi 328 personnes avec Covid long, dont 27% ayant reçu un rappel BNT162b2. À 6 mois, les personnes boostées rapportaient en moyenne 1,1 symptôme contre 3,4 dans le groupe non vacciné et 2,8 dans le groupe primovacciné. Le risque d'avoir 3 symptômes ou plus était réduit d'un facteur 4 chez les personnes boostées (OR observé : 0,22).[10]

Ces données doivent être lues avec plusieurs réserves majeures. Il s'agit d'une étude observationnelle non randomisée, avec des données auto-rapportées. L'étude est financée par Pfizer, ce qui constitue un biais d'intérêt déclaré. Surtout, un biais de confusion comportemental ne peut pas être écarté : les personnes ayant choisi le rappel vaccinal diffèrent probablement des non-vaccinées sur d'autres facteurs de santé (activité physique, suivi médical, alimentation), qui pourraient eux-mêmes contribuer à la réduction des symptômes. Le mécanisme responsable de ce signal — clearance des fragments spike circulants, réduction de la charge antigénique, ou facteurs confondants — n'est pas établi.

Le nirmatrelvir/ritonavir (Paxlovid) : deux réalités distinctes

Les données sur l'antiviral nirmatrelvir/ritonavir illustrent parfaitement l'importance de distinguer prévention et traitement du Covid long.

Contexte d'usage Effet sur le Covid long Design / Niveau de preuve
Phase aiguë (J0–J5) Réduction du risque de Covid long (~15–26% en méta-analyse) Méta-analyse 19 études (I²=99%) — niveau 1a
PASC établi (≥3 mois) Aucun bénéfice significatif RCT STOP-PASC (n=155) — niveau 1b
Molnupiravir (phase aiguë) Aucun effet protecteur sur le long terme Cohorte cible (n=96 000) — niveau 2b

Pris dans les 5 jours suivant une infection documentée, le nirmatrelvir réduit le risque de développer un Covid long sur plusieurs domaines : cardiovasculaire, neurologique, pulmonaire, métabolique. Cette réduction n'est cependant pas uniforme : dysautonomie, anxiété, troubles du sommeil, douleurs musculaires et anosmie ne montrent pas d'effet protecteur significatif dans les données de méta-analyse.[13]

En revanche, une fois le Covid long installé depuis plusieurs mois, une cure de 15 jours de nirmatrelvir n'améliore pas les symptômes. C'est la conclusion de l'essai STOP-PASC de Stanford — le seul RCT disponible sur cette question — mené chez des personnes avec PASC depuis en moyenne 17,5 mois. Aucune différence significative n'a été observée sur les 6 symptômes ciblés ni sur les mesures de qualité de vie.[12]

Nirmatrelvir — fenêtre thérapeutique préventive versus absence d'effet curatif Nirmatrelvir : fenêtre thérapeutique étroite J0 Infection ✓ J0–J5 : efficace J30 Covid long > 3 mois ✗ PASC établi : inactif RCT STOP-PASC 2024 (n=155, 17,5 mois post-infection)

Fig. 5 — La fenêtre d'efficacité du nirmatrelvir semble se limiter à la phase aiguë. Sur un Covid long installé, le RCT STOP-PASC (2024) n'a montré aucun bénéfice.

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Il est crucial de ne pas confondre deux questions distinctes : "Le nirmatrelvir réduit-il le risque de Covid long ?" (réponse : probablement oui, en phase aiguë) et "Le nirmatrelvir traite-t-il le Covid long ?" (réponse : non, selon le seul RCT disponible).

L'hypothèse mécanistique pour expliquer l'efficacité préventive est cohérente : en réduisant la charge virale en phase aiguë, l'antiviral limiterait la formation initiale du réservoir tissulaire. Mais une fois ce réservoir constitué depuis plus d'un an, une courte cure antivirale ne semble pas suffisante pour l'éliminer — de la même façon qu'une trithérapie VIH ne peut pas éradiquer le réservoir latent établi. Cette analogie guide aujourd'hui la réflexion sur les stratégies combinées à tester dans les prochains essais cliniques.

Ce que l'on ne sait pas encore

🔴 Questions ouvertes — absence de consensus

La persistance virale dans le Covid long est un champ en construction rapide. Plusieurs questions fondamentales restent sans réponse claire.

  • Quelle proportion des personnes avec Covid long a un réservoir viral actif ? Les données endoscopiques suggèrent ~37% pour le tractus haut, mais les populations étudiées sont sélectionnées. On ne dispose pas de données sur cohortes larges avec critères diagnostiques standardisés du Covid long.
  • Le réservoir est-il réplicatif ou inerte ? Aucun virion infectieux n'a été isolé dans les études endoscopiques. Des fragments ARN non réplicatifs peuvent suffire à entretenir une inflammation, mais le mécanisme exact n'est pas établi.
  • Quels biomarqueurs quantifier en pratique ? La protéine spike circulante (Simoa) est prometteuse mais la technique est coûteuse et non standardisée cliniquement. Les études ne s'accordent pas sur les seuils pertinents.
  • Pourquoi certaines personnes éliminent-elles mieux le virus ? Le tabagisme et le diabète semblent augmenter la prévalence de la persistance intestinale. Les mécanismes immunitaires sous-jacents restent à élucider.
  • Quelle stratégie thérapeutique pour cibler le réservoir tardif ? Des essais cliniques sont en cours avec des antiviraux prolongés, des anticorps monoclonaux et des approches combinées. Les données manquent encore pour des recommandations.

🧩 Ce que l'on sait — et ce que l'on ne sait pas encore

Ce qui est documenté

Des fragments du SARS-CoV-2 — protéine spike, ARN, nucléocapside — persistent dans le plasma et les tissus de certaines personnes avec Covid long, jusqu'à 12-14 mois après l'infection. L'intestin grêle est le réservoir le mieux documenté. Ces fragments peuvent activer l'immunité innée, perturber la coagulation et déréguler l'axe intestin-cerveau.

Le nirmatrelvir pris en phase aiguë (J0–J5) réduit le risque de développer un Covid long sur plusieurs domaines cliniques. Cette donnée est issue de cohortes larges et d'une méta-analyse, malgré une hétérogénéité importante entre études.

Ce qui reste spéculatif ou insuffisamment établi

La prévalence exacte du réservoir viral dans la population avec Covid long n'est pas connue. La causalité directe entre persistance virale et symptômes n'est pas démontrée formellement. L'effet du rappel vaccinal sur les symptômes du Covid long est un signal observationnel non confirmé par RCT, issu d'une étude financée par l'industriel. Le traitement antiviral du Covid long établi est inefficace selon le seul RCT disponible, à ce jour.

Questions fréquentes

Le virus SARS-CoV-2 peut-il rester dans l'organisme après le Covid ?

Des données scientifiques suggèrent que des fragments du virus — ARN, protéines — peuvent persister dans certains tissus pendant des mois, voire plus d'un an. Il ne s'agit pas nécessairement d'un virus actif et réplicatif, mais de résidus capables d'entretenir une réponse inflammatoire. Ce phénomène n'est pas universel : certaines personnes éliminent le virus complètement sans séquelles.

Où se loge le réservoir viral dans le Covid long ?

Les données actuelles pointent principalement vers le tractus gastro-intestinal (intestin grêle et côlon), ainsi que vers d'autres tissus (peau, tissu mammaire, macrophages tissu-résidants). La protéine spike a par ailleurs été détectée dans le plasma jusqu'à 12 mois après l'infection chez des personnes avec Covid long.

Le nirmatrelvir (Paxlovid) traite-t-il le Covid long ?

Non, selon le seul essai clinique randomisé disponible (RCT STOP-PASC, Stanford, 2024). Pris en phase aiguë dans les 5 jours suivant l'infection, il réduit le risque de développer un Covid long. Mais administré plusieurs mois après l'infection sur un Covid long déjà établi, il n'a pas montré de bénéfice significatif sur les symptômes.

Le rappel vaccinal améliore-t-il le Covid long ?

Une étude observationnelle financée par Pfizer suggère que les personnes boostées rapportent moins de symptômes à 6 mois. Ces données sont encourageantes mais non concluantes : elles ne proviennent pas d'un essai randomisé, comportent un biais de confusion comportemental important, et le mécanisme responsable n'est pas établi.

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Sources

  1. Proal AD, VanElzakker MB, Aleman S et al. SARS-CoV-2 reservoir in post-acute sequelae of COVID-19 (PASC). Nature Immunology. 2023;24(10):1616-1627. Proal et al., 2023 — PubMed
  2. Proal AD, Aleman S, Bomsel M et al. Targeting the SARS-CoV-2 reservoir in long COVID. Lancet Infectious Diseases. 2025;25(5):e294-e306. Proal et al., 2025 — PubMed
  3. Goh D, Lim JCT, Fernández SB et al. Case report: Persistence of residual antigen and RNA of the SARS-CoV-2 virus in tissues of two patients with long COVID. Frontiers in Immunology. 2022;13:939989. Goh et al., 2022 — PubMed
  4. Swank Z, Senussi Y, Manickas-Hill Z et al. Persistent Circulating Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 Spike Is Associated With Post-acute Coronavirus Disease 2019 Sequelae. Clinical Infectious Diseases. 2023;76(3):e487-e490. Swank et al., 2023 — PubMed
  5. Mehandru S, Merad M. Pathological sequelae of long-haul COVID. Nature Immunology. 2022;23(2):194-202. Mehandru & Merad, 2022 — PubMed
  6. Hany M, Sheta E, Talha A et al. Incidence of persistent SARS-CoV-2 gut infection in patients with a history of COVID-19: Insights from endoscopic examination. Endoscopy International Open. 2024;12(1):E11-E22. Hany et al., 2024 — PubMed
  7. Cherne MD, Gentry AB, Nemudraia A et al. Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 Is Detected in the Gastrointestinal Tract of Asymptomatic Endoscopy Patients but Is Unlikely to Pose a Significant Risk to Healthcare Personnel. Gastro Hep Advances. 2022;1(5):844-852. Cherne et al., 2022 — PubMed
  8. Yu LC. Gastrointestinal pathophysiology in long COVID: Exploring roles of microbiota dysbiosis and serotonin dysregulation in post-infectious bowel symptoms. Life Sciences. 2024;358:123153. Yu, 2024 — PubMed
  9. He K, Simmonds AJ. Gut check: Peroxisomes as a missing link in long COVID intestinal repair. Developmental Cell. 2026;61(3):466-467. He & Simmonds, 2026 — PubMed
  10. Di Fusco M, Sun X, Moran MM et al. Impact of COVID-19 and effects of booster vaccination with BNT162b2 on six-month long COVID symptoms, quality of life, work productivity and activity impairment during Omicron. Journal of Patient-Reported Outcomes. 2023;7(1):77. Di Fusco et al., 2023 — PubMed
  11. Xie Y, Choi T, Al-Aly Z. Association of Treatment With Nirmatrelvir and the Risk of Post-COVID-19 Condition. JAMA Internal Medicine. 2023;183(6):554-564. Xie et al., 2023 — PubMed
  12. Geng LN, Bonilla H, Hedlin H et al. Nirmatrelvir-Ritonavir and Symptoms in Adults With Postacute Sequelae of SARS-CoV-2 Infection: The STOP-PASC Randomized Clinical Trial. JAMA Internal Medicine. 2024;184(9):1024-1034. Geng et al., 2024 — PubMed
  13. Cucunawangsih C, Ansori ANM, Vatvani AD, Hariyanto TI. Impact of nirmatrelvir/ritonavir on the risk of long COVID in outpatients: a systematic review and meta-analysis. Expert Review of Anti-Infective Therapy. 2026;24(2):271-284. Cucunawangsih et al., 2026 — PubMed
  14. Wang H, Wei Y, Hung CT et al. Association of nirmatrelvir-ritonavir with post-acute sequelae and mortality in patients admitted to hospital with COVID-19: a retrospective cohort study. Lancet Infectious Diseases. 2024;24(10):1130-1140. Wang et al., 2024 — PubMed
  15. Wei Y, Boyer C, Jia KM et al. Effectiveness of nirmatrelvir/ritonavir and molnupiravir on post-COVID-19 outcomes among outpatients: a target trial emulation investigation. Emerging Microbes & Infections. 2025;14(1):2469648. Wei et al., 2025 — PubMed

© 2026 myBoussole · Dr Rémy Honoré, Docteur en pharmacie et nutrithérapeute