L'immunité revient-elle vraiment à son état initial ?
Après une infection, le système immunitaire garde une mémoire ciblée : c'est normal, c'est même la base de la protection contre une réinfection. Chez une partie des personnes suivies après une infection sévère, un Covid long ou un tableau d'EM/SFC, d'autres marqueurs, plus diffus, restent aussi mesurables plusieurs mois après la phase aiguë. Cela ne signifie pas qu'une maladie est en cours : cela signifie qu'une activité biologique se prolonge au-delà de ce qu'on attend d'une mémoire immunitaire normale, une activité qui commence seulement à être comprise.
Une infection sévère ou un Covid long peuvent laisser une activité immunitaire mesurable plus de 180 jours après l'infection ; des anomalies immunitaires sont également retrouvées dans des cohortes d'EM/SFC, sans fenêtre temporelle définie par rapport à un épisode initial.
Les lymphocytes T et B gardent une mémoire ciblée sur l'agent infectieux ; certaines cellules innées peuvent, elles, rester reprogrammées sans cibler un antigène précis.
Des autoanticorps sont associés au Covid long dans plusieurs études, mais un essai ciblant les lymphocytes B n'a pas démontré de bénéfice clinique dans l'EM/SFC.
Une activité immunitaire prolongée mobilise des ressources métaboliques ; une étude a mesuré directement des anomalies énergétiques dans les lymphocytes T de personnes avec EM/SFC.
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