Du gluten à la zonuline : comprendre le débat sur la perméabilité intestinale
Quand on parle de gluten, on pense au blé. Mais le blé n'est qu'une pièce du puzzle. Derrière le terme générique se cache une famille de protéines de réserve céréalières — les prolamines — présentes dans le blé (gliadine), le seigle (sékaline), l'orge (hordéine), le maïs (zénine) et l'avoine (avénine). Depuis les travaux fondateurs d'Alessio Fasano sur la zonuline, on sait que ces protéines ne se limitent pas à la maladie cœliaque : elles activent un mécanisme d'ouverture des jonctions serrées intestinales qui concerne aussi les individus non cœliaques. Cet article fait le point sur ce que la biologie moléculaire nous apprend, et sur ce que cela pourrait impliquer pour la fibromyalgie, le POTS et les maladies auto-immunes. Le modèle présenté ici repose principalement sur les travaux du groupe Fasano, qui constituent la référence historique du domaine mais dont certaines extensions aux maladies systémiques restent débattues dans la communauté scientifique.