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Micro-thrombi et Covid long : mécanismes vasculaires, niveau de preuve et symptômes

Illustration de micro-capillaires partiellement obstrués par des micro-caillots fibrino-amyloïdes

L'article en 1 minute

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Le bilan sanguin est normal, le cardiologue rassurant, et pourtant marcher jusqu'à la voiture épuise. Une explication documentée : des micro-caillots que les examens classiques ne voient pas.

Une protéine de surface du virus abîme la paroi des vaisseaux. Elle dérègle aussi la coagulation. Des micro-caillots de structure particulière, mêlant fibrine et amyloïde, sont retrouvés chez des personnes avec un Covid long. Les bilans standards de coagulation ne les détectent pas.

Une hypothèse propose que ces structures gênent la circulation dans les plus petits vaisseaux. Cela pourrait favoriser brouillard mental, intolérance à l'effort et douleurs diffuses. Ce lien de cause n'est pas démontré chez l'être humain.

On ne sait pas quelle proportion de personnes est concernée par ce mécanisme. L'efficacité des enzymes qui dissolvent les caillots est encore à l'étude dans le Covid long. Aucun diagnostic de routine n'existe.

À retenir : un mécanisme documenté ne dit pas encore qui il concerne, ni ce qu'il faut en faire.

Introduction Votre cardiologue dit que tout va bien. Votre bilan sanguin est normal. Pourtant, marcher jusqu'à votre voiture vous épuise, le brouillard mental ne se dissipe pas, et des douleurs arrivent sans raison apparente. Une explication que la médecine commence à documenter : des structures fibrino-amyloïdes, invisibles aux examens classiques, dont on étudie le rôle possible dans une dysfonction microvasculaire du Covid long. Le terme « microclot » est pratique mais discuté : ces structures sont surtout caractérisées ex vivo dans le plasma, et leur équivalence avec des thrombi occlusifs présents dans les capillaires in vivo n'est pas démontrée.

📖 Glossaire bilingue : termes clés de cet article
  • Micro-thrombi / Microclots : Caillots microscopiques qui obstruent les capillaires sans être détectables par les bilans classiques.
  • Fibrinolyse / Fibrinolysis : Processus naturel de dissolution des caillots sanguins par l'organisme.
  • Endothélium / Endothelium : Couche de cellules qui tapisse l'intérieur de tous les vaisseaux sanguins.
  • Fibrino-amyloïde / Fibrin-amyloid : Structure anormale des micro-caillots, résistante à la dégradation enzymatique normale.
  • Hypoxie / Hypoxia : Diminution de l'apport en oxygène dans les tissus.
  • Malaise post-effort (PEM) / Post-exertional malaise : Aggravation disproportionnée des symptômes après un effort physique ou cognitif.
  • Nattokinase : Enzyme fibrinolytique issue du natto (soja fermenté japonais), capable de dissoudre la fibrine.
  • NETose / NETosis : Libération de filaments d'ADN par les neutrophiles, formant des « pièges » qui favorisent la coagulation.

Le problème de la coagulation dans le Covid long

🟠 Signal observationnel et mécanistique : structures fibrino-amyloïdes décrites dans plusieurs cohortes ; causalité et standardisation diagnostique non établies (Pretorius 2021, Nicolai 2023)

Des microcaillots anormaux (dépôts amyloïdes), résistants à la fibrinolyse, ont été décrits dans le plasma de personnes atteintes de Covid long. Ils ont été mis en évidence par protéomique et microscopie à fluorescence, sur de petits échantillons. Une hypothèse relie la protéine spike, les récepteurs ACE2 de l'endothélium et une dysfonction endothéliale à une coagulation anormale : cette étude ne la démontre pas, et rien n'établit à ce stade que le Covid long se distingue fondamentalement des autres états de coagulation.[1] PMID 34425843

Le bon modèle n’écrase pas la complexité : il aide à relier les indices sans transformer une piste en certitude.

En temps normal, votre organisme maintient un équilibre entre coagulation et fibrinolyse. Le sang forme des caillots quand c'est nécessaire (une blessure, par exemple), puis les dissout une fois la réparation terminée. Dans le Covid long, cet équilibre est rompu : la lésion endothéliale active les plaquettes et le facteur von Willebrand, ce qui génère des micro-thrombi dont la structure fibrino-amyloïde résiste à la fibrinolyse physiologique.

Une autre cascade immunitaire converge vers le même résultat : une fois activé jusqu'à son complexe terminal C5b-9, le système du complément active lui aussi les plaquettes et abîme l'endothélium, une piste distincte de celle décrite ici. Cette piste ne recouvre pas toute la biologie vasculaire du Covid long : un profil vasculaire candidat au VEGF-A explore une dimension proangiogénique distincte, encore observationnelle.[2] PMID 37178769

En 2026, une revue mécanistique de l'équipe à l'origine de ce modèle propose de préciser sa nature : ces dépôts formeraient des complexes hétérogènes, qualifiés de complexes fibrinaloïdes microclots, riches en feuillets β, fixant le thioflavine T et résistants à la plasmine. Ces caractéristiques ne seraient pas propres au Covid long mais partagées par d'autres syndromes inflammatoires et post-infectieux, ce qui en fait un cadre conceptuel plus large que la seule infection au SARS-CoV-2. Il s'agit d'une revue proposant ce cadre conceptuel, pas d'une nouvelle validation expérimentale chez des patients.[9] PMID 42230554

Balance coagulation-fibrinolyse perturbée dans le Covid long BALANCE HÉMOSTASE ÉQUILIBRE NORMAL Coagulation ⟷ Fibrinolyse Caillot formé → caillot dissous Oxygène circule normalement COVID LONG : DÉSÉQUILIBRE Coagulation ▸▸ Fibrinolyse ◂ Micro-caillots formés → non dissous Capillaires obstrués → hypoxie 3 HYPOTHÈSES MÉCANISTIQUES (Nicolai 2023) ① Lésion endothéliale post-infection aiguë ② Réservoir viral persistant (S1 à 15 mois, Patterson 2021) ③ Réactions auto-immunes (anticorps anti-phospholipides)

L'enjeu clinique est considérable : ces micro-caillots résistants ne sont pas détectés par les bilans de coagulation standards, mais ils pourraient expliquer une part importante des symptômes persistants du Covid long.[2]

Quels symptômes pourraient être compatibles avec une atteinte microvasculaire ?

🟠 Persistance antigénique observée : étude ouverte, effectif restreint (Patterson 2021)

Une hypothèse propose que la présence de structures fibrino-amyloïdes dans les capillaires contribue à une hypoxie tissulaire localisée dans différents organes. Cette hypoxie éventuelle ne concernerait pas les poumons en tant que tels : la saturation en oxygène mesurée au doigt reste souvent normale, mais les tissus en aval (cerveau, muscles, nerfs périphériques) pourraient être concernés. Ce mécanisme reste à démontrer chez l'humain.

Une explication utile simplifie sans trahir ce que le corps essaie de montrer.

C'est précisément ce qui rend cette hypothèse difficile à confirmer en pratique : les examens standards (saturation, NFS, gaz du sang) reviennent normaux, ce qui n'exclut ni ne confirme une hypoxie micro-vasculaire. Patterson et al. (2021), dans une étude ouverte à effectif restreint, ont détecté une persistance de la protéine S1 du SARS-CoV-2 dans les monocytes non classiques (CD16+) circulants, jusqu'à 15 mois après l'infection, chez une partie des personnes présentant un Covid long ; cette étude documente une persistance antigénique, pas une obstruction microvasculaire ni une mesure d'hypoxie tissulaire.

l'étude ne démontre pas d'association statistique avec les symptômes neurocognitifs ou la fatigue, et un correctif publié en avril 2026 a réduit l'effectif du sous-groupe « Covid long » de 64 à 26 personnes, ce qui fragilise encore la portée de cette observation.[3]

Symptômes liés à l'hypoxie micro-vasculaire HYPOTHÈSE : DYSFONCTION MICROVASCULAIRE COMME CONTRIBUTEUR POSSIBLE 🧠 CERVEAU Brouillard mental Troubles de mémoire Difficultés de concentration 💪 MUSCLES Fatigue à l'effort Malaise post-effort (PEM) Douleurs musculaires ⚡ NERFS Neuropathies des petites fibres Paresthésies, engourdissements Dysautonomie / POTS ❤️ CŒUR / VAISSEAUX Tachycardie posturale Palpitations Intolérance à l'effort 🌙 SOMMEIL Insomnie Sommeil non réparateur Réveils nocturnes MÉCANISME COMMUN Structures fibrino-amyloïdes → hypothèse de dysfonction microvasculaire (non démontré) Les bilans standards (SpO₂, NFS) restent normaux malgré la souffrance tissulaire

Ce chevauchement entre systèmes explique pourquoi tant de personnes atteintes de Covid long présentent un tableau clinique « diffus », fatigue, douleurs, brouillard mental, troubles du sommeil, sans anomalie biologique évidente aux examens classiques.

Vous vivez avec ces symptômes ? L'application Boussole vous permet de suivre vos ressentis au quotidien et d'identifier des corrélations entre vos symptômes, vos bilans et vos compléments.

Pourquoi les bilans standard passent à côté ?

🟠 Piste mécanistique documentée : étude structurale isolée (Pretorius 2021, Westman 2025)

Les D-dimères, marqueur de coagulation le plus prescrit en routine, sont souvent normaux ou à peine élevés dans le Covid long, alors même que les micro-thrombi sont présents. C'est un paradoxe clinique majeur qui conduit de nombreux médecins à conclure à tort que « tout va bien ».[1]

La bonne question n’est pas si tout est normal, mais ce que les données ne montrent pas encore.

Une explication structurelle est proposée : les D-dimères mesurent les produits de dégradation de la fibrine normale. Or, une étude de biochimie structurale a montré qu'au moins un fragment amyloïde de la protéine spike (sur les sept testés) confère aux caillots de fibrine une résistance marquée à la dégradation par la plasmine.

Si ce mécanisme se généralise aux micro-caillots observés in vivo dans le Covid long, il pourrait expliquer en partie pourquoi les D-dimères restent souvent normaux malgré la persistance de micro-thrombi ; ce lien causal direct n'a toutefois pas été démontré chez l'humain.[6] PMID 41295749

Limites des bilans standards face aux micro-thrombi amyloïdes POURQUOI LES BILANS STANDARDS SONT INSUFFISANTS ❌ BILAN STANDARD D-dimères → souvent normaux NFS → normale SpO₂ au doigt → 97-99% TP / TCA → normaux Conclusion fréquente : « Tout est normal, c'est dans la tête » ✅ RECHERCHE SPÉCIALISÉE Microscopie à fluorescence → micro-caillots Protéomique → fibrine amyloïde Monocytes S1+ → inflammation persistante TEG / thromboélastographie → hypercoag. Conclusion : Coagulopathie micro-vasculaire documentée

Westman et al. (2025) ont montré par biochimie structurale que, parmi sept fragments amyloïdes de la protéine spike testés, un seul (Spike685) confère aux caillots de fibrine une résistance marquée à la dégradation par la plasmine, tandis qu'un autre (Spike601) perturbe plutôt la formation du caillot en séquestrant le fibrinogène. Les cinq autres fragments testés n'ont pas d'effet notable sur la fibrinolyse.[6]

Quant à l'IRM cérébrale, elle montre rarement des anomalies macroscopiques dans le Covid long. L'hypoxie micro-vasculaire se situe au niveau capillaire : en dessous de la résolution spatiale de l'imagerie conventionnelle. C'est l'une des raisons pour lesquelles le brouillard mental reste « invisible » aux examens d'imagerie standard.

Vers de nouveaux outils diagnostiques ? La thromboélastographie (TEG), la microscopie à fluorescence et le dosage des monocytes CD14+/CD16+ porteurs de la protéine S1 sont des outils de recherche prometteurs, mais ils ne sont pas encore disponibles en routine clinique en France.

Une étude chez des enfants et jeunes adultes renforce, dans une population indépendante, le signal observationnel. Steifman et al. (2026) ont étudié 84 enfants et jeunes adultes (≤ 25 ans) dont 61 avec Covid long, recrutés aux États-Unis et au Canada. Résultats : charge en micro-thrombi augmentée (p = 0,0003), FGF-2 élevé (marqueur d'un remodelage endothélial actif) corrélé à la charge en microclots (p = 0,04), et ADN libre circulant élevé (p = 0,003), signe d'une NETose intravasculaire active.

Ces résultats ne démontrent pas que les microclots provoquent les symptômes ni qu'ils constituent un mécanisme universel du Covid long.

Des essais in vitro ont confirmé que les complexes immuns de la protéine spike déclenchent cette NETose et contribuent directement aux lésions endothéliales. Ce mécanisme, activation des neutrophiles par le spike → NETosis → lésion endothéliale → microclots, constitue un bras pathophysiologique distinct de la coagulation classique, désormais documenté dès l'enfance.[7] PMID 42020802

Approches nutritionnelles : ce que dit la science

🟠 Données préliminaires : études pilotes et in vitro (Belcaro 2022, Rasouli 2025)

Plusieurs substances naturelles ont montré des propriétés fibrinolytiques ou anti-agrégantes en laboratoire, mais leur efficacité clinique dans le Covid long reste à démontrer par des essais contrôlés. Voici l'état des connaissances pour les principales pistes étudiées.

La bonne forme, le bon moment et la bonne personne comptent souvent autant que le nutriment lui-même.

① Oméga-3 (EPA/DHA) : Niveau de preuve : 🟠 données humaines très limitées dans le Covid long. Les acides gras oméga-3 sont mieux documentés hors Covid long pour leurs effets cardiovasculaires généraux (anti-agrégant plaquettaire, anti-inflammatoire vasculaire), via l'inhibition du thromboxane A2, la réduction des cytokines pro-inflammatoires (IL-6, TNF-α) et l'amélioration de la fluidité membranaire endothéliale.

Dans le Covid long spécifiquement, un petit essai pilote randomisé en double aveugle (32 personnes recrutées, 18 ayant terminé) n'a pas montré d'amélioration significative des symptômes malgré une baisse du ratio AA:EPA dans le groupe supplémenté, sans lien démontré entre cette variation biologique et un bénéfice clinique ; l'essai était partiellement sponsorisé par un fournisseur du supplément et du placebo testés.

② Pycnogénol (extrait d'écorce de pin maritime) : Niveau de preuve : 🟠 pilote. Belcaro et al. (2022) ont mené un essai pilote sur 60 patients post-COVID avec supplémentation en Pycnogénol (150 mg/j pendant 3 mois). Les résultats montrent une amélioration significative du flux sanguin capillaire, une réduction de l'œdème et une amélioration des scores de fatigue, mais sans groupe placebo en double aveugle.[4] PMID 34060731

③ Nattokinase : Niveau de preuve : 🟠 préclinique (ex vivo). Cette enzyme issue de la fermentation du soja (nattō) possède une activité fibrinolytique directe démontrée in vitro sur la fibrine normale. Rasouli et al. (2025) l'ont testée, associée à la lumbrokinase et au rtPA, sur des micro-caillots amyloïdes d'origine plasmatique exposés aux ultrasons : les ultrasons seuls réduisaient déjà fortement la taille des caillots, et l'ajout des enzymes fibrinolytiques, nattokinase comprise, n'apportait pas d'effet supplémentaire significatif aux fréquences les plus efficaces.

Aucune donnée humaine sur les D-dimères ou le fibrinogène n'a été publiée à ce jour pour la nattokinase dans le Covid long.[8] PMID 41405757

④ Lumbrokinase : Niveau de preuve : 🔴 préclinique. Cette enzyme extraite du ver de terre (Lumbricus rubellus) possède une activité fibrinolytique documentée in vitro, avec un mécanisme d'action proposé (activation du plasminogène, dégradation directe de la fibrine), mais aucun essai clinique contrôlé n'est disponible dans le contexte du Covid long et la source précise de cette caractérisation reste à vérifier. La recherche sur les composés fibrinolytiques d'origine naturelle, y compris d'origine marine, ouvre des perspectives, mais reste au stade préclinique.

Comparaison des pistes nutritionnelles fibrinolytiques PISTES NUTRITIONNELLES : NIVEAU DE PREUVE SUBSTANCE MÉCANISME PREUVE NIVEAU Oméga-3 (EPA/DHA) Anti-agrégant, anti-inflamm. Essais randomisés 🟢 Pycnogénol Flux capillaire, anti-œdème Essai pilote (n=60) 🟠 Nattokinase Fibrinolyse directe Étude ex vivo (effet limité) 🔴 Lumbrokinase Activation plasminogène In vitro uniquement 🔴

⚠️ Avertissement important

Les substances mentionnées dans cet article ne constituent pas des recommandations thérapeutiques. Certaines (nattokinase, lumbrokinase) ont des propriétés fibrinolytiques qui peuvent interagir avec des anticoagulants ou des antiagrégants plaquettaires. Ne modifiez jamais votre traitement sans l'avis de votre médecin ou pharmacien. Ces informations sont fournies à titre éducatif pour comprendre les mécanismes étudiés par la recherche.

Ce que vous pouvez faire concrètement

🟡 Pistes pratiques : pas de consensus diagnostique validé

En attendant que la recherche aboutisse à des protocoles validés, plusieurs actions concrètes sont accessibles dès maintenant.

La clarté vient souvent d’un cadre qui respecte la complexité au lieu de la gommer.

① Parlez-en avec votre médecin

Discutez avec votre médecin des examens indiqués par vos symptômes, vos antécédents et les diagnostics différentiels. Il n'existe actuellement ni panel sanguin ni test de microclots validé pour confirmer ou exclure le mécanisme décrit ici.

② Privilégiez les oméga-3 par l'alimentation

Les poissons gras (sardines, maquereaux, harengs) 2 à 3 fois par semaine fournissent des EPA/DHA en quantités physiologiques. Cette approche s'inscrit dans les recommandations nutritionnelles générales, sûre et ne nécessitant pas de surveillance particulière, mais elle ne constitue pas un traitement démontré des microclots du Covid long.

③ Suivez vos ressentis dans le temps

Notez quotidiennement votre fatigue, votre brouillard mental et vos douleurs. L'application Boussole permet de visualiser les tendances sur plusieurs semaines et de préparer vos consultations avec des données objectives plutôt que des impressions.

Ce que la science sait, et ce qu'elle cherche encore

🟠 Synthèse éditoriale – données indirectes ou hétérogènes

Les micro-thrombi sont une piste documentée du Covid long, mais leur diagnostic et leur traitement de routine restent en cours d'exploration.

🟢 Établi

  • Des micro-thrombi à structure fibrino-amyloïde sont présents chez les patients Covid long
  • Un fragment amyloïde de la protéine spike confère aux caillots de fibrine une résistance marquée à la plasmine (in vitro)
  • Les bilans de coagulation standards (D-dimères, TP, TCA) ne détectent pas cette coagulopathie
  • Les oméga-3 ont des propriétés anti-agrégantes et anti-inflammatoires vasculaires documentées

🟠 En cours d'exploration

  • Le lien entre la protéine spike, les récepteurs ACE2, la dysfonction endothéliale et une cascade de coagulation anormale (hypothèse non démontrée par les études de microcaillots)
  • La proportion exacte de patients Covid long concernés par ce mécanisme
  • L'efficacité clinique des enzymes fibrinolytiques (nattokinase, lumbrokinase) dans le Covid long
  • Le rôle du Pycnogénol sur le flux capillaire (essai pilote prometteur, confirmation nécessaire)
  • La corrélation entre charge en micro-thrombi et sévérité des symptômes
  • Le rôle de la NETose (activation neutrophiles → ADN libre → lésion endothéliale) comme bras mécanistique indépendant : premier signal fort chez l'enfant et le jeune adulte (Steifman 2026)
  • Les protocoles diagnostiques reproductibles en routine clinique

Ce qu'il faut retenir

Les structures fibrino-amyloïdes détectées chez certaines personnes avec un Covid long constituent une piste de recherche active pour expliquer une partie de la persistance des symptômes. Leur résistance aux mécanismes fibrinolytiques naturels et leur invisibilité aux bilans standards pourraient expliquer pourquoi certaines personnes s'entendent dire que « tout est normal » malgré des symptômes réels. La recherche avance et les outils diagnostiques progressent, mais le lien causal avec les symptômes, la spécificité au Covid long et l'utilité clinique d'un dépistage restent à démontrer. Vos symptômes sont réels, même quand les bilans standards ne les expliquent pas.

🎯 À retenir en pratique

Un bilan standard normal n'exclut pas les hypothèses microcirculatoires, mais il ne justifie pas non plus de s'auto-traiter avec anticoagulants, antiagrégants ou enzymes fibrinolytiques. Le risque hémorragique et les interactions sont réels.

La démarche utile consiste à documenter PEM, essoufflement, douleurs, signes vasculaires, traitements en cours, antécédents thromboemboliques et facteurs de risque, puis à discuter avec un médecin des examens pertinents et du niveau de preuve réel des pistes envisagées.

Questions fréquentes

Les micro-caillots du Covid long sont-ils détectables par une prise de sang classique ?

Pas avec les analyses habituelles. Les bilans de coagulation classiques (D-dimères, TP, TCA) ne recherchent pas directement les structures fibrino-amyloïdes décrites dans les études et restent souvent normaux dans le Covid long. Les méthodes de fluorescence ou d'imagerie utilisées en recherche restent des outils de recherche et ne constituent pas actuellement un test diagnostique de routine validé.[1]

La nattokinase peut-elle remplacer un anticoagulant ?

Non. La nattokinase possède une activité fibrinolytique documentée in vitro, mais elle n'a pas fait l'objet d'essais cliniques contrôlés suffisants pour être considérée comme un traitement anticoagulant. Elle ne doit jamais être utilisée en remplacement d'un anticoagulant prescrit, et son association avec des anticoagulants ou antiagrégants expose à un risque hémorragique.[8]

Pourquoi mes symptômes persistent-ils si mes bilans sont normaux ?

Un bilan standard normal n'exclut pas un Covid long et ne teste pas l'ensemble des mécanismes actuellement étudiés. Les anomalies microvasculaires et fibrino-amyloïdes font partie de ces pistes, mais leur présence ne peut pas être déduite de symptômes persistants ni de bilans usuels normaux.[2]

Les oméga-3 suffisent-ils pour traiter les micro-thrombi ?

Les oméga-3 (EPA/DHA) ont des effets biologiques connus sur les membranes, les médiateurs lipidiques et l'agrégation plaquettaire, mais aucun essai n'a démontré qu'ils préviennent ou traitent les structures fibrino-amyloïdes du Covid long. Un petit essai pilote randomisé n'a pas montré d'amélioration significative des symptômes.

La triple thérapie anticoagulante peut-elle dissoudre les micro-caillots du Covid long ?

Le protocole associant deux antiagrégants et un anticoagulant, popularisé à partir des travaux de l'équipe de Pretorius, repose sur un modèle mécanistique sérieux[9] mais n'a jamais démontré son efficacité dans un essai clinique randomisé. Les recommandations internationales de l'ISTH portant sur le Covid aigu (hospitalisation, réanimation, vaccination) déconseillent l'ajout d'un antiagrégant en dehors d'une indication établie, en raison d'un risque hémorragique majeur sans bénéfice prouvé ; ces recommandations ne portent pas sur le Covid long et ne peuvent pas y être transposées directement.[11]

Ces médicaments exposent à des saignements graves et ne doivent jamais être pris en automédication : toute démarche anticoagulante relève d'une prescription médicale individualisée.

Les micro-caillots du Covid long disparaissent-ils avec le temps ?

On ne dispose pas encore de données solides sur leur évolution naturelle. Chez une partie des personnes, les symptômes s'atténuent progressivement sur plusieurs mois, mais aucun marqueur de routine ne permet de suivre la résorption des micro-thrombi. Surtout, aucun traitement n'a démontré qu'il accélère cette résolution : les essais récents ciblant l'inflammation (colchicine)[10] ou l'épuration plasmatique (échange plasmatique)[12] n'ont pas amélioré les symptômes du Covid long : voir notre bilan détaillé de l'échange plasmatique, de l'immunoadsorption, de l'EECP et de l'oxygénothérapie hyperbare pour le détail des essais randomisés publiés à ce jour.

Les approches au bénéfice le mieux documenté restent la gestion de l'effort (pacing) et la réhabilitation adaptée.

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Sources

  1. Pretorius E, et al. Persistent clotting protein pathology in Long COVID/Post-Acute Sequelae of COVID-19 (PASC) is accompanied by increased levels of antiplasmin. Cardiovasc Diabetol. 2021;20:172. PMID : 34425843
  2. Nicolai L, et al. Thromboinflammation in long COVID : the elusive key to postinfection sequelae? J Thromb Haemost. 2023;21(8):2020-2031. PMID : 37178769
  3. Patterson BK, et al. Persistence of SARS CoV-2 S1 Protein in CD16+ Monocytes in Post-Acute Sequelae of COVID-19 (PASC) up to 15 Months Post-Infection. Front Immunol. 2021;12:746021. PMID : 35082777
  4. Belcaro G, et al. Preventive effects of Pycnogenol® on cardiovascular risk factors (including endothelial function) and microcirculation in subjects recovering from coronavirus disease 2019 (COVID-19). Minerva Med. 2022;113(2):300-308. PMID : 34060731
  5. Westman H, Hammarström P, Nyström S. SARS-CoV-2 Spike Protein Amyloid Fibrils Impair Fibrin Formation and Fibrinolysis. Biochemistry. 2025;64(24):4818-4829. PMID : 41295749
  6. Steifman CB, et al. Endovascular profiles linked to neutrophil activation in children and young adults with long COVID. Pediatr Res. 2026. PMID : 42020802
  7. Rasouli R, Hartl B, Konecky SD. Investigation of the synergistic effect of enzymatic and Ultrasound-Induced amyloid microclot degradation. J Thromb Thrombolysis. 2025;59(3):764-772. PMID : 41405757
  8. Pretorius E, Venter C, Nunes M, Thierry AR, Kell DB. Surface cues shape procoagulant properties of amyloidogenic microclots. Cell Death Dis. 2026. PMID : 42230554 : Mise à jour 2026 du modèle des complexes fibrinaloïdes microclots.
  9. Bassi A, et al. Effectiveness of Colchicine for the Treatment of Long COVID: A Randomized Clinical Trial. JAMA Intern Med. 2025;185(12):1462-1470. PMID : 41114999 : Essai randomisé négatif : pas d'amélioration fonctionnelle ni des marqueurs inflammatoires.
  10. Schulman S, et al. 2023 ISTH update of the 2022 ISTH guidelines for antithrombotic treatment in COVID-19. J Thromb Haemost. 2024;22(6):1779-1797. PMID : 38503600 : Recommandation contre l'ajout d'un antiagrégant chez les patients hospitalisés non critiques pour Covid-19 aigu : l'indication ne couvre pas le Covid long.
  11. España-Cueto S, et al. Plasma exchange therapy for the post COVID-19 condition: a phase II, double-blind, placebo-controlled, randomized trial. Nat Commun. 2025. PMID : 39994269 : Échange plasmatique sans bénéfice clinique démontré.