EPA et DHA : AGPI-LC n-3 distincts, mais non réductibles à "EPA anti-inflammatoire" et "DHA structurel" ; les deux modulent membranes, eicosanoïdes et SPM.
Triglycérides : baisse biologique reproductible (~15 % dans Cochrane), sans preuve automatique d'une baisse des événements cardiovasculaires.
Prévention cardiovasculaire : bénéfice clinique démontré surtout avec l'icosapent éthyl chez des adultes sous statine à haut risque CV ; non transposable aux compléments classiques.
Dépression : signal possible avec formulations riches en EPA, mais preuves hétérogènes, faible à très faible certitude, sans dose standard consensuelle.
TDAH enfant : la revue Cochrane 2023 ne montre pas d'amélioration des principaux scores ; pas de posologie recommandable en routine.
Fibromyalgie, EM/SFC, Covid long : trois profils distincts — signal clinique préliminaire positif en fibromyalgie (RCT n=120, non répliqué), anomalies lipidiques documentées mais efficacité non démontrée en EM/SFC, essais cliniques plutôt négatifs en Covid long (dont ARACOV-02, prépublication).
Fibrillation auriculaire : sur-risque surtout chez patients à haut risque cardiovasculaire exposés à >1,5 g/j EPA+DHA ; risque absolu supplémentaire ~0,8 %.
L'essentiel en une phrase
EPA et DHA sont des AGPI à longue chaîne n-3 dont l'intérêt clinique dépend fortement de l'indication : preuves solides pour la baisse des triglycérides et certains critères de grossesse, preuve ciblée pour l'icosapent éthyl en prévention cardiovasculaire, signaux psychiatriques hétérogènes, signal clinique préliminaire non répliqué en fibromyalgie, et pas d'efficacité démontrée en routine dans le TDAH, l'EM/SFC, le Covid long ou le POTS.
Famille
AGPI-LC n-3
Mécanisme clé
SPM + modulation membranaire
Preuves fortes
TG & prématurité
Dose à lire
EPA+DHA réels
⚙️ Mécanisme d'action
Incorporation membranaire : EPA et DHA remplacent l'acide arachidonique (AA) dans les phospholipides membranaires — déplacement compétitif réduisant la disponibilité du substrat pro-inflammatoire COX/LOX. Établi
EPA → prostanoïdes série 3 + leucotriènes série 5 : via COX-2 (PGE3, TXA3) et 5-LOX (LTB5) — activité inflammatoire réduite vs PGE2/TXA2/LTB4 dérivés de l'AA. Établi
EPA → 18-HEPE → résolvines E : voie des médiateurs pro-résolutifs spécialisés ; elle freine le recrutement leucocytaire et favorise l'efférocytose dans des modèles cellulaires et animaux. Établi mécanistique
DHA → 17-HDHA → résolvines D et protectines : voie distincte des maresines, dont la biosynthèse passe notamment par 14-HDHA et des macrophages. Les médiateurs "aspirin-triggered" ne concernent qu'une partie de ces voies. Établi mécanistique
DHA structurel cérébral et rétinien : le DHA est un AGPI n-3 majeur des membranes cérébrales et rétiniennes ; sa proportion varie selon les tissus, les classes phospholipidiques et l'âge. Établi
Modulation NLRP3/NF-κB : réduction de l'activation du complexe inflammasome NLRP3 et de la signalisation NF-κB — particulièrement documenté pour le DHA. Données encourageantes (préclinique + mécanistique)
EPA ≠ DHA en cardiologie : l'icosapent éthyl a démontré un bénéfice clinique dans une population ciblée, mais cela ne prouve pas que tout complément riche en EPA ait le même effet. Hypothèse étayée
Voies de synthèse des médiateurs pro-résolutifs spécialisés (SPM) à partir d'EPA et DHA. EPA → 18-HEPE → résolvines E ; DHA → 17-HDHA → résolvines D/protectines ; maresines via des voies distinctes. La traduction clinique reste indication-dépendante et ne suffit pas à recommander une supplémentation dans la fibromyalgie, le Covid long ou le POTS. Source : Chiang & Serhan, Essays Biochem, 2020 (PMID 32885825).
Distinction physiologie / supplémentation : Le rôle structurel et signalétique des oméga-3 est solidement établi (physiologie). En revanche, les bénéfices cliniques de la supplémentation dépendent du statut de base, de la dose, de la formulation et de l'indication — ils ne sont pas automatiquement transposables de la biochimie à la clinique.
📊 Données cliniques
Physiologie établie Rôle biochimique fondamental
Constitution membranaire : le DHA est un AGPI n-3 majeur des membranes neuronales et rétiniennes ; les proportions varient selon les tissus et les classes phospholipidiques. Établi
Signalisation lipidique : EPA et DHA déplacent l'AA des phospholipides → réduction de la production de PGE2, TXA2, LTB4 (pro-inflammatoires) — compétition enzymatique au niveau COX/LOX. Établi
Essentialité : l'ALA est l'acide gras n-3 strictement essentiel ; la conversion endogène de l'ALA en EPA, puis surtout en DHA, est limitée et très variable. Établi
Preuve élevée (TG) Cardiovasculaire
Triglycérides : réduction ~15 % (certitude élevée, dose-dépendant) — méta-analyse Cochrane, 86 RCTs, 162 796 participants — 2020. Cette baisse biologique ne démontre pas à elle seule une réduction des événements cardiovasculaires. [PMID 32114706]
Mortalité toutes causes / AVC / mortalité CV : peu ou pas d'effet en méta-analyse Cochrane 2020 ; réduction possible mais faible des événements coronariens, avec NNT approximatifs élevés sur plusieurs années. [PMID 32114706]
Analyses favorables hors Cochrane : Bernasconi 2021 rapporte une réduction dose-dépendante de certains événements coronariens, mais l'analyse doit être lue avec prudence car le premier auteur était affilié à GOED, organisation financée par l'industrie des oméga-3. [PMID 32951855]
Icosapent éthyl : Vazkepa = icosapent éthyl 2 g deux fois par jour, en ajout à une statine chez des adultes à haut ou très haut risque CV avec triglycérides élevés, maladie CV établie ou diabète avec autre facteur de risque. Ne pas extrapoler REDUCE-IT aux huiles de poisson classiques. [PMID 35690002]
Fibrillation auriculaire : méta-analyse actualisée 2026, 35 essais, 114 592 participants — sur-risque significatif surtout chez les patients à haut risque CV recevant >1 500 mg/j EPA+DHA (OR 1.43 ; risque absolu +0.8 %). [PMID 42517224]
Données encourageantes Sommeil
Sommeil nourrisson/enfant : méta-analyse (20 études, 12 RCTs + 8 longitudinales) — réduction sommeil actif et transitions veille-sommeil chez le nourrisson (WMD –8.40 %, CI –14.50 à –2.29) ; réduction score perturbation sommeil chez enfants avec problèmes cliniques (WMD –1.81). [PMID 33382879]
Sommeil adulte : pas d'effet significatif sur durée totale, latence, efficacité ou qualité du sommeil dans les études incluses. [PMID 33382879] Données insuffisantes
Signal préliminaire positif Fibromyalgie
Douleur & sévérité des symptômes : RCT en double aveugle, 120 patientes (60/60), 8 semaines — oméga-3 à forte dose supérieur au placebo sur le Widespread Pain Index, la Symptom Severity Scale, l'EVA douleur et le Fibromyalgia Impact Questionnaire (p<0,001 pour chacun des 4 critères). Essai unique, monocentrique, non répliqué à ce jour ; l'abstract publié ne permet d'apprécier que la significativité statistique, pas l'ampleur clinique réelle des différences. [PMID 39377412] Non répliqué
Essai historique : étude de 2000 sans abstract exploitable sur PubMed — mentionnée pour mémoire, non utilisable comme preuve autonome. [PMID 10919346]
Analgésie : les mécanismes SPM restent biologiquement plausibles, mais un effet antalgique robuste et reproductible n'est pas encore établi. À confirmer
Dépression unipolaire : Cochrane 2021 conclut à un effet petit à modeste, probablement peu significatif cliniquement, avec certitude faible à très faible. [PMID 34817851] Faible certitude
Dépression — sous-groupes EPA : Liao 2019 rapporte un signal pour EPA pur ≤1 g/j (SMD –0.50 ; p=0.003) et les formulations majoritaires en EPA (SMD –1.03 ; p=0.03), sans définir une posologie standard. [PMID 31383846] Signal hétérogène
Dépression — EPA ≥60 % : Kelaiditis 2023 rapporte SMD –0.43 pour EPA ≥60 % à ≥1 et <2 g/j (p=0.02), avec hétérogénéité très élevée (I²=88 %) et asymétrie du funnel plot. [PMID 37028202] Faible certitude
Dépression péri-natale : effet global très faible (SDM –0.236 ; p=0.042) avec forte hétérogénéité ; le signal post-partum plus grand n'était pas statistiquement significatif (IC95 % croisant 0 ; p=0.214). Ces données ne justifient pas une recommandation de traitement ou prévention. [PMID 32898343] Faible certitude
TDAH enfant/adolescent : revue Cochrane 2023, 37 essais, plus de 2 374 participants — pas d'effet sur symptômes globaux, inattention ou hyperactivité-impulsivité ; aucune formulation ou posologie recommandable en routine. [PMID 37058600] Non démontré
TDAH — anciennes petites études : les signaux antérieurs ne doivent pas être transformés en "déficit" causal ni en dose pratique 550/225 mg. [PMID 28741625 ; PMID 34656505] Données supplantées
TSA (trouble du spectre autistique) : revue réseau NMA (125 RCTs) — oméga-3 : "some indications of improvement" — certitude très faible — non recommandé en routine. [PMID 35246237] Préliminaire
Signal biologique, efficacité non démontrée EM/SFC
Statut oméga-3 abaissé : indice oméga-3 moyen bas (5,75 %, seuil bas chez 92,6 % des patients) chez 31 personnes EM/SFC ; non corrélé à la fatigue (FIS-40) ni à la qualité du sommeil (PSQI) — étude transversale, pas de bras interventionnel. [PMID 30471769] Observationnel
Ratios EPA/AA et n-3/n-6 : plus bas chez 22 personnes EM/SFC vs 12 témoins, avec corrélations entre le ratio n-3/n-6 et la fatigue, la douleur et les troubles de mémoire — étude transversale de petite taille : une corrélation n'établit pas qu'une supplémentation améliore ces symptômes. [PMID 16380690] Observationnel
Essai historique positif non répliqué : 63 personnes avec syndrome de fatigue post-virale, mélange EPA+DHA+acide linoléique+GLA pendant 3 mois — 85 % de répondeurs vs 17 % sous placebo à 3 mois (p<0,0001). [PMID 2270749]
Réplication négative : le même type de protocole testé chez 50 personnes répondant aux critères CFS (Oxford) n'a montré aucune différence significative avec le placebo — contredit directement l'essai de 1990. [PMID 10071170] Non répliqué
Essais cliniques plutôt négatifs Covid long & POTS
COVID-19 aigu : scoping review publiée en 2022 — niveaux d'oméga-3 abaissés chez les patients COVID-19 sévères ; certaines études suggèrent une réduction de la durée des symptômes et du risque d'infection — niveau de preuve préliminaire. [PMID 35431568] Préliminaire
Covid long — essai pilote : RCT en double aveugle, 2,1 g/j EPA+DHA, 12 semaines, 32 recrutés/18 terminés — indice oméga-3 augmenté et ratio AA/EPA fortement réduit (effet biologique réel documenté), mais aucune amélioration significative de la fatigue, de la dyspnée, de la toux, du goût ou de l'odorat. [PMID 39840178] Pas d'efficacité démontrée
Covid long — ARACOV-02 : RCT, 144 personnes (71/73), 12 semaines, huile marine enrichie en médiateurs pro-résolutifs spécialisés (SPM) — ⚠️ formulation enrichie en SPM, différente d'un complément EPA+DHA classique — associée dans les deux bras à un programme de téléréadaptation. Aucune différence significative supplément vs placebo sur la qualité de vie (EQ-5D-5L), la fatigue (FSS), la dyspnée (mMRC) ou les capacités fonctionnelles (test de marche 6 min) ; les deux groupes s'améliorent, probablement porté surtout par la réadaptation. Prépublication (Research Square, 10/06/2026, statut "en cours de révision"), non encore évaluée par les pairs — protocole publié séparément. [Research Square, prépublication ; protocole enregistré : PMID 40299883] Prépublication — négatif
POTS / dysautonomie : données surtout rétrospectives ou observationnelles ; les oméga-3 ne doivent pas être présentés comme traitement de la dysautonomie. Non démontré
Résolution neuroinflammation : les SPM sont impliqués dans la résolution de l'inflammation dans des modèles biologiques, mais cette plausibilité ne vaut pas preuve d'efficacité clinique — les deux essais interventionnels ci-dessus dans le Covid long l'illustrent directement. [PMID 32885825]
Preuve élevée Grossesse
Prématurité < 37 SA : méta-analyse Cochrane, 70 RCTs, 19 927 femmes — réduction naissances prématurées RR 0.89 (certitude élevée) ; early preterm < 34 SA : RR 0.58 (certitude élevée) — prolongation légère de la gestation (+1.67 j). [PMID 30480773]
Apports en grossesse : recommandations 2024 : au moins 250 mg/j EPA+DHA chez les femmes en âge de procréer, avec +100 à 200 mg/j de DHA pendant la grossesse ; 600 à 1 000 mg/j seulement pour certaines femmes à bas statut ou faible apport, dans un cadre médical. Éviter les huiles de foie riches en rétinol. [PMID 38070679]
Mise en garde grossesse : possible augmentation des grossesses post-terme > 42 SA dans Cochrane ; ne justifie pas un plafond arbitraire universel, mais impose de contextualiser les hautes doses. [PMID 30480773]
Pourquoi certaines personnes ne répondent pas ?
— Statut de base : un apport initial bas peut augmenter la réponse biologique, mais aucun seuil d'indice oméga-3 n'est validé comme cible thérapeutique de routine.
— Conversion ALA→EPA/DHA : très variable, avec conversion vers DHA généralement faible.
— Forme galénique : les éthyl esters sont plus dépendants d'un repas contenant des lipides ; les différences pharmacocinétiques ne prouvent pas une supériorité clinique universelle.
— Microbiote intestinal : modifie le métabolisme des oméga-3 et la synthèse des SPM en aval.
💊 Dosages, formes et biodisponibilité
Tableau comparatif des formes d'oméga-3 — biodisponibilité, usage et limites
Forme
Biodisponibilité
Dose à lire
Usage / Avantages
Limites
TG naturels (huile poisson standard)
Souvent meilleure que les EE à jeun dans les études PK
EPA+DHA réels par dose, pas masse d'huile
Forme alimentaire courante ; rapport EPA:DHA variable selon espèce
Concentration et stabilité oxydative variables selon produit
Phospholipides (huile de krill)
Données PK variables
EPA+DHA réels souvent modestes par gélule
Alternative possible ; astaxanthine co-présente selon produits
Coût élevé ; ne prouve pas une supériorité clinique
Haute pureté ; formulé médicamenteux ; concentrations élevées par gélule
Biodisponibilité réduite sans repas gras ; risque FA à haute dose
Icosapent éthyl (Vazkepa)
Médicamenteux
2 g deux fois par jour
Bénéfice CV démontré dans une population ciblée sous statine
Médicament AMM ; risque FA/saignement à surveiller ; non transposable aux compléments
Algues DHA (source végétale)
Variable selon huile
DHA réel par dose
Végétaliens ; grossesse ; DHA pur sans EPA
Pas ou peu d'EPA ; les données dépression EPA ne s'extrapolent pas
Lecture qualitative de la biodisponibilité. Les éthyl esters sont plus dépendants d'un repas contenant des lipides ; les pourcentages exacts varient selon les études et ne doivent pas être transformés en promesse clinique.
En pratique — quel choix pour quelle situation ?
Alimentation d'abord : viser deux portions de poisson par semaine dont une de poisson gras, en variant espèces et origines ; éviter les grands prédateurs en contexte grossesse.
Référence nutritionnelle : les repères français sont de l'ordre de 250 mg/j d'EPA et 250 mg/j de DHA via l'alimentation totale, pas une recommandation systématique de complément à 1–2 g/j.
Étiquette : raisonner en EPA+DHA réels par dose, pas en masse d'huile de poisson.
Dépression : les formulations riches en EPA ont un signal de sous-groupe, mais aucune posologie standard ne peut être présentée comme traitement.
TDAH : ne pas proposer de dose de routine ; les données Cochrane 2023 ne montrent pas d'amélioration des principaux scores.
Triglycérides élevés : les doses pharmacologiques relèvent d'une évaluation médicale avec recherche de causes secondaires, stratégie diététique/lipidique et suivi biologique.
Grossesse : privilégier les apports alimentaires et produits purifiés adaptés ; éviter les huiles de foie riches en rétinol.
⚠️ Précautions, contre-indications et interactions
◆ Contre-indications absolues
Hypersensibilité au produit ou à un excipient : contre-indication formelle. Allergie poisson et crustacés ne sont pas équivalentes ; les médicaments comme l'icosapent éthyl imposent une prudence spécifique en cas d'allergie poisson/crustacés.
Trouble hémorragique actif non contrôlé : situation médicale à évaluer avant toute dose pharmacologique.
◆ Interactions médicamenteuses à surveiller
Anticoagulants / antiplaquettaires : la méta-analyse JAHA 2024 ne montre pas d'augmentation globale des saignements (RR 1.09 ; IC95 % 0.91–1.31), mais l'EPA pur à forte dose a un signal relatif avec faible excès absolu. Surveillance individualisée, surtout si icosapent éthyl ou antithrombotique. [doi:10.1161/JAHA.123.032390]
Anticoagulant instable ou saignements récents : évaluation médicale préalable plutôt que contre-indication générique.
Antihypertenseurs : baisse tensionnelle généralement modeste ; contrôler si symptômes, hypotension ou terrain fragile, sans adaptation automatique.
◆ Précautions générales
Fibrillation auriculaire / cardiopathie arythmique : le signal le plus récent concerne surtout les patients à haut risque CV recevant >1,5 g/j EPA+DHA (OR 1.43 ; risque absolu +0.8 %) — surveiller palpitations, antécédents de FA et doses pharmacologiques. [PMID 42517224]
Doses élevées (> 3 g/j) : risque de diarrhées, ballonnements, reflux gastrique (goût de poisson) — fractionner les prises — prendre en fin de repas gras.
Grossesse : éviter l'autosupplémentation à forte dose ; préférer des produits purifiés adaptés et éviter les huiles de foie riches en rétinol. La revue Cochrane ne fonde pas un plafond universel à 2 g au 3e trimestre. [PMID 30480773 ; PMID 38070679]
Qualité du produit / oxydation : vérifier EPA+DHA réels par dose, lot, péremption, conditions de stockage, certificats d'analyse indépendants si disponibles, indices d'oxydation et contaminants. L'absence d'odeur rance seule est insuffisante.
Labels : IFOS correspond à une analyse volontaire de produit ; Friend of the Sea porte surtout sur la durabilité ; GOED est une organisation industrielle avec monographie qualité, pas une certification indépendante de chaque lot.
Point sécurité : distinguer complément alimentaire usuel, dose pharmacologique d'EPA/DHA, et icosapent éthyl prescrit. Les signaux FA et saignement dépendent surtout du terrain, de la dose, de la formulation et des traitements associés.
🥦 Sources alimentaires
Les poissons gras et, dans une moindre mesure, certaines huiles végétales (précurseur ALA) sont les principales sources alimentaires d'oméga-3. Repère ANSES/AFSSA (apport nutritionnel conseillé, adulte) : 250 mg/j d'EPA + 250 mg/j de DHA, soit 500 mg/j d'EPA+DHA combinés.
Teneur en DHA de quelques poissons (mg pour 100 g de chair)
Aliment
DHA (mg/100 g)
Note pratique
Maquereau
~1493
Source la plus concentrée, EPA également élevé
Sardine (fraîche ou conserve)
~1350
Petit poisson, exposition au mercure limitée
Saumon
~1247
Teneur variable élevage vs sauvage
Hareng
~937
Fumé ou mariné, populaire en Europe du Nord
Anchois
~600
Consommé en petite quantité (anchoïade, pizza)
Truite
~543
Alternative d'eau douce
Thon
~420
Frais généralement plus riche qu'en conserve
Huile de lin, colza, noix (ALA)
Non applicable (ALA, pas DHA)
Précurseur végétal — conversion humaine en EPA/DHA limitée
⚠️ Sources végétales — conversion limitée : l'huile de lin est la source végétale la plus riche en ALA (acide alpha-linolénique, environ 54 % des acides gras totaux), mais l'ALA n'est pas directement de l'EPA ou du DHA. Chez l'adulte, la conversion endogène de l'ALA est restreinte et dépend du régime de fond (études isotopiques) : environ 6 % vers l'EPA et environ 3,8 % vers le DHA — un régime uniquement végétal ne couvre donc pas de façon fiable l'apport en DHA préformé.
🔬 Suivi biologique
Indice oméga-3 (Omega-3 Index) — repère de suivi
Dosage
Méthode
Valeurs de référence
Intérêt clinique
Indice oméga-3 (EPA+DHA érythrocytaire)
% d'EPA+DHA parmi les acides gras totaux de la membrane des globules rouges
Gradient de risque documenté entre ≈3,3 % (risque le plus élevé) et ≈6,5 % (risque le plus faible) pour la mort subite cardiaque — pas un dosage de routine en médecine générale
Marqueur de statut EPA+DHA à moyen terme (semaines-mois), utilisé en recherche cardiovasculaire ; interprétation à confier au prescripteur
Suivez vos ressentis, votre énergie et votre sommeil avec l'application myBoussole — gratuite, sans publicité.
La distinction EPA/DHA est utile mais ne suffit pas : les effets cliniques dépendent de l'indication, de la dose réelle, de la formulation, du statut de base et du terrain.
Triglycérides : indication biologique la mieux étayée ; les doses pharmacologiques doivent être intégrées à une stratégie médicale lipidique.
Cardiovasculaire : bénéfice d'événements démontré surtout pour l'icosapent éthyl dans une population ciblée ; ne pas extrapoler aux compléments alimentaires.
Dépression : signal possible avec EPA-dominant, mais faible certitude, forte hétérogénéité et absence de dose standard.
TDAH : pas d'efficacité clinique démontrée en routine (Cochrane 2023).
Fibromyalgie : signal clinique préliminaire positif (RCT n=120, p<0,001 sur 4 critères), mais essai unique et non répliqué — ne permet pas de recommander les oméga-3 en routine.
EM/SFC : anomalies documentées du profil lipidique (indice oméga-3 bas, ratios n-3/n-6 réduits), mais preuve interventionnelle contradictoire (un essai positif de 1990 non répliqué par l'essai de 1999) — efficacité non démontrée.
Covid long / POTS : essais cliniques plutôt négatifs à ce jour, y compris ARACOV-02 (prépublication, formulation enrichie en SPM) — aucune amélioration démontrée de la fatigue, de la dyspnée ou de la qualité de vie, malgré une modification réelle du statut lipidique dans les deux essais.
Indice oméga-3 : biomarqueur érythrocytaire utile en recherche et évaluation nutritionnelle ; les seuils ne sont pas standardisés comme cible thérapeutique de routine.
Ce que les oméga-3 ne sont probablement pas
"Cure miracle" cardiovasculaire : la mortalité toutes causes n'est pas réduite en méta-analyse Cochrane (62 RCTs) — l'effet sur les TG est réel mais la réduction des événements cardiaques majeurs reste modeste et inconstante selon les formulations.
"Interchangeables" entre EPA et DHA : EPA et DHA ont des voies métaboliques distinctes ; les formulations DHA-majoritaires n'ont pas montré de bénéfice significatif dans les méta-analyses dépression citées, sans prouver une inefficacité absolue.
"Sans danger à toute dose" : la surcomplémentation n'est pas anodine, mais les risques FA et saignement doivent être décrits par dose, terrain et formulation, pas par seuil générique unique.
"Utiles en complément alimentaire" pour le cardiovasculaire de haut risque : l'effet démontré dans REDUCE-IT concerne l'icosapent éthyl 2 g deux fois par jour en forme médicamenteuse — non transposable aux compléments alimentaires standard.
"Validés pour la fibromyalgie, l'EM/SFC, le Covid long ou le POTS" : un signal positif existe en fibromyalgie mais sur un essai unique non répliqué ; en EM/SFC et Covid long, les essais interventionnels sont contradictoires ou plutôt négatifs ; POTS reste surtout observationnel — dans les 4 cas, ce n'est pas une indication établie.
EMA — Vazkepa, EPAR et informations produit : icosapent éthyl 998 mg, deux gélules deux fois par jour chez les adultes sous statine à risque CV élevé ou très élevé avec triglycérides élevés. ema.europa.eu
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[40299883] Carpallo-Porcar et al. PLoS One 2025 — protocole ARACOV-02, nutrition SPM + téléréadaptation, Covid long. doi:10.1371/journal.pone.0321811
Carpallo-Porcar et al. Research Square, prépublication, 10/06/2026 (statut : en cours de révision, non évaluée par les pairs) — résultats ARACOV-02, n=144, 12 semaines : pas de différence significative supplément SPM vs placebo sur qualité de vie, fatigue, dyspnée ou capacités fonctionnelles. doi:10.21203/rs.3.rs-9354365/v1