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Fibromyalgie, EM/SFC et Covid long : trois diagnostics, des mécanismes communs

Diagramme des mécanismes biologiques partagés entre fibromyalgie, EM/SFC et Covid long

L'article en 1 minute

Fibromyalgie, EM/SFC et Covid long présentent des chevauchements cliniques importants : une méta-analyse de 2024 estime qu'environ la moitié des personnes avec Covid long remplissent aussi des critères d'EM/SFC, et une méta-analyse de 2022 retrouve un chevauchement d'environ 47 % entre fibromyalgie et EM/SFC (avec une forte hétérogénéité entre études). Le diagnostic est souvent tardif dans les deux conditions.

Plusieurs voies sont étudiées dans les trois conditions (dysautonomie, traitement de la douleur, anomalies neuro-immunes ou vasculaires), mais leur fréquence et leur rôle causal diffèrent selon les sous-groupes. Le malaise post-effort est cardinal dans l'EM/SFC, la douleur diffuse chronique est au premier plan dans la fibromyalgie, et une infection préalable par SARS-CoV-2 est définitionnelle du Covid long : les diagnostics peuvent se chevaucher sans se confondre.

Partager des symptômes ou certaines anomalies biologiques ne prouve pas qu'il s'agit d'une seule maladie ni d'un mécanisme unique : certaines convergences reposent sur des modèles animaux ou des études d'imagerie de petite taille, et les frontières entre ces trois conditions restent un sujet de débat scientifique actif.

À retenir : des mécanismes communs, pas une maladie unique. Séparer ce qui domine chez vous aide à préparer la consultation en gardant les diagnostics différentiels ouverts.

Lecture simplifiée (masquer les détails mécanistiques)
Introduction Fibromyalgie, encéphalomyélite myalgique (EM/SFC) et Covid long : trois noms, trois parcours diagnostiques différents, mais un nombre croissant de mécanismes biologiques partagés. Cet article explore les convergences et les distinctions que la recherche récente met en lumière. Pour une vue d'ensemble sur la fibromyalgie, voir notre article complet.

Un chevauchement clinique important, sans identité démontrée

🟠 Chevauchement clinique bien documenté, mécanismes communs encore discutés

Le chevauchement est important : une méta-analyse de 2024 (13 études, 1 973 patients) retrouve qu'environ la moitié des personnes atteintes de Covid long remplissent les critères diagnostiques de l'EM/SFC (51 %, IC95 % 42-60)[17], une proportion qui dépend toutefois du recrutement et des définitions utilisées. Une méta-analyse de 2022 (21 publications) retrouve un chevauchement d'environ 47 % entre fibromyalgie et EM/SFC (IC95 % 45,97-48,63), avec une hétérogénéité très élevée entre études (I² = 98 %) et majoritairement les anciens critères de fibromyalgie[15].

Une proportion significative des personnes vivant avec un Covid long développe par ailleurs un syndrome douloureux diffus compatible avec une fibromyalgie.

Ces chevauchements sont trop importants pour être ignorés, mais ils ne démontrent pas que les trois diagnostics correspondent à une seule maladie. Plusieurs voies biologiques (autonomiques, nociceptives, immunitaires ou vasculaires) sont étudiées dans les trois conditions, avec des niveaux de preuve différents. Le point robuste est donc la convergence de certains phénotypes ; l'existence d'un mécanisme causal unique reste une hypothèse.

Fibromyalgie Douleur diffuse Points sensibles EM/SFC PEM Fatigue invalidante Covid long Déclencheur viral Convergences étudiées dysautonomie · nociception · neuro-immunité

Figure 1 – Les trois diagnostics peuvent partager certains phénotypes cliniques et certaines anomalies biologiques. L'intensité et la fréquence de ces convergences varient selon les sous-groupes et ne démontrent pas une physiopathologie unique.

Des chevauchements cliniques importants, pas une seule et même maladie.

Neuroinflammation : des signaux neuro-immuns encore difficiles à interpréter

🟠 Hypothèse documentée — imagerie PET et modèles animaux
En bref : plusieurs études suggèrent une activation neuro-immune dans certains sous-groupes de fibromyalgie, d'EM/SFC ou de Covid long. L'imagerie TSPO peut détecter un signal glial/inflammatoire, mais elle ne permet pas d'attribuer ce signal spécifiquement à la microglie ni de conclure qu'elle reste activée en permanence. Le rôle causal de ces anomalies dans la fatigue, le brouillard cognitif ou l'hypersensibilité reste à établir.

Au centre du système nerveux, les cellules microgliales jouent le rôle de sentinelles immunitaires. Des études expérimentales et quelques études d'imagerie suggèrent qu'une activation neuro-immune pourrait contribuer à certains symptômes dans ces maladies, avec libération possible de cytokines pro-inflammatoires (IL-1β, TNF-α, IL-6). Une étude sur un modèle de microglie humaine a montré que la protéine Spike du SARS-CoV-2 active l'inflammasome NLRP3[3] : ce résultat expérimental documente un mécanisme possible, mais ne démontre pas à lui seul une microglie « primée » chez des patients atteints de fibromyalgie, d'EM/SFC et de Covid long.

Dans la fibromyalgie, une TEP au 11C-PBR28 a montré une augmentation du signal TSPO dans le thalamus et le cortex cingulaire[4]. Un signal TSPO accru a également été rapporté dans une petite cohorte de Covid long (12 patients contre 43 témoins)[14]. Pour l'EM/SFC, les données d'imagerie restent limitées.

Toutefois, TSPO n'est pas un marqueur spécifique de la microglie : il est aussi exprimé par les astrocytes et, de façon constitutive, par les cellules endothéliales. Une hausse du signal doit donc être décrite comme un signal TSPO compatible avec une activation gliale ou neuro-immune, pas comme la preuve directe que « la microglie reste activée ».

Ces résultats soutiennent une piste neuro-immune, pas encore un mécanisme commun démontré entre les trois conditions.

Une piste commune possible, mais pas encore un mécanisme unifié démontré.

La sensibilisation centrale : quand le volume reste bloqué au maximum

🟠 Données convergentes – robustes en fibromyalgie, plus limitées dans l'EM/SFC et le post-Covid
En bref : le système nerveux amplifie les signaux de douleur et les stimuli sensoriels. Un contact léger devient douloureux, un bruit modéré insupportable. Ce n'est pas « dans la tête » : c'est un dérèglement mesurable des circuits de la douleur.

La sensibilisation centrale désigne un état dans lequel les neurones de la moelle épinière et du cerveau amplifient les signaux nociceptifs, abaissant les seuils de douleur (hyperalgésie) et transformant des stimuli normalement indolores en douleur (allodynie). Les tests quantitatifs sensoriels (QST) documentent systématiquement ce phénomène dans la fibromyalgie[5].

Dans l'EM/SFC, l'hypothèse d'une sensibilisation centrale est ancienne mais les données sont moins homogènes qu'en fibromyalgie : la revue de Meeus et Nijs (2007) proposait déjà cette hypothèse alors que les preuves directes étaient, selon ses propres termes, encore insuffisantes ; elle ne constitue pas une démonstration expérimentale[12]. Des études plus récentes ont retrouvé des anomalies nociceptives dans certains groupes, sans permettre d'en faire un mécanisme universel de l'EM/SFC.

Dans le Covid long, les symptômes associés à la sensibilisation centrale sont fréquents et s'articulent avec le phénotype neuropathique et les facteurs psychologiques[7] PMID 35885444. Les mesures psychophysiques objectives (seuils de pression, sommation temporelle, modulation conditionnée de la douleur) sont en revanche moins concordantes que les questionnaires[13] PMID 36675590 : la sensibilisation est mieux documentée comme symptôme rapporté que comme mesure instrumentale.

Signal normal Toucher, pression SNC sensibilisé Réponses amplifiées Seuils abaissés Filtres défaillants Inhibition descendante ↓ Douleur amplifiée Allodynie Hyperalgésie

Figure 2 — La sensibilisation centrale amplifie les signaux normaux en douleur disproportionnée par défaillance des filtres inhibiteurs.

La conséquence clinique est directe : la douleur est réelle et mesurable, même en l'absence de lésion tissulaire périphérique identifiable. Dans la fibromyalgie, plusieurs travaux retrouvent une altération des contrôles inhibiteurs diffus nociceptifs (CIDN), normalement responsables du filtrage « descendant » des signaux douloureux[5]. Des anomalies apparentées ont été étudiées dans l'EM/SFC et le post-Covid, mais les résultats sont moins homogènes et doivent être sourcés séparément.

La douleur est réelle. Elle est mesurable. Et elle ne se situe pas « dans la tête », mais dans un système nerveux dont les filtres ont cessé de fonctionner.

La dysautonomie : un système nerveux autonome déréglé

🟢 Dysfonction autonome documentée dans des sous-groupes – phénotypes et fréquences variables
En bref : le système nerveux qui régule automatiquement le rythme cardiaque, la pression artérielle et la digestion dysfonctionne. Résultat : tachycardie au lever, vertiges, fatigue au moindre effort, troubles digestifs.

Le système nerveux autonome (SNA) contrôle les fonctions que l'on ne commande pas consciemment : fréquence cardiaque, pression artérielle, thermorégulation, digestion. Dans les trois conditions, ce système est déréglé, avec un déséquilibre sympathique/parasympathique objectivable par la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) et le tilt test[8].

Les évaluations autonomiques dans le Covid long montrent des anomalies objectivables chez une partie des patients : intolérance orthostatique, réponse au tilt test pathologique et critères de POTS remplis chez une minorité, 3 personnes sur 14 dans une petite série de tests autonomiques[8]. Cette série ne peut, à elle seule, ni porter une prévalence générale ni démontrer un même dérèglement autonome dans les trois conditions. Des anomalies du système nerveux autonome sont décrites dans les trois conditions, mais leur nature et leur fréquence varient fortement selon les critères et les méthodes.

Dans le Covid long et l'EM/SFC, l'intolérance orthostatique est fréquente et certains patients remplissent les critères de POTS ou d'hypotension orthostatique. Dans la fibromyalgie, des anomalies autonomiques sont également rapportées, sans que cela signifie qu'un POTS soit présent chez tous les patients ni même chez une proportion précisément établie : les chiffres de prévalence circulant pour chaque condition manquent aujourd'hui de sources adaptées et ne sont pas repris ici.

Le tilt test et les mesures de fréquence cardiaque documentent des phénotypes particuliers ; ils ne démontrent pas un même dérèglement autonome dans les trois maladies. Le sous-diagnostic reste considérable, car le tilt test n'est pas systématiquement réalisé. Lorsqu'il s'accompagne d'une signature noradrénergique marquée, on parle de POTS hyperadrénergique.

Dysautonomie ne veut pas dire diagnostic unique : les mêmes symptômes orthostatiques peuvent recouvrir plusieurs phénotypes physiologiques.

Le déclencheur post-infectieux : un terrain, une étincelle

🟠 Hypothèse documentée — cohortes prospectives et données épidémiologiques

L'EM/SFC est depuis longtemps reconnue comme une maladie fréquemment déclenchée par une infection : virus d'Epstein-Barr (EBV), entérovirus, Ross River virus, Coxiella burnetii. Le SARS-CoV-2 s'inscrit dans cette lignée, avec une particularité : l'ampleur de la pandémie a rendu visible un phénomène jusqu'alors sous-estimé[1].

Li et al. (2021) ont objectivé, par IRM de perfusion (ASL pseudo-continue), une réduction significative du débit sanguin cérébral dans les régions limbiques (cortex cingulaire antérieur, putamen, pallidum) chez 31 patients EM/SFC comparés à 48 contrôles sains[9].

L'hypoperfusion du cortex cingulaire antérieur corrélait avec le score de sévérité global des symptômes, ce qui renforce l'intérêt pour les mécanismes vasculaires et de perfusion dans l'EM/SFC : un biomarqueur de recherche, non validé pour le diagnostic individuel. Cette étude, menée sur l'EM/SFC, ne permet toutefois pas, à elle seule, de conclure à un mécanisme vasculaire commun avec le Covid long.

Facteurs étudiés Génétique, comorbidités Hypermobilité / EDS Sexe, âge (selon condition) Stress chronique / trauma État immunitaire préalable + Déclencheur possible SARS-CoV-2 EBV / Entérovirus Chirurgie / Trauma Phénotype possible Fibromyalgie EM/SFC Covid long

Figure 3 – Facteurs associés ou étudiés autour de la chronicisation. Les facteurs représentés n'ont pas le même niveau de preuve et ne constituent pas une chaîne causale démontrée ; certains ne concernent que des sous-groupes.

Pour la fibromyalgie, le déclencheur rapporté n'est pas toujours infectieux : un traumatisme physique, un stress psychologique majeur ou une chirurgie sont aussi décrits. Plusieurs facteurs de susceptibilité sont étudiés, mais aucun « terrain » unique n'est démontré. Une infection peut précéder une EM/SFC et, par définition, un Covid long survient après une infection à SARS-CoV-2 ; pour la fibromyalgie, les facteurs déclenchants rapportés sont plus variés. Le passage de l'événement initial à la chronicité reste multifactoriel et incomplètement élucidé.

Des frontières diagnostiques poreuses ne signifient pas une maladie unique : elles indiquent surtout où la recherche doit comparer les mécanismes avec plus de précision.

Le sous-diagnostic : un problème systémique

🟢 Fait établi — données épidémiologiques internationales

Le délai diagnostique moyen dépasse 5 ans pour la fibromyalgie et 7 ans pour l'EM/SFC. Pour le Covid long, l'absence de critères diagnostiques universellement acceptés complique encore la situation ; pour l'EM/SFC, un consensus d'experts européens détaille les critères diagnostiques et le parcours de soins recommandés, sans qu'il soit uniformément appliqué en pratique[2]. Ces retards ne sont pas anodins : ils prolongent l'errance médicale, aggravent le déconditionnement et retardent la mise en place de stratégies de gestion adaptées[10].

Plusieurs facteurs entretiennent ce sous-diagnostic : l'absence de biomarqueur sanguin de routine, le chevauchement symptomatique qui brouille les frontières diagnostiques, une formation médicale insuffisante sur ces pathologies, et la persistance d'un biais psychosomatique qui attribue les symptômes à une cause exclusivement psychologique.

Le chevauchement entre les trois conditions amplifie le problème : un patient fibromyalgique qui développe un PEM peut avoir une EM/SFC non diagnostiquée. Un patient « Covid long » avec douleurs diffuses peut avoir une fibromyalgie non identifiée. Sans recherche active des critères de chaque condition, le diagnostic reste incomplet.

📖 Les chiffres du sous-diagnostic : Fibromyalgie et EM/SFC : les chiffres du sous-diagnostic
Sept ans d'errance en moyenne. Ce n'est pas un problème de patient. C'est un problème de système.

Ce qui distingue chaque condition

🟢 Fait établi — critères diagnostiques internationaux

Malgré les mécanismes partagés, les trois conditions ne sont pas interchangeables. Chacune possède un marqueur clinique cardinal qui la distingue des deux autres :

Critère Fibromyalgie EM/SFC Covid long Signe cardinal Douleur diffuse chronique (≥ 3 mois) Malaise post-effort (PEM) Symptômes persistants > 3 mois post-COVID Fatigue Fréquente (non cardinale) Cardinale (invalidante, non récupérable) Très fréquente (profil variable) Douleur Cardinale (≥ 4 régions sur 5) Variable (myalgies, céphalées) Variable (myalgies, arthralgies) Brouillard mental Fréquent Fréquent Très fréquent (profil spécifique) Déclencheur Variable (stress, trauma, infection) Souvent post-infectieux SARS-CoV-2 (définitionnel)

Figure 4 — Tableau comparatif des critères distinctifs entre fibromyalgie, EM/SFC et Covid long.

Le malaise post-effort (PEM) est un critère cardinal de l'EM/SFC : cette aggravation disproportionnée des symptômes, typiquement 12 à 48 heures après un effort physique, cognitif ou émotionnel, avec une cinétique par ailleurs variable, est décrite par les critères de l'IOM[10].

Le PEM existe aussi dans le Covid long, mais sa fréquence dépend fortement du recrutement et de la méthode de mesure : une méta-analyse de 2025 l'estime à environ 25 % dans les cohortes communautaires répondant aux critères de PCC, contre environ 64 % dans les cliniques spécialisées[16]. Dans la fibromyalgie, le PEM n'est pas un critère définitionnel ; sa présence nette et reproductible doit faire envisager un chevauchement avec une EM/SFC.

Le brouillard cognitif touche les trois conditions, mais avec des profils distincts. Azcue et al. (2022) ont comparé directement les profils cognitifs de 42 patients EM/SFC et 73 patients post-Covid : les deux groupes présentaient une symptomatologie cognitive similaire, avec un déficit plus marqué dans l'EM/SFC, portant principalement sur la mémoire épisodique, la vitesse de traitement et la mémoire de travail[6].

📖 Approfondir les mécanismes de la douleur : Fibromyalgie : comprendre les mécanismes de la douleur chronique
Limites épistémiques de cet article

Ce qui est solide, c'est le chevauchement clinique et mécanistique ; ce qui reste discuté, c'est la causalité exacte. Cet article synthétise des données issues de revues systématiques, de méta-analyses et d'essais contrôlés récents. Certaines convergences reposent sur des modèles animaux ou des études d'imagerie de petite taille. Des associations cohérentes ne sont pas des preuves causales. Les frontières entre ces trois conditions restent un sujet de débat scientifique actif.

En résumé

Ces trois diagnostics se chevauchent, mais ils ne peuvent pas être réduits à un même dérèglement. Les données les plus robustes portent sur certaines convergences cliniques : fatigue, troubles cognitifs, douleur et manifestations autonomiques peuvent coexister, et une proportion importante de patients remplit les critères de plusieurs syndromes. Des anomalies du traitement nociceptif, du système nerveux autonome, de la perfusion ou de la signalisation neuro-immune sont également étudiées, mais leur fréquence, leur spécificité et leur rôle causal restent variables.

Le malaise post-effort est un critère cardinal de l'encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique (EM/SFC) ; la douleur diffuse chronique est centrale dans la fibromyalgie ; l'antécédent d'infection par SARS-CoV-2 est définitionnel du Covid long. Chez une même personne, ces cadres peuvent néanmoins se superposer. L'enjeu clinique n'est donc pas de les fusionner, mais d'identifier les phénotypes présents et de garder ouverts les diagnostics différentiels.

Dernière mise à jour : septembre 2026. Cet article sera révisé en fonction des nouvelles publications.

À retenir en pratique

Utilisez ces convergences pour mieux structurer vos observations, pas pour fusionner les diagnostics. Séparez clairement ce qui domine chez vous : douleur diffuse, malaise post-effort retardé, dysautonomie, brouillard cognitif, déclencheur infectieux ou fluctuations post-effort.

Un tableau de suivi sur plusieurs semaines aide à préparer la consultation : il permet de discuter fibromyalgie, EM/SFC, Covid long ou chevauchement, tout en gardant les diagnostics différentiels ouverts.

Trois noms, un même dérèglement. La biologie ne respecte pas les frontières diagnostiques — et c'est peut-être la meilleure nouvelle pour la recherche.

Questions fréquentes

La fibromyalgie et l'EM/SFC sont-elles la même maladie ?
Non. Bien qu'elles partagent des mécanismes biologiques, elles se distinguent par un marqueur clinique clé : le malaise post-effort (PEM), cardinal dans l'EM/SFC mais absent ou marginal dans la fibromyalgie pure. La douleur diffuse domine la fibromyalgie, tandis que la fatigue avec intolérance à l'effort définit l'EM/SFC.
Le Covid long peut-il déclencher une fibromyalgie ou une EM/SFC ?
Oui. Le SARS-CoV-2 peut déclencher les deux conditions chez des personnes prédisposées. Les études montrent que 30 à 50 % des personnes atteintes de Covid long remplissent les critères de l'EM/SFC, et qu'une proportion significative développe un tableau compatible avec la fibromyalgie.
Pourquoi ces conditions sont-elles sous-diagnostiquées ?
Absence de biomarqueur sanguin de routine, chevauchement symptomatique, formation médicale insuffisante et persistance d'un biais psychosomatique. Le délai diagnostique moyen dépasse 5 ans pour la fibromyalgie et 7 ans pour l'EM/SFC.

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Index PubMed des sources complémentaires : PMID 34484973.

Sources

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  2. Nacul LC, et al. European Network on Myalgic Encephalomyelitis/Chronic Fatigue Syndrome (EUROMENE): Expert Consensus on the Diagnosis, Service Provision and Care of People with ME/CFS in Europe. Medicina. 2021;57(5):510. DOI — PMID 34069603
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  12. Meeus M, Nijs J. Central sensitization: a biopsychosocial explanation for chronic widespread pain in patients with fibromyalgia and chronic fatigue syndrome. Clin Rheumatol. 2007;26(4):465–473. PMID: 17115100. DOI: 10.1007/s10067-006-0433-9
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