Fluvoxamine (Floxyfral) : histoire et profil distinct
La fluvoxamine (Floxyfral) est un ISRS ancien, moins connu que la fluoxétine, mais pharmacologiquement distinct. Elle combine l'inhibition du transporteur de la sérotonine (SERT), une forte affinité pour le récepteur sigma-1, et une inhibition importante du CYP1A2 et du CYP2C19. Ces éléments expliquent son intérêt scientifique, mais ne démontrent pas à eux seuls un effet clinique hors de ses indications autorisées.
Ce que vous allez comprendre
Inhibition SERT établie, forte liaison sigma-1 et profil CYP particulier : distinct ne veut pas dire cliniquement supérieur.
Première commercialisation européenne documentée en 1983 ; AMM française le 13 juin 1989 et commercialisation déclarée le 19 avril 1993.
CYP1A2 et CYP2C19 fortement inhibés ; IMAO, tizanidine et pimozide sont des associations contre-indiquées.
REVIVE-TOGETHER rapporte à J60 une différence moyenne de -0,43 sur la FSS, avec mécanisme non étudié et réplication nécessaire.
Vous prenez ou vous interrogez sur la fluvoxamine (Floxyfral), vous souhaitez comprendre en quoi elle diffère des autres antidépresseurs de la famille des ISRS, ou vous suivez la recherche sur le Covid long sans confondre hypothèse mécanistique et preuve clinique.
📊 Chiffres clés
📘 Glossaire des termes clés
- ISRS (Inhibiteur Sélectif de la Recapture de la Sérotonine) : classe de médicaments qui augmentent la disponibilité de la sérotonine dans la synapse
- SERT (Serotonin Transporter) : protéine membranaire qui récupère la sérotonine après libération ; cible commune des ISRS
- Récepteur sigma-1 : protéine chaperonne à l'interface réticulum endoplasmique / mitochondries ; plusieurs ISRS interagissent avec elle à des degrés variables
- CYP (Cytochrome P450) : famille d'enzymes hépatiques qui métabolisent la majorité des médicaments
- Demi-vie : temps nécessaire pour que la concentration d'un médicament diminue de moitié dans l'organisme
- Chaperonne : protéine qui aide d'autres protéines à se replier correctement et réduit le stress lié aux protéines mal conformées
- Réticulum endoplasmique (RE) : compartiment cellulaire impliqué dans la synthèse et le repliement des protéines
Deux trajectoires, un même nom de famille
🟢 Données historiques : pharmacologie documentéeLa fluvoxamine et la fluoxétine appartiennent à la même famille des ISRS, mais leurs histoires sont radicalement différentes. La fluoxétine (Prozac) est approuvée aux États-Unis par la FDA en 1987. Son lancement par Eli Lilly s'accompagne d'une médiatisation sans précédent : elle devient en quelques années un phénomène culturel autant que médical, symbole d'une nouvelle psychiatrie plus accessible, moins lourde en effets indésirables que les tricycliques.
La fluvoxamine, développée par Solvay Pharmaceuticals, suit une trajectoire inverse. Une première commercialisation européenne est documentée en 1983, avant même l'approbation américaine du Prozac. En France, la fiche BDPM de Floxyfral indique une AMM le 13 juin 1989 et une déclaration de commercialisation le 19 avril 1993.[13] Ses indications françaises actuelles sont l'épisode dépressif majeur et le trouble obsessionnel compulsif.
La fluvoxamine précède la fluoxétine en Europe ; TOGETHER concerne le Covid aigu en 2021, tandis que REVIVE-TOGETHER marque l'essai publié sur la fatigue du Covid long en 2026.
Cette discrétion s'explique aussi par un profil pharmacologique différent : la fluoxétine peut être perçue comme plus activatrice chez certaines personnes et possède une demi-vie très longue, liée notamment à son métabolite actif la norfluoxétine. La fluvoxamine a une demi-vie d'environ 13 à 15 heures après dose unique et 17 à 22 heures après administrations répétées, sans métabolite majeur pharmacologiquement actif. Sa pharmacocinétique devient non proportionnelle à doses répétées, surtout aux doses journalières plus élevées.[13]
Comment la fluvoxamine agit sur la sérotonine
🟢 Mécanisme établi : pharmacologie humaine documentéeLe mécanisme commun à tous les ISRS est le blocage du transporteur de la sérotonine, appelé SERT (pour Serotonin Transporter). Après qu'un neurone présynaptique a libéré de la sérotonine dans l'espace synaptique, le SERT récupère cette sérotonine pour la recycler à l'intérieur du neurone. Les ISRS bloquent ce transporteur, ce qui maintient la sérotonine plus longtemps dans la synapse et augmente sa disponibilité pour les récepteurs postsynaptiques. Ce mécanisme doit être distingué des précurseurs comme le 5-HTP : voir la comparaison pharmacologique entre 5-HTP, sérotonine et ISRS.
La fluvoxamine bloque le SERT avec une affinité élevée, comparable aux autres ISRS.[2] Ce blocage est son mécanisme pharmacologique initial dans la dépression et le TOC. L'effet thérapeutique différé ne résulte pas simplement d'une accumulation immédiate de sérotonine : il implique des adaptations des autorécepteurs, de la neurotransmission et des réseaux neuronaux. Les différences de ressenti entre ISRS existent, mais ne se résument pas à une opposition simple entre profil « pur », anxiolytique ou stimulant.
La fluvoxamine inhibe le SERT. Le schéma illustre l'effet pharmacologique initial ; l'effet clinique différé dépend ensuite d'adaptations neuronales plus lentes.
Une différence pharmacocinétique importante : la fluvoxamine n'a pas de métabolite actif majeur, contrairement à la fluoxétine dont le métabolite, la norfluoxétine, reste actif pendant plusieurs semaines. Sa demi-vie plus courte entraîne une baisse plus rapide des concentrations et une sensibilité plus importante aux oublis que la fluoxétine.
Les variations de tolérance à un médicament (qualité du sommeil, niveau d'énergie, fréquence cardiaque) ne s'évaluent pas sur une impression globale. Boussole vous permet de les suivre jour par jour, pour en parler avec précision à votre médecin.
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Récepteur sigma-1 : liaison établie, médiation clinique incertaine
🟢 Liaison/occupation établies · 🟠 effets fonctionnels surtout précliniques · 🔴 médiation clinique hypothétiqueLa fluvoxamine présente une forte affinité pour le récepteur sigma-1, ce qui contribue à son profil pharmacologique distinct. Ce récepteur est une protéine chaperonne localisée à l'interface entre le réticulum endoplasmique (RE) et les mitochondries, à une jonction appelée MAM (Mitochondria-Associated Membrane).[4] Son rôle est multiple : il participe au repliement des protéines, à la signalisation calcique entre organites et à certaines réponses au stress cellulaire.
Les travaux de liaison rapportent pour la fluvoxamine un Ki autour de 36 nM. L'ordre d'affinité généralement rapporté est prudent : fluvoxamine > sertraline > fluoxétine > escitalopram/citalopram >> paroxétine, avec des variations selon les modèles et les protocoles.[14] La sertraline possède donc aussi une forte affinité, avec un profil fonctionnel différent dans certains modèles. Plusieurs ISRS interagissent avec sigma-1 : l'affinité élevée de la fluvoxamine n'est pas une exclusivité absolue.
Le récepteur sigma-1, localisé à l'interface réticulum endoplasmique / mitochondrie, est une cible de liaison de la fluvoxamine. Les effets cliniques attribuables à cette liaison ne sont pas démontrés par ce schéma.
Des effets sur le stress du réticulum endoplasmique, certaines voies inflammatoires et les flux calciques ont été observés principalement dans des modèles précliniques.[3] Leur pertinence clinique reste incertaine. Une petite étude TEP humaine a montré une occupation des récepteurs sigma-1 après administration orale unique de fluvoxamine, ce qui établit l'accessibilité de la cible chez l'humain, mais pas la médiation d'un bénéfice psychiatrique, anti-inflammatoire ou Covid.[15]
L'affinité sigma-1 de la fluvoxamine (Ki ~36 nM) est un fait pharmacologique robuste, et l'occupation cérébrale a été observée en TEP dans une petite étude humaine. Ce niveau de preuve ne suffit pas à conclure que ses effets cliniques passent par sigma-1. Le donépézil, utilisé dans la maladie d'Alzheimer, et le dextrométhorphane ont aussi des interactions sigma-1, ce qui rappelle que cette cible dépasse la seule famille des ISRS.
À noter : l'escitalopram (Seroplex) et le citalopram possèdent également une affinité mesurable mais plus faible. La revue sur les agonistes sigma-1 souligne un intérêt neuropsychiatrique potentiel, pas une preuve de pertinence thérapeutique hors AMM pour la fluvoxamine.
Interactions médicamenteuses : la spécificité CYP
🟠 Point de vigilance clinique : données pharmacocinétiques établiesLa fluvoxamine est un inhibiteur puissant du CYP1A2 et du CYP2C19. Le RCP français précise aussi une inhibition à un degré moindre du CYP2C9, du CYP2D6 et du CYP3A4.[13] Cette combinaison explique une partie de son profil d'interactions : selon le médicament associé, l'exposition peut augmenter, ou au contraire l'activation d'une prodrogue peut diminuer.
Le profil d'inhibition CYP de la fluvoxamine est différent de celui de la fluoxétine, qui inhibe principalement le CYP2D6. Cette distinction est cliniquement importante : une personne qui tolère bien la fluoxétine peut rencontrer des interactions inattendues avec la fluvoxamine sur des médicaments qui ne posaient pas problème jusqu'alors.
Schéma simplifié : la fluvoxamine inhibe fortement CYP1A2 et CYP2C19, et dans une moindre mesure CYP2C9, CYP2D6 et CYP3A4. Les exemples ne constituent pas une liste exhaustive.
Le RCP français mentionne trois associations formellement contre-indiquées : IMAO, tizanidine et pimozide. D'autres associations ne sont pas automatiquement interdites, mais demandent une vérification professionnelle.
① Théophylline (asthme/BPCO) : substrat CYP1A2 à marge thérapeutique étroite : dosage à surveiller.
② Warfarine (anticoagulant) : interaction réelle, avec augmentation possible de l'exposition et du temps de prothrombine ; l'INR doit être surveillé, même si la S-warfarine dépend surtout du CYP2C9.
③ Clopidogrel : prodrogue activée notamment par CYP2C19 ; la fluvoxamine peut réduire sa bioactivation et son effet antiagrégant.
④ Clozapine / olanzapine : augmentation possible des concentrations, avec risque de toxicité dose-dépendante. L'agranulocytose de la clozapine n'est pas la conséquence directe de l'inhibition enzymatique.
Autres exemples à vérifier : antidépresseurs tricycliques, benzodiazépines métabolisées par oxydation, méthadone, caféine (dont la demi-vie peut être multipliée par plus de 10 sous fluvoxamine) et médicaments à marge thérapeutique étroite. Cette sélection reste volontairement lisible, pas exhaustive.
La mélatonine est principalement métabolisée par CYP1A2, avec une contribution possible de CYP2C19. La donnée souvent citée de forte interaction concerne une mélatonine exogène : dans une petite étude pharmacocinétique, 5 mg de mélatonine administrés par voie orale avec 50 mg de fluvoxamine ont entraîné une exposition environ 17 fois plus élevée pour l'aire sous la courbe et 12 fois plus élevée pour la concentration maximale.[16][19]
Sans mélatonine exogène, le signal existe mais il est plus modeste : une autre petite étude randomisée chez sept sujets sains a rapporté une aire sous la courbe de mélatonine sérique sur 20 heures multipliée par 2,8 après 50 mg de fluvoxamine, alors que le citalopram n'avait pas d'effet significatif. Le mécanisme reste attribué surtout à une moindre clairance hépatique, pas à une preuve d'augmentation de production, et l'effet clinique sur le sommeil à ces niveaux reste incertain.[20]
Le RCP européen de Circadin indique que l'association avec la fluvoxamine doit être évitée.[12] Ne pas associer ou ajuster la mélatonine sans vérification par le prescripteur ou le pharmacien. REVIVE-TOGETHER n'a mesuré ni la mélatonine, ni le sommeil comme médiateur, et ne démontre pas que ce mécanisme explique son résultat.
Effets indésirables : ce que les patients rapportent
🟢 Fait établi : données pharmacovigilance et essais cliniquesLa fluvoxamine partage les effets indésirables de classe des ISRS, avec des points de vigilance liés à son profil d'interactions. Les connaître permet d'anticiper les premières semaines de traitement sans attribuer ces effets à des particularités sigma-1 non démontrées.
① Troubles digestifs : les nausées sont souvent rapportées au début du traitement et peuvent diminuer au cours des deux premières semaines. Diarrhée, constipation ou vomissements peuvent aussi survenir, sans qu'il faille les qualifier automatiquement de « très fréquents » dans un résumé grand public. Ces nausées peuvent s'accompagner d'une baisse transitoire de l'appétit.
② Activation, agitation, akathisie : certains utilisateurs peuvent ressentir une agitation, une impatience motrice, une insomnie ou une majoration anxieuse au démarrage ou lors d'un changement de dose. Les idées suicidaires doivent être surveillées particulièrement en début de traitement et chez l'adulte jeune.
③ Dysfonctions sexuelles : comme tous les ISRS, la fluvoxamine peut induire une baisse de libido, des difficultés à l'orgasme ou une éjaculation retardée. Des troubles sexuels peuvent parfois persister après l'arrêt.
④ Syndrome de sevrage : à l'arrêt brutal, des symptômes de discontinuation peuvent apparaître (vertiges, sensations électriques, irritabilité, troubles du sommeil). Sa demi-vie relativement courte rend ce risque plus marqué qu'avec la fluoxétine. L'arrêt doit être progressif, adapté au patient, parfois sur plusieurs semaines ou mois.
⑤ Syndrome sérotoninergique et autres signaux rares : en cas d'association avec certains agents sérotoninergiques, un syndrome sérotoninergique peut associer modification de l'état mental, hyperactivité autonome et anomalies neuromusculaires. Les IMAO sont contre-indiqués. Le RCP mentionne aussi des situations demandant vigilance : manie ou hypomanie, convulsions, hyponatrémie/SIADH, risque hémorragique et glaucome par fermeture de l'angle chez les personnes prédisposées.[13]
Consulter rapidement en cas de : fièvre inexpliquée avec tremblements, confusion ou agitation intense ; saignements inhabituels ; idées suicidaires ; virage maniaque ou hypomaniaque ; convulsion ; baisse importante de vigilance ; douleur oculaire aiguë chez une personne à risque de glaucome. La fluvoxamine ne doit être utilisée pendant la grossesse que si l'état clinique maternel le justifie après évaluation médicale. L'allaitement est un sujet séparé : la fluvoxamine passe dans le lait et nécessite un avis médical.
Pourquoi la fluvoxamine revient sur le devant de la scène
🟠 Signaux cliniques hétérogènes · Covid long : REVIVE-TOGETHER positif mais à répliquerC'est la pandémie de Covid-19 qui a remis la fluvoxamine dans la discussion pharmacologique. Dans le Covid aigu précoce, l'essai randomisé TOGETHER a testé la fluvoxamine 100 mg deux fois par jour pendant 10 jours chez des adultes à haut risque.[6] Le résultat ne doit pas être résumé comme une simple baisse des hospitalisations : le critère de jugement était composite, associant observation aux urgences pendant plus de 6 heures ou transfert vers un hôpital, avec un RR de 0,68.
L'essai budésonide inhalé + fluvoxamine a évalué une combinaison : il ne permet pas d'attribuer tout l'effet observé à la fluvoxamine seule.[5] À l'inverse, ACTIV-6 a testé une dose de 100 mg deux fois par jour et n'a pas démontré d'amélioration du délai de récupération soutenue dans le Covid léger à modéré.[17] Les données du Covid aigu sont donc hétérogènes, et la fluvoxamine n'est pas un traitement standard recommandé ou approuvé du Covid.
Dans le Covid long, l'intérêt pour la fluvoxamine repose sur un signal clinique récent et sur plusieurs hypothèses biologiques : sigma-1, ASM/acide sphingomyélinase, plaquettes, sérotonine, sommeil ou mélatonine. REVIVE-TOGETHER ne départage pas ces mécanismes et ne mesure pas de biomarqueur mécanistique.
La revue de Hashimoto et al. synthétise des hypothèses mécanistiques sur la fluvoxamine dans le Covid, notamment sigma-1, inflammation et voies cellulaires.[1] Elle ne doit pas être lue comme une confirmation de pertinence thérapeutique. Bonnet et Juckel proposent une mise à jour de type scoping review, avec une date de recherche antérieure aux résultats complets de REVIVE-TOGETHER.[9]
L'essai : essai adaptatif, randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, mené au Brésil chez 399 adultes avec Covid long et fatigue persistante. La fluvoxamine était administrée à 100 mg deux fois par jour pendant 60 jours. Le critère de jugement principal était la Fatigue Severity Scale à J60.[7]
Le résultat : différence moyenne à J60 de -0,43 point, intervalle crédible à 95 % de -0,80 à -0,07, probabilité postérieure de supériorité 99,0 %. À J90, la différence moyenne était de -0,58, intervalle crédible -0,98 à -0,16. Un signal favorable sur la qualité de vie est rapporté, sans inventer de bénéfice spécifique sur l'humeur.
Les limites : un seul essai, un seul contexte géographique, amplitude moyenne modeste, mécanisme non étudié, absence de comparaison directe avec d'autres traitements et réplication indépendante nécessaire.
Ce que ça ne dit pas : REVIVE-TOGETHER ne prouve pas que sigma-1, la mélatonine, le sommeil, la sérotonine ou l'inflammation expliquent le résultat. La fluvoxamine n'a pas d'AMM française dans le Covid long.
D'autres interventions pharmacologiques ont été testées dans le Covid long avec des résultats variables, comme le rappelle aussi une revue vivante du BMJ.[11] L'essai COVID-OUT a suggéré que la metformine pouvait réduire l'incidence du Covid long lorsqu'elle était donnée précocement pendant l'infection aiguë, ce qui est une question différente du traitement d'un Covid long déjà installé.[8] La vortioxétine n'a pas démontré globalement un bénéfice robuste sur le critère cognitif principal dans l'analyse principale non ajustée ; les signaux dépendaient notamment d'ajustements ou de sous-groupes.[10] STIMULATE-ICP, publié en juillet 2026, rapporte des signaux modestes à 12 semaines pour certaines interventions, non durablement confirmés à 24 semaines, sans comparaison indirecte possible avec REVIVE-TOGETHER.[18]
Ce qui est établi : la fluvoxamine inhibe le SERT, se lie fortement au récepteur sigma-1 et occupe cette cible dans une petite étude TEP humaine. Son profil CYP est clairement distinct, avec inhibition forte de CYP1A2 et CYP2C19. REVIVE-TOGETHER rapporte un signal randomisé positif sur la fatigue du Covid long.
Ce qui reste ouvert : la médiation clinique par sigma-1, ASM/acide sphingomyélinase, plaquettes, mélatonine, sommeil ou humeur n'est pas démontrée. REVIVE-TOGETHER reste un seul essai dans un seul contexte géographique, avec un effet moyen modeste. Les données du Covid aigu sont hétérogènes, et la fluvoxamine n'est pas approuvée en France pour le Covid ou le Covid long.
Ce qu'il faut retenir
La fluvoxamine (Floxyfral) est un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS) ancien avec un profil pharmacologique distinct : inhibition du transporteur de la sérotonine (SERT), forte affinité sigma-1 et inhibition marquée du cytochrome P450 1A2 (CYP1A2)/CYP2C19. Ce profil justifie l'intérêt scientifique, mais il ne transforme pas les hypothèses mécanistiques en preuve clinique.
Son profil d'inhibition enzymatique est un point de vigilance clinique majeur : la fluvoxamine n'est pas interchangeable avec les autres ISRS d'un point de vue pharmacocinétique. Connaître ces différences permet surtout de mieux vérifier les interactions, notamment chez les personnes qui prennent plusieurs médicaments simultanément.
L'histoire pharmacologique d'une molécule ne s'écrit jamais en une seule fois.① Si vous prenez de la fluvoxamine. Informez votre pharmacien de tous vos médicaments, y compris la mélatonine, les médicaments en automédication et les compléments. Le profil CYP est à réévaluer à chaque nouvelle co-prescription.
② Si vous suivez la recherche sur le Covid long. REVIVE-TOGETHER (2026) montre un signal positif moyen sur la fatigue : résultat important, amplitude modeste, mécanisme non déterminé. Consultez l'analyse détaillée : Fluvoxamine et fatigue du Covid long : que dit l'essai REVIVE-TOGETHER ?
③ Si vous envisagez un changement d'antidépresseur. Discutez avec votre médecin des critères de choix entre ISRS, notamment si un profil moins inhibiteur des CYP est souhaitable dans votre situation médicamenteuse. Cette décision appartient à votre équipe soignante.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la fluvoxamine et la fluoxétine (Prozac) ?
Pourquoi le récepteur sigma-1 est-il important dans le mécanisme de la fluvoxamine ?
La fluvoxamine est-elle utilisée pour le Covid long ?
Quels médicaments sont concernés par les interactions avec la fluvoxamine ?
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Essayer gratuitementSources
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