NAC (N-acétylcystéine) : précurseur du glutathion, antioxydant et données cliniques
N-acetyl-L-cysteine · Acide aminé soufré · Précurseur GSH · CAS 616-91-1
Dérivé acétylé d'acide aminé soufré (L-cystéine) — thiol libre, précurseur du glutathion
Précurseur du glutathion (GSH), principal antioxydant intracellulaire ; mucolytique (rupture ponts disulfures) ; modulateur glutamatergique (système xc−)
Médicament mucolytique (BPCO) et antidote de référence du paracétamol ; usages hors AMM étudiés en psychiatrie, SOPK et insuffisance hépatique non paracétamol
Selon l'indication — il n'existe pas de dose de supplémentation générale (voir tableau Dosages)
- Rôle : la NAC (N-acétylcystéine) est le principal précurseur oral du glutathion, antioxydant intracellulaire majeur impliqué dans la détoxification, la protection mitochondriale et la modulation immunitaire.
- Statuts distincts : médicament mucolytique autorisé (BPCO, bronchite), antidote hospitalier de référence de l'intoxication au paracétamol, et usages hors AMM étudiés (psychiatrie, SOPK, insuffisance hépatique non paracétamol). Il n'existe pas de dose de « supplémentation générale » validée.
- Dose : variable selon l'indication, de ~600 mg/j (mucolytique) à 1000–3600 mg/j (essais psychiatriques), voir tableau Dosages.
- Précaution majeure : biodisponibilité orale faible (~10 %). Effets indésirables gastro-intestinaux dose-dépendants. Interaction avec la nitroglycérine et la carbamazépine.
- Niveau de preuve : variable indication par indication — solide pour l'antidote paracétamol, hétérogène en BPCO, modeste en psychiatrie, très faible en Covid long/EM-SFC/fibromyalgie.
La NAC (N-acétylcystéine) est un médicament dérivé thiolé de la L-cystéine, acide aminé soufré porteur d'un groupe thiol libre (-SH), utilisé depuis les années 1960 comme mucolytique et comme antidote de référence de l'intoxication au paracétamol. Elle fournit de la cystéine, substrat limitant de la synthèse du glutathion (GSH) — tripeptide (Glu-Cys-Gly) dont le pool de glutamate cellulaire a plusieurs origines, pas uniquement la glutamine. Ses effets cliniques ne peuvent pas être déduits de ce seul mécanisme : les résultats sont hétérogènes dans la BPCO, modestes et encore exploratoires en psychiatrie (inhibition de NF-κB, modulation glutamatergique surtout décrites en préclinique), et insuffisants pour recommander la NAC dans le vieillissement, le Covid long, l'EM/SFC ou la fibromyalgie.
Mécanisme biochimique
La NAC est déacétylée en L-cystéine, acide aminé limitant de la synthèse du glutathion (GSH) via la glutamate-cystéine ligase (GCL) puis la glutathion synthétase (GSS). Trois voies principales : (1) mucolyse directe par rupture des ponts disulfures du mucus — mécanisme établi, base de l'indication médicamenteuse ; (2) modulation glutamatergique via le système xc−, surtout documentée en modèles précliniques, dont la pertinence clinique en psychiatrie n'est pas démontrée chez l'humain ; (3) détoxification hépatique (restauration du GSH hépatique, neutralisation du NAPQI dans l'intoxication au paracétamol) — mécanisme établi, base de l'usage antidote. La protection mitochondriale par le GSH est surtout décrite dans des modèles expérimentaux.
- Précurseur du glutathion : la NAC est le donneur de cystéine le plus efficace par voie orale. La L-cystéine est l'acide aminé limitant de la synthèse du GSH (tripeptide Glu-Cys-Gly). Le glutathion est le principal système antioxydant intracellulaire, impliqué dans la détoxification des espèces réactives de l'oxygène (ROS) et des xénobiotiques. 25957927
- Mucolytique : le groupe thiol libre (-SH) de la NAC rompt les ponts disulfures des glycoprotéines du mucus bronchique (mucines), réduisant la viscosité des sécrétions. Indication historique et autorisée en pneumologie (bronchite, BPCO). Mécanisme établi, indépendant du niveau de preuve clinique sur les exacerbations (voir Données cliniques).
- Modulation glutamatergique : la NAC active le système xc− (antiporteur cystine/glutamate), augmentant le glutamate extrasynaptique qui active les récepteurs mGluR2/3 (autoinhibiteurs), réduisant en théorie la libération synaptique de glutamate. Mécanisme surtout soutenu par des modèles précliniques ; il ne démontre pas à lui seul une efficacité psychiatrique chez l'humain. 25957927
- Anti-inflammatoire : la NAC inhibe l'activation de NF-κB et de l'inflammasome NLRP3 dans des modèles in vitro et in vivo, réduisant la production de TNF-α, IL-6 et IL-1β. Ces travaux utilisent souvent des concentrations millimolaires difficilement comparables à l'exposition obtenue après une dose orale ; l'effet clinique correspondant n'est pas établi.
- Détoxification hépatique : la NAC est l'antidote de référence de l'intoxication au paracétamol (protocoles IV hospitaliers). Le paracétamol en surdosage génère un métabolite toxique (NAPQI) que le GSH hépatique neutralise ; la NAC restaure les stocks de GSH déplétés. Usage distinct de l'insuffisance hépatique aiguë non liée au paracétamol (voir Données cliniques).
- GlyNAC et vieillissement : la combinaison glycine + NAC (GlyNAC) apporte deux substrats de la synthèse du GSH. Un essai pilote randomisé de petite taille chez des sujets âgés (Kumar et al., 2023) montre une amélioration du GSH, du stress oxydatif, de la résistance à l'insuline et de la fonction mitochondriale — résultats prometteurs, non extrapolables à un effet anti-âge établi. 35975308
Données cliniques
- Jiang et al., 2021 : méta-analyse de 15 publications sur le traitement des exacerbations aiguës de BPCO déjà installées (amélioration symptomatique, VEMS), hétérogénéité très élevée (I² > 90 % sur plusieurs critères). Ne démontre pas une prévention à long terme des exacerbations. — MA 34237968
- Huang et al., 2023 : 9 essais randomisés, 1061 patients NAC vs 1076 placebo — aucune différence significative sur le nombre de patients sans exacerbation, le déclin du VEMS/CVF, la qualité de vie ou le glutathion. — MA 36927162
- Zhou et al., 2024 : essai randomisé en double aveugle, 968 patients BPCO légère à modérée, NAC 600 mg 2×/j pendant 2 ans — pas de réduction significative du taux annuel d'exacerbations (RR 0,90, IC 95 % 0,80–1,02, p=0,10) ni amélioration du VEMS. — RCT 39349461
- Méta-analyse 2026 (19 essais) : analyse plus récente et plus large, incluant les essais précédents — réduction significative du risque d'exacerbation avec la NAC (RR 0,80, IC 95 % 0,66–0,98), soit environ 20 % de réduction relative. Aucun effet indésirable grave rapporté. — MA 42072087
- GOLD 2026 : chez certains patients ne recevant pas de corticostéroïdes inhalés, un traitement régulier par NAC ou carbocystéine peut réduire les exacerbations et améliorer modérément l'état de santé ; la population cible reste imparfaitement définie. La Société thoracique canadienne (2023) recommande la NAC pour des populations spécifiques à haut risque d'exacerbations, en complément du traitement inhalé standard.
- Synthèse : les résultats sont hétérogènes selon les essais et les populations. Un bénéfice préventif est possible dans certains profils sous traitement prolongé, mais il n'est ni constant ni démontré dans toutes les formes de BPCO. La NAC ne remplace pas les traitements inhalés, le sevrage tabagique, la vaccination ni la réhabilitation respiratoire.
- Méta-analyse (5 RCTs, 2016) : NAC en adjuvant aux antidépresseurs → amélioration significative des scores de dépression (différence moyenne standardisée en faveur de la NAC). Taille d'effet modérée. — MA 27137430
- Méta-analyse actualisée (Peng et al., 2024) : 12 études, 904 patients, doses 1000–3000 mg/j — effet faible mais significatif (SMD −0,24, IC 95 % −0,44 à −0,05, I² 45 %). Populations psychiatriques hétérogènes (trouble bipolaire, EDM), NAC toujours administrée en complément du traitement habituel. — MA 39504621
- Méta-analyse en réseau des agents anti-inflammatoires (MDD, 2021) : parmi plusieurs agents anti-inflammatoires (AINS, corticostéroïdes, statines, NAC…), la NAC ressort favorablement sur le taux de rémission (SUCRA), mais avec de larges intervalles de confiance. — NMA 34276378
- La NAC n'a pas de place établie dans les recommandations usuelles de traitement de la dépression ; ces résultats ne justifient pas une auto-substitution au traitement prescrit.
- Kishi et al., 2023 : méta-analyse courte fondée sur un nombre limité d'essais, en adjuvant aux antipsychotiques. Signaux favorables sur les symptômes négatifs ou les scores totaux, généralement après plusieurs mois de traitement. Les essais utilisent des doses et durées variables (pas de dose standard établie). — MA 36330886
- Adjuvant expérimental : résultats prometteurs mais insuffisants pour une recommandation de routine ; ne remplace pas le traitement antipsychotique standard.
- Méta-analyse en réseau, Maiti et al., 2021 : selon l'approche bayésienne principale de cette analyse, aucun des agents mitochondriaux étudiés (dont la NAC) n'a montré de supériorité par rapport au placebo sur les scores de dépression bipolaire. Une analyse fréquentiste secondaire de la même publication suggère un signal en faveur de la NAC, mais cette divergence méthodologique et le faible nombre d'essais invitent à la prudence. — NMA 34751803
- Preuve classée très faible ou contradictoire selon la méthode d'analyse. La NAC n'est pas recommandée dans le trouble bipolaire en dehors d'une décision spécialisée.
- Antidote paracétamol : la NAC IV est le traitement de référence de l'intoxication au paracétamol, avec des protocoles adaptés au contexte toxicologique (voir Dosages). Données solides, pratique clinique standard.
- Amjad et al., 2022 : 5 études prospectives, 672 patients, insuffisance hépatique aiguë NON liée au paracétamol — amélioration de la survie sans transplantation, mais absence d'amélioration significative de la survie globale. Causes, stades et protocoles hétérogènes. — MA 35371352
- Walayat et al., 2021 : revue systématique et méta-analyse actualisée, incluant des études randomisées, prospectives et rétrospectives sur l'insuffisance hépatique aiguë non paracétamol. — MA 33654365
- Revue Cochrane, Siu et al., 2020 : seuls 2 essais randomisés inclus (183 adultes, 174 enfants), risque de biais élevé. Preuve jugée insuffisante sur la mortalité et la transplantation ; ne soutient pas un usage systématique chez l'adulte sur les seules données disponibles. — Cochrane 33294991
- Dans l'insuffisance hépatique aiguë non liée au paracétamol, la NAC IV peut être envisagée par les équipes spécialisées, notamment à certains stades précoces, mais la certitude reste faible et les recommandations ne sont pas uniformes. Cet usage hospitalier ne constitue pas une preuve générale d'« hépatoprotection » ni un argument pour une supplémentation chronique.
- Viña et al., 2025 : méta-analyse de 22 études, 2515 participantes, centrée sur les paramètres reproductifs et hormonaux. La NAC est associée à une augmentation significative de la progéstérone et de l'épaisseur endométriale, et à une augmentation de la LH par rapport à la metformine ; aucune différence significative n'est retrouvée sur l'estradiol, la SHBG ou la FSH. Hétérogénéité importante entre études. — MA 39861414
- Liu et al., 2023 (paramètres métaboliques) : 11 essais randomisés, 869 femmes — la NAC réduit significativement la glycémie à jeun (vs metformine et vs placebo) et le cholestérol total (vs placebo) ; pas de différence significative sur l'IMC, le poids, l'insulinémie à jeun, les triglycérides ou le LDL. — MA 37841396
- Données préliminaires et hétérogènes ; la NAC n'est pas un traitement de première intention du SOPK.
- Kow et al., 2025 : 10 essais randomisés, 1424 participants — réduction de la mortalité associée à la NAC (OR 0,49, IC 95 % 0,25–0,94), hétérogénéité I² 67 %, doses et voies très variables, 3 essais avec réserves méthodologiques. Signal possible nécessitant de grands essais confirmatoires. — MA 40728675
- Liu et al., 2024 : résultats opposés — pas de bénéfice significatif de la NAC sur la mortalité COVID-19. — MA 38318025
- Paraskevas et al., 2023 (pneumonie COVID-19) : pas de bénéfice significatif de la NAC sur la mortalité hospitalière (3 RCT + 5 études observationnelles) ; certitude de la preuve très faible, aucune recommandation clinique n'en découle actuellement. — MA 36627753
- Les divergences entre méta-analyses peuvent notamment résulter des critères d'inclusion, de la voie, de la dose, du moment d'administration et de la qualité des essais — ce lien n'est pas démontré, seulement plausible. Signal possible dans certaines méta-analyses du COVID aigu, mais résultats non stabilisés et absence de place thérapeutique standard. Ces données ne peuvent pas être extrapolées au Covid long.
- McClure et al., 2014 : revue narrative (non systématique) rapportant des données préliminaires encourageantes pour la NAC sur le craving (cannabis, cocaïne, tabac), via la restauration de l'homéostasie glutamatergique. Les essais varient selon la substance, l'âge, l'abstinence initiale et les interventions psychosociales associées ; les résultats ne peuvent pas être regroupés sous une conclusion commune entre substances. — revue narrative 24442756
- Bellone et al., 2025 : revue rétrospective de dossiers en gynécologie oncologique, 9 patientes (3 utilisatrices de NAC vs 6 témoins), sans randomisation ni questionnaire symptomatique validé, population très sélectionnée. Signal exploratoire, pas une preuve d'efficacité. — série de cas 39944180
- Une série clinique associant guanfacine et NAC existe pour le brouillard cognitif, mais l'absence de groupe témoin et le faible effectif empêchent d'isoler l'effet de la NAC. Un préprint de 2025 (non encore évalué par les pairs) décrit un essai de 63 patients recevant 600 mg 2×/j dès l'hospitalisation pour COVID puis pendant 6 mois (critère principal : questionnaire respiratoire SGRQ) — un traitement débuté en phase aiguë, pas un essai chez des patients recrutés pour un Covid long établi. Quelques séries très petites et un préprint suggèrent donc un signal possible sur certains symptômes post-COVID, mais aucune preuve robuste ne permet actuellement de recommander la NAC dans un Covid long établi.
- EM/SFC : l'essai NCT04542161 compare notamment 900 et 3600 mg/j avec mesure du glutathion cérébral (essai en cours, non recrutant). L'enregistrement d'un essai ne constitue pas un résultat clinique : aucun bénéfice symptomatique publié et confirmé à ce jour.
- Un essai pilote randomisé associant minocycline et NAC (NCT04594733, n=14) a été mené en cross-over ; l'association ne permet pas d'isoler l'effet propre de la NAC. Aucune preuve clinique publiée ne permet de recommander la NAC seule dans la fibromyalgie.
- Kumar et al., 2023 : essai pilote randomisé, 24 personnes âgées (12 GlyNAC vs 12 placebo) plus 12 adultes jeunes supplémentaires sans randomisation comparable, 16 semaines, dose expérimentale ~100 mg/kg/j de glycine ET ~100 mg/kg/j de NAC (soit ~7 g/j de chaque pour 70 kg). Amélioration du GSH, du stress oxydatif, de la dysfonction mitochondriale, de l'inflammation, de la résistance à l'insuline et de la fonction physique. Effectif très restreint, essai monocentrique, ne conclut pas à un effet anti-âge établi ni ne s'extrapole à de faibles doses ou à des adultes jeunes. — RCT 35975308
Dosages & Formes
| Forme | Biodisponibilité | Dose études | Tolérance | Contexte |
|---|---|---|---|---|
| NAC gélules / comprimés (mucolytique autorisé) | Faible — ~10 % (fort effet de premier passage hépatique) | ~600 mg/j, courte durée (selon la spécialité) | Bonne — nausées possibles | Traitement symptomatique des affections bronchiques ; limité à 8–10 jours sans avis médical |
| NAC gélules / effervescent (BPCO au long cours, hors automédication) | Faible — équivalente | 600–1200 mg/j dans les essais | Bonne — odeur soufrée | Efficacité hétérogène selon les essais (voir Données cliniques) ; ne remplace pas le traitement inhalé |
| NAC haute dose (psychiatrie, hors AMM) | Faible | ~1000–3600 mg/j selon les essais | EI GI dose-dépendants (nausées, ballonnements) | Adjuvant expérimental (dépression, schizophrénie), sous supervision médicale uniquement |
| GlyNAC (glycine + NAC, essai clinique) | Faible pour chaque composant | ~100 mg/kg/j de glycine ET ~100 mg/kg/j de NAC (essai Kumar 2023, soit ~7 g/j de chaque pour 70 kg) | Bonne tolérance rapportée dans l'essai pilote | Essai pilote vieillissement, effectif très restreint, non extrapolable à de faibles doses |
| NAC IV (usage hospitalier) | 100 % — voie intraveineuse | Protocoles IV hospitaliers adaptés au contexte toxicologique | Réactions anaphylactoïdes possibles, fréquence variable selon le protocole | Antidote paracétamol (référence) ; insuffisance hépatique aiguë non paracétamol (équipes spécialisées) |
La biodisponibilité orale de la NAC est faible (~10 %) en raison d'un fort effet de premier passage hépatique ; l'effet sur le GSH intracellulaire dépend du statut initial, du tissu et de la méthode de mesure, et n'est pas systématiquement garanti à toute dose. L'antidote paracétamol (protocoles IV hospitaliers) et le GlyNAC (~7 g/j de chaque composant dans l'essai Kumar 2023) utilisent des doses hors échelle de ce graphique — voir le tableau ci-dessus.
Mucolytique (usage médicamenteux autorisé) : selon la spécialité, généralement autour de 600 mg/j, sur une courte durée (8–10 jours sans avis médical). Prise possible pendant ou en dehors des repas.
BPCO au long cours (hors automédication) : 600–1200 mg/j dans les essais, avec des résultats hétérogènes selon les publications (voir Données cliniques) — à discuter avec le prescripteur, ne remplace pas le traitement inhalé.
Adjuvant psychiatrique (hors AMM) : ~1000–3600 mg/j selon les essais, en plusieurs prises, sous supervision médicale exclusivement. À considérer comme complément expérimental au traitement standard, jamais en remplacement.
À noter : l'odeur soufrée caractéristique et les nausées dose-dépendantes sont les principaux facteurs limitants de l'observance ; prendre avec un verre d'eau, éventuellement pendant un repas si inconfort à jeun.
Précautions & interactions
Information destinée à l'éducation, pas à remplacer un avis médical. En parler à votre médecin ou pharmacien avant toute supplémentation, notamment en présence de traitement médicamenteux.
- ① Hypersensibilité connue à la N-acétylcystéine ou à l'un des excipients.
- ② Enfant de moins de 2 ans pour les formes mucolytiques.
- ③ Excipients selon la spécialité : phenylcétonurie avec certaines formes contenant de l'aspartam ; vérifier la notice.
- ④ Nitroglycérine / dérivés nitrés : la NAC potentialise l'effet vasodilatateur et hypotenseur. Risque de céphalées sévères, d'hypotension et de vertiges. Surveillance si l'association est nécessaire.
- ⑤ Charbon actif : le charbon actif réduit l'absorption de la NAC orale. Espacer les prises de 2 heures minimum.
- ⑥ Antibiotiques (tétracyclines, aminosides, ampicilline) : une inactivation a surtout été observée in vitro lors du mélange direct. Le RCP recommande d'espacer la prise de 2 heures, par précaution.
- ⑦ Carbamazépine : baisse possible de sa concentration plasmatique, avec risque de perte de contrôle des crises.
- ⑧ Dosages biologiques : interférence possible avec certains dosages colorimétriques des salicylates et des cétones urinaires. Signaler la prise de NAC au laboratoire.
- ⑨ Asthme non contrôlé : surveillance recommandée, arrêt en cas de bronchospasme.
- ⑩ Ulcère gastroduodénal : précaution, notamment en cas d'ulcère actif ou d'antécédent.
- ⑪ Antitussifs : l'association avec un antitussif expose à un risque d'accumulation des sécrétions par inhibition du réflexe de toux.
- ⑫ Effets indésirables GI : nausées, vomissements, diarrhée, ballonnements — dose-dépendants. Odeur soufrée caractéristique (groupe thiol). Augmentation initiale possible du volume des sécrétions bronchiques ; prudence si l'expectoration est inefficace. Rares réactions cutanées graves imposant l'arrêt en cas de lésion cutanéo-muqueuse.
- ⑬ Excipients des formes effervescentes/sachets : teneur en sodium, aspartam, sorbitol, glucose ou lactose selon la spécialité — vérifier la notice.
- ⑭ Grossesse et allaitement : données de sécurité limitées en usage prolongé hors AMM. La NAC traverse le placenta. Évaluation au cas par cas avec le prescripteur.
- ⑮ NAC IV — réactions non IgE médiées : en contexte hospitalier, des réactions pseudo-allergiques immédiates (flush, urticaire, bronchospasme) sont décrites, avec une fréquence dépendant de la dose de charge, du protocole et de la définition utilisée. Ces réactions IV ne démontrent pas une activation mastocytaire chronique après prise orale.
Pourquoi certaines personnes tolèrent mal la NAC
⚠️ Prudence. La NAC est généralement bien tolérée. Quelques signaux de mauvaise tolérance sont décrits ; ils reposent sur des données limitées (RCP, signalements cliniques), et non sur des mécanismes individualisés validés.
Le RCP mentionne une influence possible sur le métabolisme de l'histamine lors d'un traitement prolongé chez les personnes présentant une intolérance à l'histamine : céphalées, rhinite vasomotrice ou prurit sont possibles. Ceci ne démontre pas que la NAC orale déstabilise les mastocytes ni qu'elle aggrave un syndrome d'activation mastocytaire (MCAS).
Nausées, ballonnements, éructations soufrées, diarrhée. Effet dose-dépendant, lié au groupe thiol (-SH). Atténué par la prise pendant un repas. Principale cause d'arrêt dans les études.
Rapportés cliniquement chez certains sujets, sans mécanisme validé ni étude formelle. À considérer comme des signalements individuels non spécifiques.
Possibles, notamment en association avec des dérivés nitrés (voir Précautions & interactions). Débuter à dose basse et augmenter progressivement est une précaution raisonnable en cas de sensibilité connue.
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Essayer l'app gratuitement- Médicament aux usages multiples : la NAC fournit de la cystéine, substrat de la synthèse du glutathion, mais ses effets cliniques ne se déduisent pas de ce seul mécanisme. Le niveau de preuve doit s'évaluer indication par indication, pas globalement.
- Solide : antidote de référence de l'intoxication au paracétamol (pratique hospitalière standard) ; mucolytique autorisé sur le mécanisme, sans préjuger de son effet sur les exacerbations de BPCO.
- BPCO : résultats hétérogènes selon les essais (Huang 2023 et Zhou 2024 négatifs ; méta-analyse 2026 positive sur 19 essais). Un bénéfice préventif est possible dans certains profils, sans être constant. Ne remplace pas le traitement inhalé.
- Psychiatrie : signal positif modeste en adjuvant (dépression, schizophrénie), tailles d'effet faibles, hétérogénéité inter-études. Contredit dans le trouble bipolaire (approche bayésienne principale : aucune supériorité au placebo). Ne remplace jamais le traitement standard.
- Hépatoprotection non paracétamol : bénéfice possible sur la survie sans transplantation, mais pas sur la survie globale ; revue Cochrane 2020 jugeant la preuve insuffisante. Usage réservé aux équipes spécialisées.
- COVID-19 aigu : données contradictoires entre méta-analyses. Pas de place thérapeutique standard ; non extrapolable au Covid long.
- Covid long, EM/SFC, fibromyalgie : quelques séries très petites et un préprint suggèrent un signal exploratoire, sans preuve robuste. Essais en cours sans résultat publié (EM/SFC) ou combinant plusieurs molécules (fibromyalgie).
- Sécurité : profil généralement favorable. EI GI dose-dépendants. Interactions : nitroglycérine (potentialisation), charbon actif (réduction de l'absorption de la NAC), carbamazépine (baisse de concentration). Précaution chez l'asthmatique non contrôlé et en cas d'ulcère actif.
Sources alimentaires de cystéine
La NAC n'existe pas à l'état naturel dans l'alimentation. En revanche, la L-cystéine — dont la NAC est le précurseur — est présente dans les protéines alimentaires riches en acides aminés soufrés. L'apport alimentaire en cystéine contribue à la synthèse endogène du glutathion.
| Aliment | Cystéine (mg/100g) | Remarque |
|---|---|---|
| Poulet, dinde (viande blanche, cuite) | ~220–280 | Bonne biodisponibilité ; source complète d'AA soufrés |
| Œufs entiers | ~230–270 | Jaune et blanc complémentaires ; méthionine + cystéine |
| Poudre de protéines de lactosérum (whey, concentré/isolat) | Variable selon la concentration en protéines du produit, généralement plus élevée que le lactosérum liquide | Vérifier l'étiquette du produit ; source connue pour élever le GSH dans plusieurs études |
| Graines de tournesol | ~340 | Une des sources végétales les plus concentrées |
| Ail, oignon, crucifères | Variable, contribution indirecte | Composés soufrés organiques (allicine, sulforaphane) différents de la cystéine ; ne pas les présenter comme une source directe équivalente |
| Yaourt, fromage à pâte dure | ~80–150 | Cystéine des protéines laitières (caséine) |
Valeurs indicatives et approximatives (aliment cru/cuit non systématiquement précisé), à titre d'ordre de grandeur.
Suivi biologique : aucun dosage biologique de routine n'est recommandé pour décider ou suivre une supplémentation en NAC. Le GSH érythrocytaire et le rapport GSH/GSSG sont des mesures spécialisées, sensibles aux conditions préanalytiques, principalement utilisées en recherche ou en laboratoire spécialisé, sans seuil validé en pratique courante. L'homocystéine plasmatique n'est pas un marqueur indirect validé du statut en glutathion en pratique clinique.
Questions fréquentes
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