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Bloc du ganglion stellaire et Covid long : mécanismes, données cliniques et ce qu'il faut vraiment savoir

Une injection d'anesthésique local au niveau du cou — guidée par échographie — pour « réinitialiser » un système nerveux autonome emballé : voilà ce que propose le bloc du ganglion stellaire (BGS). Dans le Covid long et les dysautonomies post-virales, les premières données sont prometteuses — mais elles restent préliminaires, non contrôlées, et la procédure comporte des risques réels. Voici ce que la science sait en 2026, sans raccourci.

📍 Cet article s'adresse à vous si…
Vous vivez avec un Covid long, une fatigue chronique ou une dysautonomie (POTS, intolérance orthostatique) et vous avez entendu parler du bloc du ganglion stellaire. Vous souhaitez comprendre le mécanisme, évaluer les données disponibles et savoir à qui vous adresser — sans être ni rassuré à tort, ni découragé sans raison.
🧭 En un coup d'œil
🎯
Ce que c'est

Injection d'anesthésique local au ganglion stellaire (C6-C7), sous guidage échographique, pour moduler l'hyperactivité sympathique.

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Le mécanisme proposé

Réduction du NGF → ↓ sprouting sympathique → ↓ noradrénaline centrale. Données animales solides, humaines extrapolées.

📊
Données Covid long

Plusieurs cohortes ouvertes (n=10 à 52) rapportent 38–94 % d'amélioration. Aucun RCT publié. Signal fort, preuve faible.

⚠️
Risques réels

Syndrome de Horner (attendu), dysphonie, pneumothorax rare, injection vasculaire grave. Écho-guidage et centre expert obligatoires.

📖 Glossaire — termes clés de cet article
  • BGS (Bloc du Ganglion Stellaire) — injection d'anesthésique local ciblant le ganglion stellaire, relais sympathique cervical.
  • Ganglion stellaire — fusion du ganglion cervical inférieur et du 1er ganglion thoracique, situé en C6-C7. Commande sympathique de la tête, du cœur et des membres supérieurs.
  • NGF (Nerve Growth Factor) — facteur de croissance nerveux qui favorise la survie et la croissance des neurones sympathiques. Élevé en cas de stress chronique.
  • Sprouting sympathique — bourgeonnement pathologique des fibres nerveuses sympathiques sous l'effet du NGF. Amplifie l'hyperactivité adrénergique.
  • Noradrénaline (NE) — neurotransmetteur principal du système nerveux sympathique. Responsable de la tachycardie, de la vasoconstriction et de l'hypervigilance.
  • COMPASS-31 — score validé d'évaluation des symptômes autonomiques (0-100 ; plus élevé = plus sévère).
  • HRV (Heart Rate Variability) — variabilité de la fréquence cardiaque, marqueur indirect du tonus parasympathique. LF : composante basse fréquence (sympathique + parasympathique). HF : haute fréquence (parasympathique).
  • PTSD — trouble de stress post-traumatique. Le premier contexte où des RCT ont testé le BGS.
  • Syndrome de Horner — ptosis (paupière tombante) + myosis (pupille serrée) + anhidrose (absence de sueur) ipsilatéral. Signe attendu d'un BGS réussi.
Infographie du bloc du ganglion stellaire : anatomie C6-C7, technique d'injection échoguidée et indications dans le Covid long

① Le ganglion stellaire : anatomie d'un carrefour sympathique

📚 Revue anatomique — Rusu et al. 2025

Le ganglion stellaire (ou ganglion cervico-thoracique) résulte de la fusion du ganglion cervical inférieur et du premier ganglion thoracique chez environ 80 % des individus. Il se situe à la jonction cervico-thoracique, en regard des vertèbres C7-T1, en avant du muscle long du cou et en arrière de l'artère sous-clavière.

Son territoire d'innervation sympathique est large : cœur et vaisseaux coronaires, circulation cérébrale, membres supérieurs, et — via des projections ascendantes — structures limbiques impliquées dans la régulation émotionnelle et la réponse au stress. C'est ce territoire étendu qui explique pourquoi son blocage peut avoir des effets aussi variés : cardiovasculaire, cognitif, émotionnel.

GANGLION STELLAIRE C6–C7 Cœur FC · arythmies Cerveau flux · limbique Membres vasoconstriction Poumons bronchodil. Immunité cytokines · NGF 💉 BGS : injection en C6-C7 anesthésique local · écho-guidage
Fig. 1 — Territoire d'innervation sympathique du ganglion stellaire. Le BGS interrompt transitoirement toutes ces projections.

Le guidage échographique (ou fluoroscopique) est désormais le standard de soin : il permet de visualiser le ganglion, d'éviter les structures vasculaires adjacentes (artère carotide, vertébrale, jugulaire) et de déposer l'anesthésique avec précision. Les approches « à l'aveugle » au repérage anatomique seul sont de moins en moins utilisées, en raison d'un taux de complications significativement plus élevé [1].

Bloc du ganglion stellaire sous guidage échographique : sonde et aiguille en place sur le cou
Fig. 2 — BGS sous écho-guidage : la sonde visualise les structures cervicales en temps réel pendant l'introduction de l'aiguille.

② La cascade NGF : comment l'injection peut « réinitialiser » le système nerveux

🟠 Mécanisme — modèles animaux + extrapolation humaine

Le mécanisme d'action du BGS repose sur une théorie unificatrice proposée par Lipov et ses collaborateurs — et reprise dans plusieurs revues récentes [2, 3]. Elle s'articule en quatre étapes :

Infographie : Bloc du ganglion stellaire — comprendre la technique, pour qui, ce qu'on sait et ne sait pas
Fig. 3 — Synthèse visuelle du BGS : anatomie, procédure et niveau de preuve actuel.
① DÉCLENCHEUR ② AMPLIFICATION ③ HYPERACTIVATION ④ INTERRUPTION Stress chronique infection · post-viral NGF Sprouting sympathique fibres ×↑ ↑ Noradrénaline amygdale · SNA BGS NGF sprouting noradrénaline
Fig. 2 — Cascade NGF et point d'action théorique du BGS. Le stress chronique (ou post-viral) élève le NGF, qui provoque un sprouting sympathique et une élévation de la noradrénaline centrale. Le BGS interromprait cette cascade en réduisant le NGF.

Stress chronique ou post-viral → ↑ NGF. Le Nerve Growth Factor (facteur de croissance nerveux) augmente en réponse aux cytokines pro-inflammatoires et au stress prolongé. Il agit comme un signal de survie et de croissance pour les neurones sympathiques.

↑ NGF → sprouting sympathique. Sous l'effet du NGF, les fibres nerveuses sympathiques bourgeonnent — phénomène documenté dans des modèles animaux cardiaques et dans les contextes de douleur chronique. Ce sprouting amplifie structurellement la transmission adrénergique.

Sprouting → ↑ noradrénaline centrale et périphérique. La noradrénaline (NE) — principal neurotransmetteur sympathique — augmente aussi bien dans les organes périphériques que dans des régions cérébrales clés (amygdale, hippocampe), entretenant l'hypervigilance, la tachycardie et l'intolérance orthostatique.

BGS → ↓ NGF → inversion de la cascade. L'anesthésique local bloque transitoirement la transmission au niveau du ganglion stellaire. Selon la théorie de Lipov [4], cela suffirait à réduire le NGF local et à inverser progressivement le remodelage sympathique — expliquant pourquoi les effets persistent au-delà de la durée pharmacologique de l'anesthésique (quelques heures).

🔬 Note pharmacologique

La durée d'action d'un anesthésique local comme la bupivacaïne ou la ropivacaïne est de 4 à 8 heures au maximum. Si les effets cliniques du BGS persistent des semaines ou des mois, c'est que le mécanisme ne peut pas être uniquement pharmacologique — il implique nécessairement un remodelage neurobiologique. La cascade NGF en est l'explication la plus cohérente avec les données actuelles. Mais — et c'est crucial — les mesures directes du NGF avant/après BGS chez des patients Covid long n'ont pas encore été publiées. Le mécanisme reste une extrapolation du modèle PTSD et des données animales cardiaques.

③ Données cliniques dans le Covid long et la dysautonomie post-virale

🟠 Séries ouvertes · cohortes rétrospectives · aucun RCT

Les données spécifiques au Covid long se sont accumulées rapidement depuis 2021. Voici l'état des lieux honnête en 2026 — classées par niveau de preuve croissant.

Étude Design n Résultat principal Niveau PE
Liu & Duricka, 2021 [5] Case series 2 Amélioration fatigue, intolérance orthostatique, anosmie Case series
Pearson et al., 2023 Cohorte rétro. 41 86 % de réduction des symptômes Rétrospectif
Duricka & Liu, 2025 Pilote prospectif 10 ↓ PEM, OI, brouillard mental ; résolution POTS objectif Non contrôlé
Wang et al., 2025 [6] Pilote ouvert 17 (sur 20) COMPASS-31 −38,4 % (p=0,0016) · douleur −48,4 % · 88,2 % soulagés Non randomisé
Andrassy et al., 2025 [7] Case report 2 Amélioration cognitive et douleur persistante ; résultats mixtes sur la douleur Case report

Plusieurs constats transversaux se dégagent de ces études. Les domaines les plus améliorés sont systématiquement le brouillard mental, la fatigue et l'intolérance orthostatique — les trois dimensions les plus invalidantes du Covid long dysautonomique. La durabilité varie de quelques semaines à plusieurs mois. La chronicicité pré-bloc semble influencer les résultats : Andrassy et al. notent que les symptômes présents depuis plus d'un an répondent moins bien [7].

🟠 Signal prometteur — preuve préliminaire

Ces données sont cohérentes et reproductibles d'une équipe à l'autre. Mais toutes partagent les mêmes biais : absence de groupe contrôle, effet placebo non évalué, sélection de patients motivés, et outcomes déclaratifs. Un signal aussi fort dans des études ouvertes peut disparaître en RCT — comme cela s'est partiellement produit dans le PTSD. Aucune de ces études ne permet de conclure à une efficacité établie dans le Covid long.

RCT (manquant) Pilote prospectif (2025) Cohortes rétrospectives (2023–25) Case series / case reports (2021–25) Nous sommes ici Prochaine étape
Fig. 3 — Niveau de preuve actuel des études BGS dans le Covid long. Les données sont encourageantes mais situées au bas de la pyramide. Des RCT sont nécessaires.
📱 Boussole peut vous aider

Si vous envisagez d'explorer le BGS, structurer votre bilan autonomique au préalable est utile : COMPASS-31, intolérance orthostatique, variabilité cardiaque, score de malaise post-effort. Ces données aident le médecin à évaluer votre profil et à suivre l'évolution après la procédure.

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④ La preuve de concept PTSD : enseignements des essais randomisés

✅ RCT niveau 1B — JAMA Psychiatry 2020

Le PTSD est à ce jour le seul contexte où des essais randomisés contrôlés ont été publiés sur le BGS. Ces données n'établissent pas l'efficacité du BGS dans le Covid long — mais elles valident la biologie et fournissent un cadre d'évaluation critique.

L'essai Rae Olmsted et al. 2020 (JAMA Psychiatry) est le premier RCT multisite puissamment conduit dans cette indication [8]. Sur 113 militaires en service actif avec PTSD, deux injections droites (semaines 0 et 2) ont produit une réduction du score CAPS-5 de −12,6 points vs −6,1 dans le groupe sham (p = 0,01). L'effet est statistiquement significatif et cliniquement modeste.

À l'opposé, Hanling et al. 2016 (Regional Anesthesia and Pain Medicine) [9] n'ont pas observé de différence significative entre BGS et sham dans une population similaire. Une deuxième injection améliorait les résultats dans les deux groupes — suggérant un fort effet non spécifique de la procédure elle-même.

💡 Ce que cela dit sur le mécanisme

L'ensemble des RCT PTSD oriente vers un effet réel mais de taille modeste, avec une variabilité importante selon le profil de patient. Les études concordent sur deux points : ① le BGS n'est pas neutre — il y a bien un effet biologique au-delà du placebo ; ② l'identification du bon profil répondeur est le vrai enjeu. Dans le PTSD, les symptômes d'hyperactivation (hypervigilance, trouble du sommeil, sursaut exagéré) répondent mieux que les symptômes d'évitement ou de numbing.

La revue de Springer et al. 2024 (NeuroRehabilitation) [10] résume le niveau de preuve actuel comme « 1B » — c'est-à-dire un RCT de bonne qualité avec un résultat positif, en attendant une méta-analyse robuste. C'est un niveau suffisant pour proposer la procédure en centre expert à des patients sélectionnés, mais pas pour en faire une recommandation générale.

⑤ Effets sur la variabilité cardiaque (HRV) : ce que la science dit vraiment

📊 RCT double aveugle — Keim et al. 2025

L'HRV (Heart Rate Variability) est un marqueur indirect de l'équilibre sympatho-vagal. En théorie, si le BGS réduit l'activité sympathique, on devrait observer une augmentation du rapport HF/LF et une amélioration de la variabilité globale. La réalité est plus nuancée.

L'étude la plus rigoureuse disponible est le RCT double aveugle de Keim et al. 2025 (Autonomic Neuroscience) [11], conduit sur 12 volontaires sains avec BGS droit écho-guidé. Résultat : aucun changement significatif des indices temporels de l'HRV, mais réduction significative du ratio LF/HF — interprétée comme une inhibition sympathique sélective sans augmentation du tonus vagal. Le nerf vague, adjacent anatomiquement au ganglion stellaire, n'a pas été touché.

Song et al. 2009 (Circulation Journal) [12] ont étudié le BGS bilatéral sur 20 volontaires sains. La conclusion va à contre-courant de l'intuition : le BGS bilatéral réduit la modulation vagale cardiaque (baisse du HF et de la sensibilité baroréflexe). Les auteurs recommandent une prudence particulière chez les patients avec symptômes vagaux à l'injection.

📌 Ce qu'il faut retenir sur la HRV

Le BGS réduit bien l'activité sympathique (↓ LF/HF), mais il n'augmente pas mécaniquement le tonus vagal. L'amélioration clinique observée dans les études Covid long passe probablement par la réduction de l'hyperactivité sympathique plutôt que par une restauration du tonus parasympathique. C'est une distinction importante pour interpréter les biomarqueurs de suivi.

⑥ Tolérance et risques : ce qu'il faut connaître avant de consulter

🔴 Procédure invasive — risques réels à connaître

Le BGS est une procédure cervicale interventionnelle. Son profil de sécurité est globalement acceptable avec le guidage moderne, mais les complications existent et certaines sont graves.

Effets indésirables par fréquence ATTENDUS / FRÉQUENTS Syndrome de Horner (ptosis · myosis · anhidrose) 90–100 % des BGS réussis Dysphonie · dysphagie Nerf laryngé récurrent Transitoires (heures) RARES (< 2 %) Pneumothorax 0,5–1 % · surtout C7 Parésie phrénique Dyspnée transitoire Bloc plexus brachial Faiblesse bras transitoire GRAVES (rare) Injection vasculaire Convulsions · AVC · hématome Bloc médullaire haut Dépression respiratoire Hématome cervical Compression voie aérienne
Fig. 4 — Profil de tolérance du BGS. Le syndrome de Horner est un signe de succès attendu. Les complications graves sont rares avec l'écho-guidage mais imposent monitoring et plateau technique.
⚠️ Conditions de sécurité non négociables

Le BGS ne peut pas être réalisé en cabinet libéral non équipé. Les conditions minimales sont :

① Guidage échographique — réduit significativement le risque vasculaire et de pneumothorax.
② Monitoring per-procédure — ECG, SpO2, pression artérielle continue.
③ Plateau de réanimation disponible — émulsion lipidique pour toxicité anesthésique systémique, matériel d'intubation.

En dehors de ces conditions, la procédure ne doit pas être réalisée, quel que soit le contexte clinique.

⑦ Qui pourrait en bénéficier ? Profil clinique et lacunes

🟠 Données préliminaires — pas de biomarqueur prédictif validé

C'est la question la plus importante — et la moins bien répondue. Aucune des études disponibles n'a identifié de biomarqueur ou de profil clinique permettant de prédire a priori qui bénéficiera du BGS.

Sur la base des profils d'inclusion et des domaines les plus améliorés dans les séries publiées, un profil hypothétique de « bon candidat » se dessine — à titre exploratoire, pas encore validé :

  • Dysautonomie objectivée — COMPASS-31 élevé, intolérance orthostatique, tachycardie posturale (POTS)
  • Clusters « sickness behavior » — fatigue profonde, brouillard mental, hypervigilance, trouble du sommeil
  • Début lié à une infection — Covid long ou ME/CFS post-infectieux de préférence à des formes à longue évolution insidieuse
  • Réfractaire aux approches conservatrices — pacing, hygiène posturale, fludrocortisone, bêtabloquants faibles doses essayés et insuffisants
💡 Ce qui manque pour aller plus loin

Mesure du NGF avant/après BGS chez des patients Covid long — le mécanisme central n'a jamais été vérifié directement dans cette population. ② RCT avec groupe sham — indispensable pour dissocier l'effet spécifique de l'effet non spécifique (procédure invasive, attention médicale, espoir). ③ Biomarqueurs prédictifs — cortisol, cytokines, HRV au repos — pour stratifier les patients avant la procédure. ④ Durabilité à 12 mois — aucune donnée contrôlée disponible au-delà de 4–8 semaines.

🧩 Ce que l'on sait — et ce que l'on ne sait pas encore

Ce qui est établi : le BGS réduit bien l'hyperactivité sympathique (↓ LF/HF documenté en RCT double aveugle). La procédure sous guidage échographique est réalisable avec un profil de sécurité acceptable en centre expert. Dans le PTSD, un RCT multisite de qualité (JAMA Psychiatry) montre un effet significatif, modeste, sur les symptômes d'hyperactivation. Les séries Covid long sont cohérentes sur les domaines répondeurs (brouillard mental, fatigue, OI).

Ce qui reste spéculatif : la cascade NGF n'a jamais été mesurée directement après BGS chez des patients Covid long. L'absence de RCT dans cette indication interdit toute conclusion sur l'efficacité nette. Le profil de patient répondeur n'est pas identifié. La durabilité à long terme est inconnue. L'effet placebo d'une procédure invasive réalisée dans un contexte d'espoir peut être substantiel — et n'a pas été contrôlé.

Ce qu'il faut retenir

Le bloc du ganglion stellaire repose sur une biologie cohérente et documentée — la cascade NGF/sprouting sympathique — et sur des données cliniques préliminaires encourageantes dans le Covid long. Les séries publiées montrent des améliorations substantielles de la dysautonomie, du brouillard mental et de la fatigue chez 38 à 94 % des patients traités. C'est un signal qui mérite d'être pris au sérieux.

Mais ces données ne constituent pas encore une preuve. Aucun essai contrôlé randomisé n'a été publié dans le Covid long. La procédure comporte des risques réels qui imposent un centre expert, un guidage échographique et un plateau de réanimation. Elle ne doit pas être réalisée hors de ce cadre, quelle que soit la pression de la demande. La prochaine étape nécessaire est un RCT avec groupe sham dans une population Covid long bien phénotypée.

Un signal prometteur ne dispense pas d'une preuve rigoureuse — surtout quand la procédure est invasive.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le bloc du ganglion stellaire ?
Le bloc du ganglion stellaire (BGS) est une injection locale d'anesthésique au niveau du cou (C6-C7), ciblant un nœud du système nerveux sympathique. L'objectif est d'interrompre transitoirement l'hyperactivité sympathique. Il est réalisé sous guidage échographique par un médecin spécialisé en médecine interventionnelle ou anesthésiologie.
Le BGS est-il efficace dans le Covid long ?
Les données disponibles en 2026 sont prometteuses mais préliminaires. Des études de cohorte ouvertes rapportent une amélioration de 38 à 94 % des symptômes autonomiques (fatigue, brouillard mental, intolérance orthostatique). Aucun essai contrôlé randomisé n'a encore été publié dans cette indication. Ces résultats ne permettent pas encore de conclure à une efficacité établie.
Quels sont les risques de la procédure ?
Les effets fréquents et transitoires incluent le syndrome de Horner (ptosis, myosis, anhidrose faciale — signe de succès attendu), la dysphonie et la dysphagie. Les complications sérieuses — pneumothorax, injection intravasculaire, hématome — sont rares avec le guidage échographique mais existent et peuvent être graves. La procédure doit être réalisée en centre expert avec monitoring continu et matériel de réanimation disponible.
Comment se fait le lien entre le BGS et le NGF ?
Le NGF (Nerve Growth Factor) augmente en cas de stress chronique ou post-viral, favorisant un bourgeonnement des fibres sympathiques et une élévation de la noradrénaline. Le BGS réduirait le NGF et inverserait cette cascade — ce qui expliquerait pourquoi les effets persistent au-delà de la durée pharmacologique de l'anesthésique. Cette hypothèse est soutenue par des données animales et des modèles PTSD, mais les mesures directes chez des patients Covid long font encore défaut.
Où peut-on se faire réaliser un BGS en France pour le Covid long ?
En 2026, le BGS pour le Covid long n'est pas encore une indication reconnue en France et n'est pas remboursé dans ce contexte. Quelques centres de médecine de la douleur et d'anesthésiologie interventionnelle commencent à proposer la procédure, principalement dans le cadre de consultations spécialisées Covid long ou de protocoles de recherche. Il est conseillé de passer par votre médecin traitant ou un centre Covid long hospitalier pour identifier les équipes compétentes dans votre région.
Quelle spécialité consulter et comment trouver un centre ?
Le BGS est réalisé par des anesthésistes spécialisés en médecine interventionnelle de la douleur (algologues). En France, le point d'entrée le plus direct est un centre pluridisciplinaire de la douleur chronique, accessible via une orientation du médecin traitant ou d'un interniste spécialisé Covid long. En Belgique, les centres agréés INAMI de traitement de la douleur chronique suivent la même logique. Une recherche sur "consultation douleur chronique + région" ou le contact d'associations de patients Covid long (comme Après J20 en France) peut aider à identifier les équipes disponibles.
Faut-il réaliser un bilan préalable avant le BGS ?
Il n'existe pas d'examen spécifique permettant de confirmer une dysfonction du ganglion stellaire avant le geste. La dysautonomie peut être objectivée par des examens fonctionnels du système nerveux autonome : tilt test, variabilité de la fréquence cardiaque (HRV), tests de réponse cutanée sympathique (QSART). Ces examens documentent une dérégulation du SNA globalement, sans cibler le ganglion stellaire en particulier. La décision repose sur le tableau clinique global, évalué par l'équipe spécialisée.
Combien de temps dure l'effet ? Faut-il répéter les injections ?
La durée d'effet est variable selon les personnes. Dans les études disponibles, certains patients rapportent un bénéfice persistant plusieurs mois à plus d'un an après une seule injection. D'autres nécessitent un renouvellement, mais il n'existe pas de protocole universel standardisé. La fréquence parfois évoquée de "tous les 3 mois" ne correspond pas à un standard établi dans la littérature : c'est une pratique variable selon les centres et la réponse individuelle. Le rythme de répétition se discute avec l'équipe soignante en fonction de l'évolution des ressentis.
Y a-t-il des approches moins invasives qui agissent sur le même mécanisme ?
Deux approches sont parfois évoquées en parallèle ou en complément. La cohérence cardiaque agit sur le tonus vagal via la respiration contrôlée : ses effets sur la variabilité de la fréquence cardiaque sont documentés dans plusieurs essais, mais dans un registre de rééducation fonctionnelle progressive, différent du blocage direct du BGS. L'acupuncture présente des données hétérogènes sur la modulation du SNA. Ces approches ne sont pas interchangeables avec le BGS : elles ciblent des mécanismes voisins mais avec une amplitude et une durée d'action différentes. Elles peuvent être complémentaires selon le tableau clinique.
Quel est le coût du BGS ? Est-il remboursé ?
En France, le BGS dans le cadre du Covid long n'est pas une indication remboursée par l'Assurance maladie en 2026. Des dépassements d'honoraires sont fréquents, le coût variant selon les centres et les praticiens. Certains centres hospitaliers proposent la procédure dans le cadre de protocoles de recherche, ce qui peut modifier les conditions de prise en charge. Il est conseillé de se renseigner directement auprès du centre concerné sur le coût total et les éventuelles options disponibles.

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Sources

Sources récupérées via PubMed et Consensus. DOIs inclus conformément aux exigences de citation.

  1. Hughey S et al. (2021). Ultrasound Versus Fluoroscopy for Stellate Ganglion Block: A Cadaveric Study. Pain Medicine, 22(10), 2307–2310. doi:10.1093/pm/pnab182 — PMID : 34051103
  2. Kirkpatrick K et al. (2023). A Review of Stellate Ganglion Block as an Adjunctive Treatment Modality. Cureus, 15(2), e35174. doi:10.7759/cureus.35174 — PMID : 36949968
  3. Zhang Z & An M. (2025). The potential role of stellate ganglion block in impacting the central and peripheral systems: a narrative review. Frontiers in Cardiovascular Medicine. doi:10.3389/fcvm.2025.1706435
  4. Lipov EG et al. (2017). Possible Reversal of PTSD-Related DNA Methylation by Sympathetic Blockade. Journal of Molecular Neuroscience, 62(1), 67–72. doi:10.1007/s12031-017-0911-3 — PMID : 28364364
  5. Liu LD & Duricka DL. (2021). Stellate ganglion block reduces symptoms of Long COVID: A case series. Journal of Neuroimmunology, 362, 577784. doi:10.1016/j.jneuroim.2021.577784 — PMID : 34922127
  6. Wang S et al. (2025). Effectiveness of Dual Sympathetic Blocks for Sympathetically Mediated Symptoms in PASC: An Open-Label, Non-randomized Pilot Study. Cureus, 17(3), e81530. doi:10.7759/cureus.81530 — PMID : 40308396
  7. Andrassy B et al. (2025). Stellate Ganglion Block for Headache Pain and Cognitive Impairment Associated With Long COVID Persisting Over 12 Months: A Case Report. Pain Medicine Case Reports, 9(6), 305–309. PMID : 41135020
  8. Rae Olmsted KL et al. (2020). Effect of Stellate Ganglion Block Treatment on Posttraumatic Stress Disorder Symptoms: A Randomized Clinical Trial. JAMA Psychiatry, 77(2), 130–138. doi:10.1001/jamapsychiatry.2019.3474 — PMID : 31693083
  9. Hanling SR et al. (2016). Stellate Ganglion Block for the Treatment of Posttraumatic Stress Disorder: A Randomized, Double-Blind, Controlled Trial. Regional Anesthesia and Pain Medicine, 41(4), 494–500. doi:10.1097/AAP.0000000000000402 — PMID : 27187898
  10. Springer S et al. (2024). Optimizing clinical outcomes with stellate ganglion block and trauma-informed care: A review article. NeuroRehabilitation, 55(3), 385–396. doi:10.3233/NRE-230236 — PMID : 38995805
  11. Keim OC et al. (2025). Selective sympathetic action on heart rate variability after ultrasound-guided stellate ganglion block. Autonomic Neuroscience, 263, 103367. doi:10.1016/j.autneu.2025.103367 — PMID : 41352043
  12. Song JG et al. (2009). Effects of bilateral stellate ganglion block on autonomic cardiovascular regulation. Circulation Journal, 73(10), 1909–1913. doi:10.1253/circj.cj-09-0244 — PMID : 19713654