Public averti

La stimulation magnétique transcrânienne dans le Covid long : ce que dit la science

Représentation schématique de la stimulation magnétique transcrânienne : impulsions ciblant le cortex préfrontal

L'article en 1 minute

Lecture audio générée par une voix de synthèse.

Le brouillard mental et la fatigue sont parmi les symptômes les plus invalidants du Covid long. La rTMS, une stimulation magnétique du cerveau, est testée dans ce contexte.

Fait établi : aucun essai de grande taille avec tirage au sort n'a été publié. Les 4 séries de cas portent chacune sur 4 à 23 personnes. Une seule, sur 4 personnes, inclut une stimulation factice.

Une étude de 2023 sur 12 personnes, sans groupe comparatif, rapporte après 10 séances une fatigue passée de 5,7 à 1,9 et un score d'intelligence de 94,6 à 104,4, avec un écart statistiquement significatif. Une étude de 2025 sur 5 personnes rapporte des améliorations chez 3 sur 4, sans écart établi.

Une revue de 6 études juge les données prometteuses mais insuffisantes pour une recommandation médicale. Dans l'étude de 5 personnes, 1 sur 5 a arrêté pour une douleur intolérable. Rien n'existe pour le POTS ou le malaise après l'effort seul.

À retenir : cette stimulation n'est pas une démarche d'auto-soin. Elle demande un centre équipé, une prescription médicale et la recherche des contre-indications, avec un professionnel de santé référent.

📖 Termes de référence
  • rTMS = Répétitive Transcranial Magnetic Stimulation, stimulation magnétique transcrânienne répétitive
  • DLPFC = Dorsolateral Prefrontal Cortex, cortex préfrontal dorsolatéral (zone liée à l'attention, la mémoire de travail, l'humeur)
  • iTBS = Intermittent Theta Burst Stimulation, variante accélérée de la rTMS, séances de 3 minutes
  • Oscillations bêta = activité électrique cérébrale entre 13 et 30 Hz, liée au maintien de l'état postural et à la vigilance motrice
  • SMA = Cortex Moteur Supplémentaire, zone corticale impliquée dans la planification du mouvement et la fatigue à l'effort
  • M1 = Cortex Moteur Primaire, zone d'exécution des commandes motrices volontaires
  • Excitabilité corticale = niveau d'activité de base d'une zone du cerveau, sa capacité à répondre à une stimulation
  • Neuromodulation non invasive = modification de l'activité cérébrale sans chirurgie ni électrodes implantées

Introduction Le brouillard mental et la fatigue cognitive sont parmi les symptômes les plus invalidants du Covid long, et parmi les moins bien pris en charge. La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS), technique non invasive déjà utilisée en psychiatrie depuis des années, commence à attirer l'attention de chercheurs qui la testent dans ce contexte. Que dit réellement la science, et pour qui cette piste peut-elle être pertinente ?

Qu'est-ce que la rTMS, sans jargon

🟢 Preuve établie – Indication reconnue, dépression résistante (France)

Concrètement, la rTMS c'est une raquette posée près de la tête qui envoie de brèves impulsions magnétiques dans une zone précise du cerveau, sans courant électrique appliqué directement sur le crâne, sans anesthésie, sans convulsion. La personne est assise dans un fauteuil et peut parler pendant la séance.

Ce qui compte n’est pas de tout réduire, mais de mieux hiérarchiser les signaux.

Ces impulsions magnétiques traversent librement le crâne et induisent un microcourant électrique dans le tissu cortical situé en dessous, c'est ce microcourant, localisé et non douloureux, qui module temporairement l'excitabilité des neurones de cette zone. Selon la fréquence utilisée, l'effet est stimulant ou inhibiteur :

  • Haute fréquence (10 Hz et plus) : augmente l'excitabilité de la zone cible, effet généralement stimulant
  • Basse fréquence (1 Hz) : réduit l'excitabilité, effet généralement inhibiteur
  • Theta burst intermittent (iTBS) : protocole accéléré qui reproduit des rythmes thêta naturels du cerveau (5 Hz) en salves courtes. Séances de 3 minutes. Même efficacité que les protocoles standards dans la dépression résistante, selon les essais comparatifs disponibles (données non spécifiques au Covid long).

La zone cible principale dans les troubles cognitifs et de l'humeur est le cortex préfrontal dorsolatéral gauche (DLPFC), une région clé pour l'attention, la mémoire de travail, la régulation émotionnelle et le contrôle exécutif. En France, la rTMS est un acte reconnu et remboursable dans la dépression résistante ; elle est utilisée de façon plus limitée, sans remboursement généralisé, dans certaines indications neurologiques. Elle ne bénéficie d'aucune indication reconnue dans le Covid long.

rTMS et DLPFC gauche – principe de la stimulation magnétique DLPFC gauche Bobine rTMS Champ magnétique Modulation de l'excitabilité corticale Attention · Mémoire de travail · Humeur

Localisation du DLPFC gauche et principe de la stimulation magnétique transcrânienne. La bobine génère un champ qui induit un courant dans le tissu cortical cible.

Une séance standard dure 20 à 40 minutes ; un protocole iTBS dure 3 minutes. Les cures classiques comprennent 20 à 30 séances sur 4 à 6 semaines. Les protocoles accélérés (2 séances par jour) peuvent ramener la durée totale à 2 semaines.

📊

Vous suivez vos symptômes cognitifs au quotidien ? L'app Boussole permet de cartographier brouillard mental, énergie et clarté sur des graphiques personnalisés.

Ce que le Covid long fait au cerveau

🟠 Association documentée : TMS-EEG, cohorte n=16 (Casula et al., 2024)

Pour comprendre pourquoi la rTMS est une piste logique dans le Covid long, il faut d'abord comprendre ce que ce syndrome fait au cerveau. Et depuis peu, on a une mesure objective.

Le brouillard mental n’est pas un manque d’effort : c’est le signe d’un coût de pensée devenu trop élevé.

Une étude publiée en 2024 par Casula et ses collègues[4] a combiné TMS et EEG (électroencéphalographie) pour mesurer directement l'activité oscillatoire de deux zones motrices chez 16 personnes atteintes de Covid long souffrant de fatigue persistante, comparées à des témoins sains.

Résultat : une réduction significative des oscillations bêta (activité électrique entre 13 et 30 Hz) dans le cortex moteur primaire (M1) et le cortex moteur supplémentaire (SMA), deux zones impliquées dans la planification et l'exécution du mouvement, mais aussi dans la gestion de l'effort. Ce qui est remarquable : il existe une corrélation significative entre le niveau d'oscillations bêta dans le SMA et le score de fatigue individuel (r = −0,596, p = 0,012). Autrement dit, plus les oscillations sont réduites, plus la fatigue est sévère.

Ce n'est pas une fatigue imaginaire : c'est une signature neurophysiologique mesurable. Et c'est précisément sur ce type de dysfonctionnement que la rTMS peut théoriquement agir, en tentant de restaurer l'excitabilité et le rythme de ces circuits.

Oscillations bêta normales vs réduites dans le Covid long Signal normal (contrôle) Amplitude β préservée Covid long (fatigue) ↓ Amplitude β : corrélée à la fatigue →

Représentation stylisée des oscillations bêta TMS-évoquées. Dans le Covid long avec fatigue, l'amplitude est réduite dans M1 et le SMA. Corrélation r = −0,596 avec le score de fatigue (p = 0,012).

👁️ L'œil du Docteur en pharmacie

Ce qui me semble intéressant dans l'étude Casula, c'est qu'elle identifie un corrélat neurophysiologique objectif, mesurable et associé à l'intensité des symptômes chez 16 personnes. Ce n'est pas encore un biomarqueur diagnostique ou prédictif validé : la taille de l'échantillon et l'absence de réplication ne permettent pas de généraliser. Cela légitime néanmoins l'exploration de cibles thérapeutiques neurophysiologiques dans le Covid long, et la rTMS est l'une des techniques capables d'agir à ce niveau.

Ce que les études cliniques montrent

🔴 Signal préliminaire : séries de cas, pas de RCT publié

Soyons précis d'emblée : les 4 séries de cas publiées sur la rTMS dans le Covid long portent sur 4 à 23 personnes chacune, sans groupe contrôle pour 3 d'entre elles. Il n'existe pas encore de grand essai contrôlé randomisé. Les données actuelles sont encourageantes mais exploratoires.

Une preuve solide ne promet pas tout : elle aide surtout à éviter les mauvaises pistes.

Sakib et al. 2024 : seul essai avec condition sham (n=4)

L'équipe de l'Université de Waterloo[2] est à ce jour la seule à avoir comparé une stimulation active à une stimulation factice (sham, bobine désactivée) dans le Covid long. Quatre personnes atteintes de Covid long ont reçu les trois conditions : iTBS-600 (600 impulsions), iTBS-300 (300 impulsions), et sham. Résultats : des tendances positives sur le brouillard mental, la qualité de vie et l'anxiété, une bonne tolérance, aucun événement indésirable grave. L'échantillon est trop petit pour tirer des conclusions fermes, mais c'est la seule série qui contrôle l'effet placebo.

Bock et al. 2025 (ePub 2024), Mayo Clinic : 5 patients, protocole accéléré

À la Mayo Clinic[1], 5 personnes atteintes de Covid long (52-63 ans, 3 femmes) ont suivi un protocole de rTMS accélérée avec iTBS ciblant le DLPFC gauche. Un des 5 patients a arrêté immédiatement en raison de douleurs au cuir chevelu intolérables. Chez les 4 qui ont terminé, les scores PROMIS (Patient-Reported Outcomes Measurement Information System) montrent :

  • Fatigue : de 74,5 à 61,8 (amélioration de 13 points)
  • Dépression : de 60,3 à 51,5
  • Anxiété : de 62,0 à 54,0
  • Cognition : de 26,8 à 32,3 (amélioration, score croissant)

Ces changements ne sont pas statistiquement significatifs (cohorte trop petite), mais 3 des 4 personnes ayant terminé rapportent une amélioration subjective. Les auteurs soulignent que dans des maladies chroniques avec souffrance prolongée, même une amélioration modeste a une valeur clinique.

Sasaki et al. 2023 : 12 patients, rTMS + imagerie SPECT

Une équipe japonaise[5] a appliqué une rTMS haute fréquence sur les lobes frontal et occipital de 12 personnes atteintes de Covid long (44 ans en moyenne, 202 jours depuis l'infection). 10 séances complètes ont été réalisées sans événement indésirable. Résultats significatifs :

  • Fatigue (Brief Fatigue Inventory) : de 5,7 à 1,9 (p < 0,01)
  • Apathie (Apathy Scale) : de 19,2 à 10,3 (p < 0,01)
  • QI total (WAIS-4) : de 94,6 à 104,4, amélioration dans tous les sous-items cognitifs
  • Hypoperfusion cérébrale (SPECT) : réduite en étendue et en sévérité après 10 séances

Ces résultats, bien que statistiquement significatifs, proviennent d'une série de cas sans groupe contrôle ni condition sham : l'effet spécifique de la rTMS ne peut être isolé d'un effet placebo ou d'une évolution spontanée des symptômes.

Noda et al. 2022 – étude en vie réelle, 23 patients, Japon

Une étude en vie réelle menée dans des cliniques de rTMS à Tokyo[6] a suivi 23 personnes atteintes de Covid long (13 femmes), présentant principalement une fatigue chronique et des troubles cognitifs, souvent associés à des symptômes dépressifs légers. Le protocole appliqué était celui validé dans la dépression résistante.

Le score de dépression (MADRS) est passé de 21,2 à 9,8 en moyenne, le score de fatigue (Performance Status) de 5,4 à 4,2, et un score de plaintes cognitives de 10,0 à 6,3. Il s'agit toutefois d'une étude ouverte, sans groupe contrôle ni condition sham : ces résultats ne permettent pas de distinguer l'effet spécifique de la rTMS d'un effet placebo ou d'une évolution naturelle des symptômes.

Gorenshtein et al. 2024 – revue de contexte sur la neuromodulation non invasive

Cette revue de la littérature[3] porte sur la neuromodulation non invasive au sens large (rTMS, stimulation transcrânienne à courant continu, stimulation vagale...) et non sur la rTMS spécifiquement ; elle a identifié 6 études, toutes montrant des améliorations positives sur la cognition. Conclusion des auteurs : les données sont prometteuses, mais l'absence de protocole standardisé et de RCT empêche toute recommandation clinique formelle. Elle constitue une preuve indirecte pour la rTMS, pas une 5e série de cas rTMS-spécifique.

⚠️ Mise en perspective obligatoire : Ces 4 séries de cas portent sur un total de 4 à 23 personnes chacune. Pas encore de grand essai contrôlé randomisé publié. Les tendances positives sont cohérentes mais non confirmées à large échelle. Une revue systématique publiée en 2026[7] confirme qu'une méta-analyse n'est pas encore possible faute de données suffisamment homogènes. Ces données justifient l'exploration, pas une recommandation clinique standardisée.

Tolérance et sécurité

🟠 Association documentée : données consolidées dépression + Covid long

La sécurité de la rTMS est bien caractérisée dans ses indications validées (dépression résistante), et les études dans le Covid long confirment un profil similaire.

La clarté vient souvent d’un cadre qui respecte la complexité au lieu de la gommer.

Effets indésirables rapportés dans les études sur le Covid long :

  • Picotements ou douleurs au niveau du cuir chevelu pendant la stimulation (fréquent, transitoire)
  • Céphalées légères après la séance (rare, disparaissant spontanément)
  • Dans l'étude Bock, 1 personne sur 5 a arrêté immédiatement pour douleur intolérante au cuir chevelu

Contre-indications absolues liées au dispositif (matériel ferromagnétique ou électronique sensible au champ magnétique) :

  • Implant cochléaire
  • Neurostimulateur cortical implanté (stimulateur cérébral profond, électrodes corticales implantées)
  • Stimulateur cardiaque ou défibrillateur implantable
  • Tout dispositif ferromagnétique implanté en tête, cou ou thorax (clips d'anévrisme, corps étrangers métalliques intracrâniens, pompes intrathécales)

Facteurs de risque individuels nécessitant une évaluation médicale préalable, sans exclusion automatique (recommandations IFCN 2021) :

  • Antécédents d'épilepsie ou de crise convulsive : le risque de crise induite existe mais reste faible aux paramètres standard, la décision se prend au cas par cas
  • Grossesse : données insuffisantes dans cette indication, utilisation déconseillée sauf nécessité absolue évaluée par un médecin

Aucune dépendance n'est documentée avec la rTMS. À la différence de l'électroconvulsivothérapie (ECT), elle n'implique ni exposition pharmacologique ni anesthésie générale, et n'est pas associée aux troubles mnésiques parfois rapportés après ECT.

Quels profils ont été étudiés jusqu'ici ?

🔴 Signal préliminaire : consensus d'expert, pas de critères validés

Sur la base des données disponibles, les profils pour lesquels la rTMS représente une piste la plus cohérente sont :

Une explication utile simplifie sans trahir ce que le corps essaie de montrer.
  • Brouillard mental dominant : difficultés de concentration, mémoire de travail altérée, ralentissement cognitif
  • Fatigue cognitive : distincte de la fatigue physique à l'effort : fatigabilité mentale disproportionnée, pas nécessairement de malaise post-effort systématique
  • Composante anxieuse ou dépressive associée : là où les données de la rTMS en psychiatrie sont les plus solides

En revanche, aucune donnée n'est disponible à ce jour sur la rTMS dans les profils à prédominance de POTS (syndrome de tachycardie orthostatique posturale), de malaise post-effort isolé, ou de symptômes gastro-intestinaux : son intérêt dans ces tableaux n'est ni établi ni écarté.

⚠️ La rTMS n'est pas une démarche d'auto-soin. Elle nécessite un centre équipé (CHU, clinique spécialisée), une prescription médicale, et une évaluation préalable des contre-indications. Envisager cette piste avec votre professionnel de santé référent.

Ce qu'on attend encore

🔴 Données insuffisantes : essais en cours

Plusieurs éléments doivent encore être établis avant que la rTMS puisse être recommandée formellement dans le Covid long :

Le bon modèle n’écrase pas la complexité : il aide à relier les indices sans transformer une piste en certitude.
  • Un essai contrôlé randomisé à large échelle : avec groupe sham, suivi à 3 et 6 mois
  • Standardisation des protocoles : zone cible (DLPFC gauche vs SMA vs occipital), fréquence, nombre de séances, durée
  • Biomarqueurs prédictifs de réponse : les oscillations bêta de base pourraient être un candidat pertinent pour identifier a priori qui répondra le mieux
  • Évaluation de la durabilité : les bénéfices observés dans les petites séries sont-ils maintenus à distance ?

Une revue systématique parue en mai 2026[7] a tenté de faire ce bilan : seules 4 séries de cas non contrôlées ou rétrospectives étaient disponibles, et une méta-analyse s'est révélée impossible faute de données suffisamment homogènes. Les auteurs qualifient les résultats d'exploratoires et appellent à des essais contrôlés randomisés bien conçus avant toute conclusion sur l'efficacité.

🧩 Ce que l'on sait, et ce que l'on ne sait pas encore

Ce qui est établi : Le Covid long est associé à une réduction mesurable des oscillations bêta dans les aires motrices (M1, SMA), corrélée à l'intensité de la fatigue. La rTMS est une technique sûre, bien tolérée, dont l'indication est reconnue et remboursée dans la dépression résistante en France. Des tendances positives sur la cognition et la fatigue cognitive ont été observées dans 4 séries de cas totalisant 4 à 23 personnes chacune, avec un corrélat neurophysiologique objectivé par ailleurs (Casula et al., n=16).

Ce qui reste spéculatif : Le bénéfice clinique à large échelle n'est pas démontré (pas de RCT publié). Les protocoles optimaux (zone cible, fréquence, nombre de séances) ne sont pas standardisés. On ne sait pas qui répondra et qui ne répondra pas. Les données de durabilité au-delà de quelques semaines sont insuffisantes. La prise en charge financière en France est limitée hors indication validée.

Ce qu'il faut retenir

Dans de petites séries de cas sur le Covid long, la rTMS appliquée au cortex préfrontal dorsolatéral s'accompagne de tendances positives sur le brouillard mental et la fatigue : significatives dans une étude (Sasaki et al.), non significatives dans une autre (Bock et al.). Le mécanisme reste hypothétique : la modulation de la connectivité corticale est évoquée par analogie avec la dépression, mais n'est pas démontrée dans cette indication. Ce n'est pas une technique expérimentale de niche : elle est utilisée en routine dans la dépression résistante depuis des années.

Les données restent préliminaires dans le Covid long spécifiquement (essais de petite taille, protocoles hétérogènes, pas de RCT publié) et les contre-indications doivent être vérifiées systématiquement. L'accès est inégal selon les régions. Une piste à explorer avec un praticien formé, pas encore une option thérapeutique validée dans cette indication.

À retenir en pratique

Si vous envisagez la rTMS pour brouillard mental ou fatigue, cherchez d'abord un avis dans un centre habitué à la neuromodulation. Les questions clés sont la cible cérébrale, la fréquence, le nombre de séances, l'indication principale, les objectifs mesurables et le suivi des effets indésirables.

Les contre-indications doivent être vérifiées avant toute séance : antécédents de crise d'épilepsie, implants ou métal intracrânien, dispositifs électroniques implantés, certains traitements abaissant le seuil épileptogène, grossesse ou contexte neurologique instable. Les dispositifs grand public ne remplacent pas un protocole médical calibré.

Questions fréquentes

C'est quoi la différence entre la rTMS et les électrochocs ?

Les électrochocs (ECT) provoquent une crise convulsive sous anesthésie générale via un courant électrique direct appliqué sur le crâne. La rTMS n'induit aucune convulsion : elle génère des impulsions magnétiques focalisées qui modulent localement l'activité de zones corticales précises, sans passage de courant électrique à travers le crâne, et sans anesthésie. La rTMS est réalisée en consultation externe, dure 3 à 40 minutes selon les protocoles, et n'est pas associée aux troubles mnésiques parfois rapportés après l'électroconvulsivothérapie. Ce sont deux techniques de neuromodulation profondément différentes dans leur mécanisme, leur intensité et leur profil de tolérance.

Combien de séances sont nécessaires ?

Les protocoles standard utilisés en pratique clinique comprennent généralement 20 à 30 séances, à raison de 5 séances par semaine sur 4 à 6 semaines. Les protocoles accélérés (comme le theta burst iTBS) permettent de réduire la durée de chaque séance à 3 minutes, avec parfois 2 séances quotidiennes sur une période plus courte. Dans les études spécifiques au Covid long, les durées varient de 10 à 30 séances selon le protocole et l'équipe. Il n'existe pas encore de consensus standardisé pour le Covid long.

La rTMS est-elle remboursée en France pour le Covid long ?

En France, la rTMS est un acte de neurostimulation reconnu et remboursable dans la dépression résistante, et évalué de façon plus limitée dans certaines indications neurologiques (douleurs neuropathiques, rééducation post-AVC), sans remboursement généralisé pour celles-ci. Elle ne bénéficie d'aucune indication reconnue dans le Covid long. Le remboursement par l'Assurance maladie est donc limité aux indications reconnues. Une prise en charge partielle peut exister dans certains centres hospitaliers universitaires dans le cadre de consultations spécialisées Covid long, mais ce n'est pas généralisé. Il est recommandé de vérifier directement auprès de la structure envisagée.

Peut-on faire la rTMS en même temps que d'autres approches ?

La rTMS est généralement compatible avec un suivi pluridisciplinaire incluant la kinésithérapie douce, la psychothérapie (notamment les TCC), ou certains compléments nutritionnels. Elle ne présente pas d'interactions médicamenteuses directes connues avec la plupart des traitements habituels du Covid long. En revanche, certains médicaments qui abaissent le seuil épileptique (certains antidépresseurs à haute dose, certains antibiotiques) représentent une précaution à évaluer. La décision appartient au praticien qui prescrit, après évaluation individuelle complète.

Suivre vos symptômes cognitifs avec Boussole

Brouillard mental, énergie disponible, clarté mentale : Boussole vous permet de cartographier vos tendances au quotidien et de les relire. Données stockées localement, sans cloud.

Ouvrir l'app gratuitement
⚠️ La rTMS requiert prescription et centre spécialisé

La stimulation magnétique transcrânienne répétitive n'est pas une approche en automédication. Elle nécessite une infrastructure médicale, une prescription et une évaluation préalable.

① Contre-indications absolues : antécédents d'épilepsie ou de crises convulsives, implants métalliques intracrâniens, stimulateur cardiaque ou défibrillateur : la rTMS est formellement contre-indiquée dans ces situations.

② Dispositifs commerciaux "grand public" : les casques de neurostimulation en vente libre n'ont pas les paramètres ni la précision des appareils médicaux utilisés dans les essais cliniques. Leur efficacité dans le Covid long n'est pas démontrée.

③ Accès en France : la rTMS est disponible dans certains CHU et cliniques spécialisées. Demandez à votre neurologue ou psychiatre référent si cette piste est pertinente pour votre situation.

Sources

  1. Bock J, Kung S, Ganesh R, Hurt RT, Lapid MI. Evaluating Repetitive Transcranial Magnetic Stimulation for Neuropsychiatric Symptoms in Long COVID: A Case Series. J ECT. 2025 Jun 1;41(2):101-104. PMID : 39531278. DOI : 10.1097/YCT.0000000000001072
  2. Sakib MN, Saragadam A, Santagata MC, Jolicoeur-Becotte M, Kozyr L, Burhan AM, Hall PA. rTMS for post-covid-19 condition: A sham-controlled case series involving iTBS-300 and iTBS-600. Brain Behav Immun Health. 2024 Feb 5;36:100736. PMID : 38371381. DOI : 10.1016/j.bbih.2024.100736
  3. Gorenshtein A, Liba T, Leibovitch L, Stern S, Stern Y. Intervention modalities for brain fog caused by long-COVID: systematic review of the literature. Neurol Sci. 2024 Jul;45(7):2951-2968. PMID : 38695969. DOI : 10.1007/s10072-024-07566-w
  4. Casula EP, Esposito R, Dezi S, Ortelli P, Sebastianelli L, Ferrazzoli D, et al. Reduced TMS-evoked EEG oscillatory activity in cortical motor regions in patients with post-COVID fatigue. Clin Neurophysiol. 2024 Sep;165:26-35. PMID : 38943790. DOI : 10.1016/j.clinph.2024.06.008
  5. Sasaki N, Yamatoku M, Tsuchida T, Sato H, Yamaguchi K. Effect of Repetitive Transcranial Magnetic Stimulation on Long Coronavirus Disease 2019 with Fatigue and Cognitive Dysfunction. Prog Rehabil Med. 2023 Feb 28;8:20230004. PMID : 36861061. DOI : 10.2490/prm.20230004
  6. Noda Y, Sato A, Shichi M, Sato A, Fujii K, Iwasa M, Nagano Y, Kitahata R, Osawa R. Real world research on transcranial magnetic stimulation treatment strategies for neuropsychiatric symptoms with long-COVID in Japan. Asian J Psychiatr. 2023 Feb;81:103438. Epub 2022 Dec 28. PMID : 36610206. DOI : 10.1016/j.ajp.2022.103438
  7. Sanal-Hayes NEM, Slade K, Mclaughlin M, Berry E, Swift E, Humphreys G, Hasshim N, Royle WS, Hayes LD. Therapeutic Potential of Repetitive Transcranial Magnetic Stimulation (TMS) in Long COVID: A Systematic Review with Structured Narrative Synthesis. COVID. 2026;6(6):90. DOI : 10.3390/covid6060090