NAC (N-acétylcystéine) : précurseur du glutathion, antioxydant et données cliniques
N-acetyl-L-cysteine · Acide aminé soufré · Précurseur GSH · CAS 616-91-1
Dérivé acétylé d'acide aminé soufré (L-cystéine) — thiol libre, précurseur du glutathion
Précurseur du glutathion (GSH), principal antioxydant intracellulaire ; mucolytique (rupture ponts disulfures) ; modulateur glutamatergique (système xc−)
Médicament mucolytique (BPCO) et antidote de référence du paracétamol ; usages hors AMM étudiés en psychiatrie, SOPK et insuffisance hépatique non paracétamol
Selon l'indication — il n'existe pas de dose de supplémentation générale (voir tableau Dosages)
- Rôle : la NAC (N-acétylcystéine) est le principal précurseur oral du glutathion, antioxydant intracellulaire majeur impliqué dans la détoxification, la protection mitochondriale et la modulation immunitaire.
- Statuts distincts : médicament mucolytique autorisé (BPCO, bronchite), antidote hospitalier de référence de l'intoxication au paracétamol, et usages hors AMM étudiés (psychiatrie, SOPK, insuffisance hépatique non paracétamol). Il n'existe pas de dose de « supplémentation générale » validée.
- Dose : variable selon l'indication, de ~600 mg/j (mucolytique) à 1000–3600 mg/j (essais psychiatriques), voir tableau Dosages.
- Précaution majeure : biodisponibilité orale faible (~10 %). Effets indésirables gastro-intestinaux dose-dépendants. Interaction avec la nitroglycérine et la carbamazépine.
- Niveau de preuve : variable indication par indication — solide pour l'antidote paracétamol, hétérogène en BPCO, modeste en psychiatrie, très faible en Covid long/EM-SFC/fibromyalgie.
- La cystéine en amont : l'organisme fabrique sa cystéine à partir de la méthionine par la voie de transsulfuration, sous la dépendance de deux enzymes à vitamine B6. La NAC court-circuite cette voie en apportant la cystéine directement. Le glutathion n'est qu'un des destins de la cystéine, avec la taurine, le coenzyme A et le sulfure d'hydrogène.
- Apporter du substrat ne suffit pas toujours : deux essais randomisés s'opposent sur le GlyNAC, l'un positif à 24 participants sur 16 semaines, l'autre négatif sur son critère principal à 117 participants sur 2 semaines, avec un signal post-hoc restreint au sous-groupe réunissant stress oxydatif élevé et glutathion initial bas. Les auteurs du second en tirent l'hypothèse que la synthèse de glutathion répond à la demande cellulaire ; la différence de durée entre les deux essais reste une explication concurrente.
La NAC (N-acétylcystéine) est un médicament dérivé thiolé de la L-cystéine, acide aminé soufré porteur d'un groupe thiol libre (-SH), utilisé depuis les années 1960 comme mucolytique et comme antidote de référence de l'intoxication au paracétamol. Elle fournit de la cystéine, substrat limitant de la synthèse du glutathion (GSH) — tripeptide (Glu-Cys-Gly) dont le pool de glutamate cellulaire a plusieurs origines, pas uniquement la glutamine. Ses effets cliniques ne peuvent pas être déduits de ce seul mécanisme : les résultats sont hétérogènes dans la BPCO, modestes et encore exploratoires en psychiatrie (inhibition de NF-κB, modulation glutamatergique surtout décrites en préclinique), et insuffisants pour recommander la NAC dans le vieillissement, le Covid long, l'EM/SFC ou la fibromyalgie.
Mécanisme biochimique
La NAC est déacétylée en L-cystéine, acide aminé limitant de la synthèse du glutathion (GSH) via la glutamate-cystéine ligase (GCL) puis la glutathion synthétase (GSS). Trois voies principales : (1) mucolyse directe par rupture des ponts disulfures du mucus — mécanisme établi, base de l'indication médicamenteuse ; (2) modulation glutamatergique via le système xc−, surtout documentée en modèles précliniques, dont la pertinence clinique en psychiatrie n'est pas démontrée chez l'humain ; (3) détoxification hépatique (restauration du GSH hépatique, neutralisation du NAPQI dans l'intoxication au paracétamol) — mécanisme établi, base de l'usage antidote. La protection mitochondriale par le GSH est surtout décrite dans des modèles expérimentaux.
- Précurseur du glutathion : la NAC est le donneur de cystéine le plus efficace par voie orale. La L-cystéine est l'acide aminé limitant de la synthèse du GSH (tripeptide Glu-Cys-Gly). Le glutathion est le principal système antioxydant intracellulaire, impliqué dans la détoxification des espèces réactives de l'oxygène (ROS) et des xénobiotiques. 25957927
- Mucolytique : le groupe thiol libre (-SH) de la NAC rompt les ponts disulfures des glycoprotéines du mucus bronchique (mucines), réduisant la viscosité des sécrétions. Indication historique et autorisée en pneumologie (bronchite, BPCO). Mécanisme établi, indépendant du niveau de preuve clinique sur les exacerbations (voir Données cliniques).
- Modulation glutamatergique : la NAC active le système xc− (antiporteur cystine/glutamate), augmentant le glutamate extrasynaptique qui active les récepteurs mGluR2/3 (autoinhibiteurs), réduisant en théorie la libération synaptique de glutamate. Mécanisme surtout soutenu par des modèles précliniques ; il ne démontre pas à lui seul une efficacité psychiatrique chez l'humain. 25957927
- Anti-inflammatoire : la NAC inhibe l'activation de NF-κB et de l'inflammasome NLRP3 dans des modèles in vitro et in vivo, réduisant la production de TNF-α, IL-6 et IL-1β. Ces travaux utilisent souvent des concentrations millimolaires difficilement comparables à l'exposition obtenue après une dose orale ; l'effet clinique correspondant n'est pas établi.
- Détoxification hépatique : la NAC est l'antidote de référence de l'intoxication au paracétamol (protocoles IV hospitaliers). Le paracétamol en surdosage génère un métabolite toxique (NAPQI) que le GSH hépatique neutralise ; la NAC restaure les stocks de GSH déplétés. Usage distinct de l'insuffisance hépatique aiguë non liée au paracétamol (voir Données cliniques).
- GlyNAC et vieillissement : la combinaison glycine + NAC (GlyNAC) apporte deux substrats de la synthèse du GSH. Un essai pilote randomisé de petite taille chez des sujets âgés (Kumar et al., 2023) montre une amélioration du GSH, du stress oxydatif, de la résistance à l'insuline et de la fonction mitochondriale — résultats prometteurs, non extrapolables à un effet anti-âge établi. 35975308
- Acide aminé semi-essentiel : la cystéine n'est pas indispensable au sens strict, l'organisme sait la fabriquer. Mais il la fabrique à partir de la méthionine, elle indispensable. Le qualificatif « semi-essentiel » vient de là : la cystéine dépend d'un acide aminé indispensable pour sa synthèse endogène. L'apport alimentaire direct de cystéine et la synthèse à partir de la méthionine se compensent partiellement, et c'est la somme des deux qui compte, pas l'une des deux prise isolément.
- Voie de transsulfuration : la méthionine est convertie en homocystéine par le cycle des méthyles, puis l'homocystéine est condensée en cystathionine par la cystathionine bêta-synthase (CBS), enfin la cystathionine est clivée en cystéine par la cystathionine gamma-lyase (CGL). Ces deux enzymes fonctionnent avec du pyridoxal-5-phosphate, la forme active de la vitamine B6 : le statut en B6 conditionne donc la production endogène de cystéine. (revue mécanistique) 21315854
- Destins métaboliques : une fois formée, la cystéine alimente le glutathion, la taurine, le coenzyme A, les sulfates de la phase II hépatique, la kératine, et la production de sulfure d'hydrogène (H2S), gaz de signalisation produit par CBS et CGL ainsi que par une seconde branche passant par le mercaptopyruvate. La cystéine n'est donc pas une réserve dédiée au glutathion : c'est un carrefour dont le glutathion n'est qu'une sortie. (revue mécanistique) 21315854
- Régulation de la voie : CBS et CGL sont régulées à plusieurs niveaux (transcription, modifications post-traductionnelles, disponibilité des substrats). Les auteurs d'une revue relient une perturbation de cette voie à la dysfonction vasculaire, à la maladie de Huntington et au vieillissement : ce sont des associations décrites dans la littérature, pas une démonstration causale chez l'humain. (revue) 30007014
- Effet vasculaire du coproduit sérine : dans un modèle animal (anneaux d'aorte de souris), la L-sérine issue de la conversion de la L-cystéine par CBS contribue à la relaxation dépendante de l'endothélium, via le monoxyde d'azote et la sphingosine-1-phosphate. Résultat préclinique, non transposable à la vascularisation humaine. (préclinique animal) 30835815
- Transport : cystine dehors, cystéine dedans : dans le milieu extracellulaire oxydant, la cystéine existe surtout sous sa forme oxydée dimérique, la cystine. Le système xc−, formé des sous-unités SLC3A2 et SLC7A11, fait entrer une cystine contre un glutamate sortant. C'est le transporteur que la NAC module, décrit plus haut dans la puce sur la modulation glutamatergique. Sa répression par l'interféron gamma prive la cellule de cystine et déclenche la ferroptose, une mort cellulaire par peroxydation des lipides. (préclinique et corrélations transcriptomiques humaines) 31043744
- Ce que cela change pour la lecture de cette fiche : après désacétylation, la NAC fournit de la cystéine en aval de CBS et de CGL. Cette étape d'approvisionnement ne passe donc pas par la transsulfuration, contrairement à la production endogène, qui dépend du statut en B6 et de l'apport en méthionine. Ce raisonnement porte sur l'approvisionnement, pas sur l'effet global de la NAC : ses destins en aval ont leurs propres enzymes et cofacteurs, et sa biodisponibilité orale reste faible (voir Dosages). Raisonnement mécanistique tiré de la biochimie de la voie, pas un résultat mesuré en tant que tel.
La cystéine a deux origines : une production endogène par la voie de transsulfuration, à partir de la méthionine et sous la dépendance de deux enzymes à vitamine B6, et un apport direct, alimentaire, par la cystine ou par la NAC. Ces deux entrées ne sont pas équivalentes : la NAC arrive en aval des enzymes, donc elle ne dépend ni du statut en B6 ni de l'apport en méthionine. En sortie, le glutathion n'est qu'un des destins de la cystéine parmi ceux listés plus haut ; le schéma en illustre quatre.
Données cliniques
- Jiang et al., 2021 : méta-analyse de 15 publications sur le traitement des exacerbations aiguës de BPCO déjà installées (amélioration symptomatique, VEMS), hétérogénéité très élevée (I² > 90 % sur plusieurs critères). Ne démontre pas une prévention à long terme des exacerbations. — MA 34237968
- Huang et al., 2023 : 9 essais randomisés, 1061 patients NAC vs 1076 placebo — aucune différence significative sur le nombre de patients sans exacerbation, le déclin du VEMS/CVF, la qualité de vie ou le glutathion. — MA 36927162
- Zhou et al., 2024 : essai randomisé en double aveugle, 968 patients randomisés (924 analysés pour les exacerbations selon la revue de 2026 qui l'inclut), BPCO légère à modérée, NAC 600 mg 2×/j pendant 2 ans — pas de réduction significative du taux annuel d'exacerbations (RR 0,90, IC 95 % 0,80–1,02, p=0,10) ni amélioration du VEMS. C'est le seul essai de NAC en monothérapie du pool méta-analysé en 2026, et il est négatif. — RCT 39349461
- Revue systématique 2026, et ce que sa méta-analyse recouvre vraiment : la revue porte sur 19 essais randomisés de stratégies antioxydantes dans la BPCO, toutes interventions confondues, exercice et phytonutriments compris. La méta-analyse du risque d'exacerbation, elle, ne regroupe que 3 essais (1 086 personnes) : deux associant NAC et propolis, tous deux positifs, et un troisième en NAC seule, le plus large et le mieux noté méthodologiquement, qui est négatif. Le RR groupé de 0,80 (IC 95 % 0,66 à 0,98), soit environ 20 % de réduction relative, ne peut donc pas être attribué à la NAC seule, et les auteurs qualifient eux-mêmes leur résultat de générateur d'hypothèse. Hétérogénéité modérée (I² 43,8 %), traitements de 3 à 24 mois, sévérités différentes. Aucun effet indésirable grave rapporté. (revue systématique de 19 essais, méta-analyse sur 3) 42072087
- GOLD 2026 : chez certains patients ne recevant pas de corticostéroïdes inhalés, un traitement régulier par NAC ou carbocystéine peut réduire les exacerbations et améliorer modérément l'état de santé ; la population cible reste imparfaitement définie. La Société thoracique canadienne (2023) recommande la NAC pour des populations spécifiques à haut risque d'exacerbations, en complément du traitement inhalé standard.
- Synthèse : les résultats sont hétérogènes selon les essais et les populations. Un bénéfice préventif est possible dans certains profils sous traitement prolongé, mais il n'est ni constant ni démontré dans toutes les formes de BPCO. La NAC ne remplace pas les traitements inhalés, le sevrage tabagique, la vaccination ni la réhabilitation respiratoire.
- Méta-analyse (5 RCTs, 2016) : NAC en adjuvant aux antidépresseurs → amélioration significative des scores de dépression (différence moyenne standardisée en faveur de la NAC). Taille d'effet modérée. — MA 27137430
- Méta-analyse actualisée (Peng et al., 2024) : 12 études, 904 patients, doses 1000–3000 mg/j — effet faible mais significatif (SMD −0,24, IC 95 % −0,44 à −0,05, I² 45 %). Populations psychiatriques hétérogènes (trouble bipolaire, EDM), NAC toujours administrée en complément du traitement habituel. — MA 39504621
- Méta-analyse en réseau des agents anti-inflammatoires (MDD, 2021) : parmi plusieurs agents anti-inflammatoires (AINS, corticostéroïdes, statines, NAC…), la NAC ressort favorablement sur le taux de rémission (SUCRA), mais avec de larges intervalles de confiance. — NMA 34276378
- La NAC n'a pas de place établie dans les recommandations usuelles de traitement de la dépression ; ces résultats ne justifient pas une auto-substitution au traitement prescrit.
- Kishi et al., 2023 : méta-analyse courte fondée sur un nombre limité d'essais, en adjuvant aux antipsychotiques. Signaux favorables sur les symptômes négatifs ou les scores totaux, généralement après plusieurs mois de traitement. Les essais utilisent des doses et durées variables (pas de dose standard établie). — MA 36330886
- Adjuvant expérimental : résultats prometteurs mais insuffisants pour une recommandation de routine ; ne remplace pas le traitement antipsychotique standard.
- Méta-analyse en réseau, Maiti et al., 2021 : selon l'approche bayésienne principale de cette analyse, aucun des agents mitochondriaux étudiés (dont la NAC) n'a montré de supériorité par rapport au placebo sur les scores de dépression bipolaire. Une analyse fréquentiste secondaire de la même publication suggère un signal en faveur de la NAC, mais cette divergence méthodologique et le faible nombre d'essais invitent à la prudence. — NMA 34751803
- Preuve classée très faible ou contradictoire selon la méthode d'analyse. La NAC n'est pas recommandée dans le trouble bipolaire en dehors d'une décision spécialisée.
- Antidote paracétamol : la NAC IV est le traitement de référence de l'intoxication au paracétamol, avec des protocoles adaptés au contexte toxicologique (voir Dosages). Données solides, pratique clinique standard.
- Amjad et al., 2022 : 5 études prospectives, 672 patients, insuffisance hépatique aiguë NON liée au paracétamol — amélioration de la survie sans transplantation, mais absence d'amélioration significative de la survie globale. Causes, stades et protocoles hétérogènes. — MA 35371352
- Walayat et al., 2021 : revue systématique et méta-analyse actualisée, incluant des études randomisées, prospectives et rétrospectives sur l'insuffisance hépatique aiguë non paracétamol. — MA 33654365
- Revue Cochrane, Siu et al., 2020 : seuls 2 essais randomisés inclus (183 adultes, 174 enfants), risque de biais élevé. Preuve jugée insuffisante sur la mortalité et la transplantation ; ne soutient pas un usage systématique chez l'adulte sur les seules données disponibles. — Cochrane 33294991
- Dans l'insuffisance hépatique aiguë non liée au paracétamol, la NAC IV peut être envisagée par les équipes spécialisées, notamment à certains stades précoces, mais la certitude reste faible et les recommandations ne sont pas uniformes. Cet usage hospitalier ne constitue pas une preuve générale d'« hépatoprotection » ni un argument pour une supplémentation chronique.
- Viña et al., 2025 : méta-analyse de 22 études, 2515 participantes, centrée sur les paramètres reproductifs et hormonaux. La NAC est associée à une augmentation significative de la progéstérone et de l'épaisseur endométriale, et à une augmentation de la LH par rapport à la metformine ; aucune différence significative n'est retrouvée sur l'estradiol, la SHBG ou la FSH. Hétérogénéité importante entre études. — MA 39861414
- Liu et al., 2023 (paramètres métaboliques) : 11 essais randomisés, 869 femmes — la NAC réduit significativement la glycémie à jeun (vs metformine et vs placebo) et le cholestérol total (vs placebo) ; pas de différence significative sur l'IMC, le poids, l'insulinémie à jeun, les triglycérides ou le LDL. — MA 37841396
- Données préliminaires et hétérogènes ; la NAC n'est pas un traitement de première intention du SOPK.
- Kow et al., 2025 : 10 essais randomisés, 1424 participants — réduction de la mortalité associée à la NAC (OR 0,49, IC 95 % 0,25–0,94), hétérogénéité I² 67 %, doses et voies très variables, 3 essais avec réserves méthodologiques. Signal possible nécessitant de grands essais confirmatoires. — MA 40728675
- Liu et al., 2024 : résultats opposés — pas de bénéfice significatif de la NAC sur la mortalité COVID-19. — MA 38318025
- Paraskevas et al., 2023 (pneumonie COVID-19) : pas de bénéfice significatif de la NAC sur la mortalité hospitalière (3 RCT + 5 études observationnelles) ; certitude de la preuve très faible, aucune recommandation clinique n'en découle actuellement. — MA 36627753
- Les divergences entre méta-analyses peuvent notamment résulter des critères d'inclusion, de la voie, de la dose, du moment d'administration et de la qualité des essais — ce lien n'est pas démontré, seulement plausible. Signal possible dans certaines méta-analyses du COVID aigu, mais résultats non stabilisés et absence de place thérapeutique standard. Ces données ne peuvent pas être extrapolées au Covid long.
- McClure et al., 2014 : revue narrative (non systématique) rapportant des données préliminaires encourageantes pour la NAC sur le craving (cannabis, cocaïne, tabac), via la restauration de l'homéostasie glutamatergique. Les essais varient selon la substance, l'âge, l'abstinence initiale et les interventions psychosociales associées ; les résultats ne peuvent pas être regroupés sous une conclusion commune entre substances. — revue narrative 24442756
- Bellone et al., 2025 : revue rétrospective de dossiers en gynécologie oncologique, 9 patientes (3 utilisatrices de NAC vs 6 témoins), sans randomisation ni questionnaire symptomatique validé, population très sélectionnée. Signal exploratoire, pas une preuve d'efficacité. — série de cas 39944180
- Une série clinique associant guanfacine et NAC existe pour le brouillard cognitif, mais l'absence de groupe témoin et le faible effectif empêchent d'isoler l'effet de la NAC. Un préprint de 2025 (non encore évalué par les pairs) décrit un essai de 63 patients recevant 600 mg 2×/j dès l'hospitalisation pour COVID puis pendant 6 mois (critère principal : questionnaire respiratoire SGRQ) — un traitement débuté en phase aiguë, pas un essai chez des patients recrutés pour un Covid long établi. Quelques séries très petites et un préprint suggèrent donc un signal possible sur certains symptômes post-COVID, mais aucune preuve robuste ne permet actuellement de recommander la NAC dans un Covid long établi.
- EM/SFC : l'essai NCT04542161 compare notamment 900 et 3600 mg/j avec mesure du glutathion cérébral (essai en cours, non recrutant). L'enregistrement d'un essai ne constitue pas un résultat clinique : aucun bénéfice symptomatique publié et confirmé à ce jour.
- Ce qu'on sait de la cystéine elle-même dans ces syndromes : une étude pilote de métabolomique urinaire portant sur 10 patientes EM/SFC et 8 témoins sédentaires, avant et 24 h après une épreuve d'effort maximale, place la sous-voie cystéine, méthionine, S-adénosylméthionine et taurine parmi celles qui distinguent les deux groupes. Son résultat principal est ailleurs : le métabolome urinaire des patientes ne bouge pas après l'effort alors que celui des témoins change. Effectif très faible, femmes uniquement, une seule mesure de suivi. (observationnel, étude pilote, n=18) 36835097
- Cystine et Covid long persistant : une cohorte de 51 personnes réévaluées 7 à 19 mois après l'infection, dont 19 remplissaient au suivi les critères d'un syndrome post-Covid persistant, retrouve une cystine plasmatique plus élevée au moment de l'infection aiguë chez celles qui développeront ce syndrome, aux côtés d'autres marqueurs (granulocytes de faible densité, interleukine 8, pyruvate, pseudouridine). C'est un marqueur mesuré en phase aiguë et associé au risque ultérieur, pas une altération mesurée pendant le Covid long établi, et l'étude ne permet pas de dire si cette voie participe au mécanisme du syndrome. (observationnel, cohorte, n=51) 39273608
- Aucun essai d'intervention n'a testé la cystéine ou la cystine dans le Covid long, et aucune étude ne mesure la cystéine libre chez des personnes atteintes d'un Covid long établi. Une revue décrit comment SARS-CoV-2 réquisitionne le métabolisme monocarboné et celui des acides aminés soufrés, et ses auteurs relèvent une ressemblance entre les symptômes du Covid long et ceux d'une carence en vitamine B12 : c'est une remarque d'auteurs dans une revue, pas un mécanisme démontré du Covid long. 35456998
- Un essai pilote randomisé associant minocycline et NAC (NCT04594733, n=14) a été mené en cross-over ; l'association ne permet pas d'isoler l'effet propre de la NAC. Aucune preuve clinique publiée ne permet de recommander la NAC seule dans la fibromyalgie.
- Kumar et al., 2023 : essai pilote randomisé, 24 personnes âgées (12 GlyNAC vs 12 placebo) plus 12 adultes jeunes supplémentaires sans randomisation comparable, 16 semaines, dose expérimentale ~100 mg/kg/j de glycine ET ~100 mg/kg/j de NAC (soit ~7 g/j de chaque pour 70 kg). Amélioration du GSH, du stress oxydatif, de la dysfonction mitochondriale, de l'inflammation, de la résistance à l'insuline et de la fonction physique. Effectif très restreint, essai monocentrique, ne conclut pas à un effet anti-âge établi ni ne s'extrapole à de faibles doses ou à des adultes jeunes. — RCT 35975308
- Lizzo et al., 2022, essai contradictoire : essai randomisé contrôlé, 117 volontaires en bonne santé de 65 ans en moyenne randomisés et 114 ayant terminé, GlyNAC à 2,4, 4,8 ou 7,2 g/j pendant 2 semaines, placebo isomaltulose. Le critère principal n'est pas atteint : ni le glutathion total, ni le rapport glutathion réduit sur oxydé ne diffèrent du placebo. Un signal n'apparaît qu'en analyse post-hoc, aux deux doses les plus fortes, chez les participants réunissant deux critères simultanés : marqueur de peroxydation lipidique (MDA) au-dessus de la médiane et glutathion total initial en dessous de la médiane. Dans ce sous-groupe, le glutathion total augmente de 10,5 % (p=0,016), et il représente 27,5 % de la cohorte. Étude conçue et analysée avec une forte implication de chercheurs de Nestlé ; exécution clinique au Profil Institute (Neuss), financé par Nestlé Health Science. (RCT, 117 randomisés, critère principal négatif) 35821844
- Ce qu'il faut retenir des deux essais : environ cinq fois plus de participants du côté négatif, huit fois plus longtemps du côté positif. L'état des données n'autorise pas à présenter le GlyNAC comme un moyen établi d'élever le glutathion chez une personne qui n'en manque pas. Une différence de population documentée : la cohorte de Lizzo n'avait pas de déficit en glutathion total par rapport à des adultes jeunes, alors que celle de Kumar en avait un. Les auteurs de Lizzo en tirent l'hypothèse que la synthèse de glutathion répond à la demande cellulaire, et non à l'apport. Cette hypothèse n'est pas départagée des autres explications possibles, à commencer par la durée.
- La revue de Sekhar (2021) souvent citée à l'appui du GlyNAC est une revue narrative signée du responsable de l'essai de Kumar et al. : elle synthétise des arguments, elle n'apporte pas de données indépendantes, et son effectif ne doit pas être confondu avec celui de l'essai. 34587244
- La cystéine épargne la méthionine : chez 6 hommes étudiés en essai croisé randomisé par oxydation de la phénylalanine marquée, le besoin moyen en méthionine passe de 12,6 mg/kg/j sans cystéine alimentaire à 4,5 mg/kg/j en présence de cystéine en excès, soit une épargne de 64 %. Les auteurs en déduisent un apport sûr en cystéine de 10,9 mg/kg/j lorsque la méthionine est suffisante. Effectif très faible, hommes uniquement, résultat de nutrition expérimentale et non d'un essai clinique. (essai croisé randomisé, n=6) 11722957
- Besoin après 60 ans, et différence entre hommes et femmes : chez 15 adultes de 60 ans et plus (7 hommes, 8 femmes) recevant 7 niveaux d'apport en méthionine sans cystéine alimentaire, le besoin moyen en acides aminés soufrés totaux ressort à 26,2 mg/kg/j chez les hommes et 17,1 chez les femmes. Le plan est incomplet : deux participants n'ont reçu que 2 apports, trois en ont reçu 3, les autres les 7. Les auteurs relient ce résultat à la question de la qualité protéique des régimes à dominante végétale. (oxydation d'un acide aminé indicateur, n=15) 37356549
- Portée pratique : ces besoins se couvrent par l'alimentation protéique ordinaire, pas par un complément. Ils sont utiles pour comprendre dans quelles situations la cystéine peut devenir limitante (apport protéique bas, régime végétal peu diversifié, besoins accrus), pas pour fixer une posologie. Aucune dose de supplémentation en cystéine libre n'a de dossier clinique propre : la forme documentée est la NAC, dont les doses figurent dans le tableau Dosages.
- Elshorbagy et al., 2023 : chez 35 adultes européens en surpoids, dont 88,6 % de femmes, avec mesure de la composition corporelle par absorptiométrie et après ajustement sur l'âge et la masse maigre, 1 % de cystine plasmatique en plus est associé à 1,97 % de masse grasse androïde en plus (IC 95 % 0,64 à 3,31 ; p=0,005) et à 1,25 % de masse grasse totale (p=0,005). La cystine est aussi inversement associée à l'apolipoprotéine A1 (p=0,007). Ni les formes du glutathion ni celles de l'homocystéine ne montrent cette association. Étude transversale de petite taille : association, pas causalité. (observationnel transversal, n=35) 36542145
- Elshorbagy et al., 2012 : chez la souris C3H/HeH, un régime riche en cystine pendant 12 semaines s'accompagne d'une prise de poids supérieure, d'une graisse intestinale rapportée au poids augmentée de 30 % (p=0,003), de triglycérides hépatiques environ doublés (p=0,046) et d'une glycémie à jeun de 7,0 contre 4,5 mmol/L (p<0,001). Ce résultat montre qu'une hypothèse causale existe chez l'animal, il ne la transpose pas à l'humain. (préclinique animal) 21543215
- Elshorbagy et al., 2013 : chez 610 participants, la S-adénosylméthionine plasmatique est associée à la masse grasse (24 kg au premier quartile contre 30 kg au quatrième, p<0,001) et au rapport graisse tronculaire sur graisse totale, alors que la méthionine et la S-adénosylhomocystéine ne le sont pas. L'apport en protéines animales est faiblement corrélé à la S-adénosylméthionine (r partiel 0,11) et à la cystéine totale sérique (0,13). (observationnel transversal, n=610) 24068793
- Ce que ces trois travaux ne disent pas : aucun ne montre que réduire les apports en cystéine, en acides aminés soufrés ou en protéines fasse perdre du poids chez l'humain. Aucun essai d'intervention n'a été mené sur cette question. Une cystine plasmatique élevée pourrait aussi bien être une conséquence de l'état métabolique qu'une de ses causes, et rien dans ces données ne permet de trancher.
Dosages & Formes
| Forme | Biodisponibilité | Dose études | Tolérance | Contexte |
|---|---|---|---|---|
| NAC gélules / comprimés (mucolytique autorisé) | Faible — ~10 % (fort effet de premier passage hépatique) | ~600 mg/j, courte durée (selon la spécialité) | Bonne — nausées possibles | Traitement symptomatique des affections bronchiques ; limité à 8–10 jours sans avis médical |
| NAC gélules / effervescent (BPCO au long cours, hors automédication) | Faible — équivalente | 600–1200 mg/j dans les essais | Bonne — odeur soufrée | Efficacité hétérogène selon les essais (voir Données cliniques) ; ne remplace pas le traitement inhalé |
| NAC haute dose (psychiatrie, hors AMM) | Faible | ~1000–3600 mg/j selon les essais | EI GI dose-dépendants (nausées, ballonnements) | Adjuvant expérimental (dépression, schizophrénie), sous supervision médicale uniquement |
| GlyNAC (glycine + NAC, essai clinique) | Faible pour chaque composant | ~100 mg/kg/j de glycine ET ~100 mg/kg/j de NAC (essai Kumar 2023, soit ~7 g/j de chaque pour 70 kg) | Bonne tolérance rapportée dans l'essai pilote | Essai pilote vieillissement, effectif très restreint, non extrapolable à de faibles doses |
| NAC IV (usage hospitalier) | 100 % — voie intraveineuse | Protocoles IV hospitaliers adaptés au contexte toxicologique | Réactions anaphylactoïdes possibles, fréquence variable selon le protocole | Antidote paracétamol (référence) ; insuffisance hépatique aiguë non paracétamol (équipes spécialisées) |
La biodisponibilité orale de la NAC est faible (~10 %) en raison d'un fort effet de premier passage hépatique ; l'effet sur le GSH intracellulaire dépend du statut initial, du tissu et de la méthode de mesure, et n'est pas systématiquement garanti à toute dose. L'antidote paracétamol (protocoles IV hospitaliers) et le GlyNAC (~7 g/j de chaque composant dans l'essai Kumar 2023) utilisent des doses hors échelle de ce graphique — voir le tableau ci-dessus.
Mucolytique (usage médicamenteux autorisé) : selon la spécialité, généralement autour de 600 mg/j, sur une courte durée (8–10 jours sans avis médical). Prise possible pendant ou en dehors des repas.
BPCO au long cours (hors automédication) : 600–1200 mg/j dans les essais, avec des résultats hétérogènes selon les publications (voir Données cliniques) — à discuter avec le prescripteur, ne remplace pas le traitement inhalé.
Adjuvant psychiatrique (hors AMM) : ~1000–3600 mg/j selon les essais, en plusieurs prises, sous supervision médicale exclusivement. À considérer comme complément expérimental au traitement standard, jamais en remplacement.
À noter : l'odeur soufrée caractéristique et les nausées dose-dépendantes sont les principaux facteurs limitants de l'observance ; prendre avec un verre d'eau, éventuellement pendant un repas si inconfort à jeun.
Précautions & interactions
Information destinée à l'éducation, pas à remplacer un avis médical. En parler à votre médecin ou pharmacien avant toute supplémentation, notamment en présence de traitement médicamenteux.
- ① Hypersensibilité connue à la N-acétylcystéine ou à l'un des excipients.
- ② Enfant de moins de 2 ans pour les formes mucolytiques.
- ③ Excipients selon la spécialité : phenylcétonurie avec certaines formes contenant de l'aspartam ; vérifier la notice.
- ④ Nitroglycérine / dérivés nitrés : la NAC potentialise l'effet vasodilatateur et hypotenseur. Risque de céphalées sévères, d'hypotension et de vertiges. Surveillance si l'association est nécessaire.
- ⑤ Charbon actif : le charbon actif réduit l'absorption de la NAC orale. Espacer les prises de 2 heures minimum.
- ⑥ Antibiotiques (tétracyclines, aminosides, ampicilline) : une inactivation a surtout été observée in vitro lors du mélange direct. Le RCP recommande d'espacer la prise de 2 heures, par précaution.
- ⑦ Carbamazépine : baisse possible de sa concentration plasmatique, avec risque de perte de contrôle des crises.
- ⑧ Dosages biologiques : interférence possible avec certains dosages colorimétriques des salicylates et des cétones urinaires. Signaler la prise de NAC au laboratoire.
- ⑨ Asthme non contrôlé : surveillance recommandée, arrêt en cas de bronchospasme.
- ⑩ Ulcère gastroduodénal : précaution, notamment en cas d'ulcère actif ou d'antécédent.
- ⑪ Antitussifs : l'association avec un antitussif expose à un risque d'accumulation des sécrétions par inhibition du réflexe de toux.
- ⑫ Effets indésirables GI : nausées, vomissements, diarrhée, ballonnements — dose-dépendants. Odeur soufrée caractéristique (groupe thiol). Augmentation initiale possible du volume des sécrétions bronchiques ; prudence si l'expectoration est inefficace. Rares réactions cutanées graves imposant l'arrêt en cas de lésion cutanéo-muqueuse.
- ⑬ Excipients des formes effervescentes/sachets : teneur en sodium, aspartam, sorbitol, glucose ou lactose selon la spécialité — vérifier la notice.
- ⑭ Grossesse et allaitement : données de sécurité limitées en usage prolongé hors AMM. La NAC traverse le placenta. Évaluation au cas par cas avec le prescripteur.
- ⑮ NAC IV — réactions non IgE médiées : en contexte hospitalier, des réactions pseudo-allergiques immédiates (flush, urticaire, bronchospasme) sont décrites, avec une fréquence dépendant de la dose de charge, du protocole et de la définition utilisée. Ces réactions IV ne démontrent pas une activation mastocytaire chronique après prise orale.
- ⑯ Cystinurie : maladie génétique rare de la réabsorption tubulaire, par mutation de SLC3A1 ou SLC7A9, qui touche la cystine et trois autres acides aminés (ornithine, lysine, arginine). La cystine étant peu soluble au pH urinaire habituel, elle précipite en calculs récidivants. Toute source supplémentaire de cystine ou de cystéine, NAC comprise, est à discuter avec le néphrologue ou l'urologue qui suit la personne. (revue) 34812923
- ⑰ Déficit en cystathionine bêta-synthase (homocystinurie classique) : la synthèse de cystathionine est bloquée et l'homocystéine s'accumule. Les formes sévères se révèlent dans l'enfance (ectopie du cristallin, difficultés d'apprentissage, anomalies squelettiques) et relèvent d'un régime pauvre en méthionine ou de bétaïne ; les formes modérées se révèlent souvent à l'âge adulte par un accident thromboembolique et répondent fréquemment à la pyridoxine. Les recommandations visent une homocystéine totale sous 100 µmol/L, et leurs auteurs qualifient eux-mêmes le niveau de preuve disponible de faible. Prise en charge spécialisée : aucune décision d'apport soufré ne se prend seul dans ce contexte. (revue systématique et recommandations) 27778219
- ⑱ Absence de données n'est pas preuve d'innocuité : la supplémentation en acides aminés soufrés isolés n'a pas été évaluée au long cours chez l'adulte en bonne santé, et les associations observées entre cystine plasmatique et adiposité n'ont jamais été testées dans un essai d'intervention, dans un sens comme dans l'autre.
Pourquoi certaines personnes tolèrent mal la NAC
⚠️ Prudence. La NAC est généralement bien tolérée. Quelques signaux de mauvaise tolérance sont décrits ; ils reposent sur des données limitées (RCP, signalements cliniques), et non sur des mécanismes individualisés validés.
Le RCP mentionne une influence possible sur le métabolisme de l'histamine lors d'un traitement prolongé chez les personnes présentant une intolérance à l'histamine : céphalées, rhinite vasomotrice ou prurit sont possibles. Ceci ne démontre pas que la NAC orale déstabilise les mastocytes ni qu'elle aggrave un syndrome d'activation mastocytaire (MCAS).
Nausées, ballonnements, éructations soufrées, diarrhée. Effet dose-dépendant, lié au groupe thiol (-SH). Atténué par la prise pendant un repas. Principale cause d'arrêt dans les études.
Rapportés cliniquement chez certains sujets, sans mécanisme validé ni étude formelle. À considérer comme des signalements individuels non spécifiques.
Possibles, notamment en association avec des dérivés nitrés (voir Précautions & interactions). Débuter à dose basse et augmenter progressivement est une précaution raisonnable en cas de sensibilité connue.
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Essayer l'app gratuitement- Médicament aux usages multiples : la NAC fournit de la cystéine, substrat de la synthèse du glutathion, mais ses effets cliniques ne se déduisent pas de ce seul mécanisme. Le niveau de preuve doit s'évaluer indication par indication, pas globalement.
- Solide : antidote de référence de l'intoxication au paracétamol (pratique hospitalière standard) ; mucolytique autorisé sur le mécanisme, sans préjuger de son effet sur les exacerbations de BPCO.
- BPCO : résultats hétérogènes selon les essais (Huang 2023 et Zhou 2024 négatifs). La méta-analyse 2026 souvent citée comme positive ne regroupe que 3 essais sur ce critère, dont 2 associant NAC et propolis ; son seul essai de NAC en monothérapie est négatif. Un bénéfice préventif est possible dans certains profils, sans être constant, et il n'est pas attribuable à la NAC seule sur cette base. Ne remplace pas le traitement inhalé.
- Psychiatrie : signal positif modeste en adjuvant (dépression, schizophrénie), tailles d'effet faibles, hétérogénéité inter-études. Contredit dans le trouble bipolaire (approche bayésienne principale : aucune supériorité au placebo). Ne remplace jamais le traitement standard.
- Hépatoprotection non paracétamol : bénéfice possible sur la survie sans transplantation, mais pas sur la survie globale ; revue Cochrane 2020 jugeant la preuve insuffisante. Usage réservé aux équipes spécialisées.
- COVID-19 aigu : données contradictoires entre méta-analyses. Pas de place thérapeutique standard ; non extrapolable au Covid long.
- Covid long, EM/SFC, fibromyalgie : quelques séries très petites et un préprint suggèrent un signal exploratoire, sans preuve robuste. Essais en cours sans résultat publié (EM/SFC) ou combinant plusieurs molécules (fibromyalgie).
- La cystéine en amont : la biochimie est établie : la méthionine devient cystéine par deux enzymes à vitamine B6, et la cystéine alimente le glutathion mais aussi la taurine, le coenzyme A et le sulfure d'hydrogène. Cette physiologie ne dit rien, à elle seule, de l'effet d'un apport supplémentaire : c'est la distinction qui structure toute cette fiche.
- Le substrat pourrait n'être limitant que chez qui en manque : c'est l'hypothèse que les auteurs de l'essai négatif formulent eux-mêmes, et qu'ils ont testée en analyse post-hoc. Leur cohorte n'avait pas de déficit initial en glutathion total par rapport à des adultes jeunes, ce qui n'était pas le cas de celle de l'essai positif. Ce n'est pas la seule explication possible : la durée (2 semaines contre 16), les critères d'inclusion et les protocoles diffèrent aussi. Aucun essai n'a été conçu pour départager ces explications.
- Sécurité : profil généralement favorable. EI GI dose-dépendants. Interactions : nitroglycérine (potentialisation), charbon actif (réduction de l'absorption de la NAC), carbamazépine (baisse de concentration). Précaution chez l'asthmatique non contrôlé et en cas d'ulcère actif.
Ce que la NAC n'est probablement pas
- Un médicament établi de la dépression, de la schizophrénie ou du trouble bipolaire : signal positif modeste seulement en adjuvant (dépression, schizophrénie) ; contredit dans le trouble bipolaire par l'approche bayésienne principale de la méta-analyse en réseau — ne remplace jamais le traitement psychiatrique standard.
- Un traitement du Covid long ou de l'EM/SFC : seules quelques séries très petites et un préprint suggèrent un signal exploratoire ; l'essai EM/SFC en cours n'a publié aucun résultat clinique à ce jour.
- Un hépatoprotecteur généralisable : hors intoxication au paracétamol, le bénéfice documenté porte sur la survie sans transplantation, pas sur la survie globale, et la revue Cochrane 2020 juge la preuve insuffisante pour un usage systématique.
- Une solution homogène pour le COVID-19 aigu : les méta-analyses les plus récentes se contredisent directement sur la mortalité — aucune place thérapeutique standard n'en découle à ce jour.
- Interchangeable avec son usage hospitalier d'antidote : le statut de traitement de référence de l'intoxication au paracétamol (protocoles IV à dose contrôlée) ne présage rien de l'efficacité d'une supplémentation orale chronique dans d'autres indications.
Sources alimentaires de cystéine
La NAC n'existe pas à l'état naturel dans l'alimentation. En revanche, la L-cystéine — dont la NAC est le précurseur — est présente dans les protéines alimentaires riches en acides aminés soufrés. L'apport alimentaire en cystéine contribue à la synthèse endogène du glutathion.
| Aliment | Cystéine (mg/100g) | Remarque |
|---|---|---|
| Poulet, dinde (viande blanche, cuite) | ~220–280 | Bonne biodisponibilité ; source complète d'AA soufrés |
| Œufs entiers | ~230–270 | Jaune et blanc complémentaires ; méthionine + cystéine |
| Poudre de protéines de lactosérum (whey, concentré/isolat) | Variable selon la concentration en protéines du produit, généralement plus élevée que le lactosérum liquide | Vérifier l'étiquette du produit ; source connue pour élever le GSH dans plusieurs études |
| Graines de tournesol | ~340 | Une des sources végétales les plus concentrées |
| Ail, oignon, crucifères | Variable, contribution indirecte | Composés soufrés organiques (allicine, sulforaphane) différents de la cystéine ; ne pas les présenter comme une source directe équivalente |
| Yaourt, fromage à pâte dure | ~80–150 | Cystéine des protéines laitières (caséine) |
Valeurs indicatives et approximatives (aliment cru/cuit non systématiquement précisé), à titre d'ordre de grandeur.
Combien en faut-il ? Le repère utile n'est pas la cystéine seule, mais les acides aminés soufrés totaux, méthionine et cystéine ensemble, puisque l'organisme fabrique la seconde à partir de la première. Chez 15 adultes de 60 ans et plus, ce besoin ressort à 26,2 mg par kg et par jour chez les hommes et 17,1 chez les femmes, soit environ 1,8 g et 1,0 g par jour pour 70 kg et 60 kg (oxydation d'un acide aminé indicateur, plan incomplet, 37356549). L'apport alimentaire en cystéine réduit d'autant le besoin en méthionine : chez 6 hommes, le besoin en méthionine passe de 12,6 à 4,5 mg par kg et par jour selon que la cystéine est absente ou en excès, soit 64 % d'épargne (essai croisé randomisé, 11722957). Ces chiffres décrivent des besoins couverts par une alimentation protéique ordinaire ; ils ne définissent aucune posologie de complément.
Suivi biologique : aucun dosage biologique de routine n'est recommandé pour décider ou suivre une supplémentation en NAC. Le GSH érythrocytaire et le rapport GSH/GSSG sont des mesures spécialisées, sensibles aux conditions préanalytiques, principalement utilisées en recherche ou en laboratoire spécialisé, sans seuil validé en pratique courante. L'homocystéine plasmatique n'est pas un marqueur indirect validé du statut en glutathion en pratique clinique.
Questions fréquentes
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