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Microcaillots, Covid long, EM/SFC : que valent vraiment les fibrinolytiques naturels ?

Les microcaillots sont une piste sérieuse dans le Covid long, mais les enzymes dites fibrinolytiques ne sont pas une solution validée. Nattokinase, serrapeptase, bromélaïne et lumbrokinase ont une plausibilité biologique inégale. Le point décisif reste l'écart entre ce qu'une enzyme peut faire sur de la fibrine et ce qu'elle démontre réellement chez une personne malade.

Cet article est pour vous si

Vous vivez avec un Covid long, une EM/SFC, un POTS, une fibromyalgie ou une maladie chronique complexe, et vous avez vu passer l'idée d'enzymes capables de « dissoudre » des microcaillots. L'objectif ici n'est pas de vous orienter vers un produit, mais de séparer mécanisme plausible, preuve clinique et risque concret.

Repères rapides
0prise en charge officielle validée des microcaillots dans le Covid long
4enzymes souvent citées, avec des niveaux de preuve très différents
1risque prioritaire à vérifier : le saignement et les interactions

Ce que vous allez comprendre

Microcaillots ne veut pas dire thrombose classique

Ces structures fibrinoïdes étudiées dans le Covid long ne se détectent pas comme une phlébite ou une embolie.

La plausibilité n'est pas une preuve clinique

Une activité sur la fibrine en laboratoire ne suffit pas à démontrer une amélioration des symptômes.

Le risque de saignement est réel

Anticoagulants, antiagrégants, AINS, ISRS et certains compléments peuvent modifier l'équilibre hémostatique.

Les maladies chroniques restent multifactorielles

Coagulation, immunité, dysautonomie, mitochondries et mastocytes peuvent coexister sans qu'un seul levier explique tout.

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Lecture simplifiée
Masque les détails biochimiques : garde l'essentiel et les conseils pratiques
Glossaire rapide
  • Fibrine : filet protéique qui stabilise un caillot sanguin.
  • Fibrinolyse : système naturel qui dégrade la fibrine quand le caillot n'est plus utile.
  • Endothélium : couche interne des vaisseaux, active dans l'inflammation, la coagulation et le tonus vasculaire.
  • Plaquettes : cellules sanguines impliquées dans l'arrêt du saignement et l'inflammation vasculaire.
  • PAI-1 : inhibiteur de la fibrinolyse ; quand il augmente, la dégradation de la fibrine peut devenir moins efficace.
Illustration scientifique de microcirculation, fibrine et enzymes fibrinolytiques naturelles

Microcaillots : de quoi parle-t-on exactement ?

Association documentée - méthodes spécialisées

Les microcaillots étudiés dans le Covid long sont de petites structures riches en fibrine, différentes des thromboses classiques visibles aux examens habituels. Leur détection reste surtout un outil de recherche.

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Les microcaillots décrits dans le Covid long sont des structures riches en fibrine, souvent qualifiées de fibrinoïdes ou amyloïdes, et non des thromboses classiques visibles à l'imagerie standard. La fibrine sert normalement à consolider un caillot après une lésion. Les plaquettes participent à ce processus. L'endothélium, c'est-à-dire la paroi interne des vaisseaux, module en permanence coagulation, inflammation et circulation fine.

Dans plusieurs travaux de l'équipe Pretorius/Kell, des dépôts fibrino-amyloïdes persistants ont été observés dans le plasma de personnes avec Covid long, avec une résistance anormale à la fibrinolyse et une association avec l'hyperactivation plaquettaire.[1][2] Ces observations sont intéressantes, mais elles reposent sur des techniques de recherche spécialisées, comme la microscopie à fluorescence ou l'analyse protéomique, pas sur une prise de sang courante.

Point de méthode important

Le mot « microcaillot » est utile pour vulgariser, mais il est imparfait. La revue Cochrane préfère parler de particules amyloïdes fibrine/fibrinogène, car ces structures ne correspondent pas forcément à des caillots sanguins au sens clinique du terme. Elles ont aussi été décrites chez des personnes témoins et dans d'autres contextes, dont le diabète.[14]

Cette nuance change la conclusion pratique : signal biologique intéressant, pas biomarqueur clinique validé, pas indication de traitement. Des analyses critiques récentes estiment que les données ne justifient ni l'usage hors cadre d'antithrombotiques, ni l'aphérèse en dehors d'essais bien construits.[15]

Microcaillot fibrinoïde et fibrinolyse Fibrine filet du caillot Plaquettes activées Fibrinolyse dégradation régulée
Un microcaillot n'est pas seulement un « bouchon » : c'est un équilibre entre fibrine, plaquettes, endothélium, inflammation et capacité de fibrinolyse.
Un microcaillot n'est pas une preuve de cause unique : c'est un signal vasculaire à replacer dans un système plus large.

Pourquoi cette piste intéresse le Covid long, l'EM/SFC et le POTS

Hypothèse étayée - causalité incomplète

La piste vasculaire relie inflammation, vaisseaux, plaquettes et circulation fine. Elle peut aider à comprendre certains symptômes, sans prouver qu'elle explique tout le Covid long, l'EM/SFC ou le POTS.

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La piste microvasculaire intéresse ces maladies parce qu'elle relie inflammation persistante, activation de l'endothélium, plaquettes activées et hypoperfusion tissulaire. Si une partie de la microcirculation fonctionne mal, certains tissus peuvent recevoir moins d'oxygène au moment où la demande augmente. Cela pourrait contribuer à la fatigue, au brouillard cérébral, au malaise post-effort et à certaines manifestations de dysautonomie.

Dans le Covid long, les études décrivent des microcaillots, des plaquettes hyperactivées et des molécules inflammatoires piégées dans les dépôts fibrinoïdes.[3][4] Une revue thrombo-inflammatoire publiée dans le Journal of Thrombosis and Haemostasis présente cette piste comme cohérente, mais encore incomplète.[5]

Pour le POTS, un article de 2024 propose un lien mécanistique entre microcaillots fibrinoïdes, fatigue et tachycardie orthostatique dans le contexte du Covid long.[6] Le mot important est « propose ». On parle d'un modèle explicatif, pas d'une causalité définitivement démontrée ni d'un test de routine validé.

Ce que le suivi rend visible

Un mécanisme biologique ne raconte pas toute votre trajectoire. Le suivi régulier des efforts, du sommeil, du malaise post-effort et des variations orthostatiques aide à documenter ce qui fluctue vraiment au quotidien.

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Tube de sang et analyseur de laboratoire, rappelant que les microcaillots restent une piste biologique spécialisée
Cascade hypothétique microvasculaire Inflammation Endothélium Microflux Symptômes Une association cohérente ne prouve pas qu'un seul levier corrige toute la maladie.
Le modèle microvasculaire est plausible, mais il reste un maillon parmi d'autres mécanismes post-infectieux.
La piste vasculaire mérite d'être étudiée ; elle ne mérite pas d'être transformée en explication totale.

Existe-t-il une prise en charge officielle des microcaillots ?

Fait établi - absence de recommandation dédiée

À ce jour, il n'existe pas de prise en charge officielle validée des microcaillots dans le Covid long, l'EM/SFC ou le POTS. Les anticoagulants et antiagrégants ont des indications reconnues : thrombose veineuse, embolie pulmonaire, fibrillation atriale, prévention cardiovasculaire dans certains contextes, ou situations hospitalières précises. Ils ne sont pas destinés à corriger une hypothèse biologique observée sur des tests de recherche.

Des recommandations cliniques récentes sur le Covid long indiquent que l'utilisation d'anticoagulants ou d'antiagrégants pour prévenir des caillots n'est pas recommandée sans indication documentée, tandis qu'un caillot réellement diagnostiqué relève des recommandations habituelles.[7] Les stratégies combinant plusieurs agents antithrombotiques restent expérimentales, hors routine, et exposent à un risque hémorragique.

Dans le cadre français, la logique reste clinique, globale et symptomatique : documenter les symptômes, rechercher des causes alternatives, adapter l'effort, traiter les complications identifiées et orienter selon les atteintes dominantes. Les microcaillots ne constituent pas, à ce stade, une indication thérapeutique reconnue par la HAS.[16]

À retenir

Le raisonnement sérieux n'est pas « microcaillots donc anticoagulants ». Le raisonnement prudent est : signal de recherche, validation clinique incomplète, décision médicale uniquement si une indication reconnue existe.

Niveau pratique des pistes

Microcaillots. Signal décrit en recherche ; causalité, test de routine et traitement restent non validés. Niveau pratique : recherche.

Nattokinase. Marqueurs fibrinolytiques modifiés dans des données humaines limitées ; bénéfice symptomatique Covid long non démontré. Niveau pratique : non validé.

Lumbrokinase. Essai pilote en cours ; résultats cliniques non publiés. Niveau pratique : expérimental.

Serrapeptase et bromélaïne. Données indirectes ; bénéfice Covid long non établi. Niveau pratique : non validé.

Anticoagulants et antiagrégants. Utiles s'il existe une indication reconnue ; non recommandés pour prévenir des caillots dans le Covid long sans indication documentée. Niveau pratique : décision médicale cadrée.

Quand le risque de saignement existe, l'hypothèse biologique ne suffit pas à justifier une intervention.

Pourquoi parle-t-on de fibrinolytiques naturels ?

Plausibilité biologique - transposition limitée

Les fibrinolytiques naturels sont cités parce que certaines enzymes peuvent interagir avec la fibrine ou les systèmes qui la dégradent. La nattokinase vient du natto, un aliment japonais à base de soja fermenté. La serrapeptase, aussi appelée serratiopeptidase, est une enzyme protéolytique. La bromélaïne est issue de l'ananas. La lumbrokinase regroupe des enzymes extraites de vers de terre dans certains produits ou travaux pharmacologiques.

Le piège est simple : une enzyme peut montrer une activité sur un substrat en laboratoire, mais cela ne démontre pas qu'elle atteint la bonne cible, au bon endroit, à la bonne dose, chez une personne avec Covid long ou EM/SFC. Entre « dégrade de la fibrine » et « améliore une maladie chronique », il manque plusieurs étapes : absorption, stabilité digestive, biodisponibilité, cible réelle, sous-groupe concerné, bénéfice clinique et sécurité.

Une enzyme active dans une boîte de laboratoire n'est pas encore une réponse clinique dans un corps malade.

Nattokinase : piste plausible, pas preuve clinique

Données humaines limitées - pas d'essai Covid long

La nattokinase est l'enzyme la plus plausible biologiquement, mais les données disponibles portent surtout sur des marqueurs ou d'autres contextes. Elle n'est pas prouvée comme réponse clinique dans le Covid long.

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La nattokinase est probablement la piste la plus biologiquement plausible, mais elle n'est pas une approche validée du Covid long. Des données humaines chez des volontaires sains montrent qu'une dose orale unique peut modifier temporairement certains marqueurs de fibrinolyse et d'anticoagulation, avec augmentation des produits de dégradation de la fibrine et modifications de paramètres de coagulation restant dans les normes.[8]

Des revues décrivent aussi des mécanismes possibles : hydrolyse de la fibrine, modulation de PAI-1, influence sur l'activateur du plasminogène et effets cardiovasculaires plus larges.[9] Mais ces données ne répondent pas à la question centrale : améliore-t-elle les symptômes, l'effort, le brouillard cérébral ou le malaise post-effort chez des personnes avec Covid long ? À ce jour, la réponse clinique robuste manque.

Le signal n'est pas non plus uniformément favorable. Un essai randomisé sur la prévention athérothrombotique n'a pas montré d'effet significatif sur la progression de l'athérosclérose subclinique chez des personnes à faible risque cardiovasculaire.[10] Ce n'est pas le même contexte que le Covid long, mais cela rappelle qu'une plausibilité biologique ne garantit pas un bénéfice mesurable.

Écart entre mécanisme et preuve clinique In vitro Biomarqueurs Symptômes Validation plausible limités non démontrés absente
La nattokinase se situe du côté de la plausibilité et des marqueurs, pas encore du côté d'un bénéfice clinique démontré dans le Covid long.
La nattokinase est la meilleure candidate théorique du groupe ; ce statut ne la transforme pas en réponse validée.

Serrapeptase, bromélaïne, lumbrokinase : preuves fragiles

Données indirectes - extrapolation forte

Serrapeptase, bromélaïne et lumbrokinase ont des données indirectes ou fragiles. Leur activité biologique ne suffit pas à démontrer un bénéfice dans le Covid long, l'EM/SFC ou le POTS.

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Pour la serrapeptase, la bromélaïne et la lumbrokinase, le niveau de preuve appliqué au Covid long, à l'EM/SFC ou au POTS est plus fragile que pour la nattokinase. La serrapeptase est souvent présentée comme anti-inflammatoire et fibrinolytique. Une revue systématique de 2013 conclut pourtant que les données cliniques sont insuffisantes pour soutenir son usage comme complément de santé, avec un manque de données solides de sécurité à long terme.[11]

La bromélaïne possède des propriétés protéolytiques et des effets décrits sur la coagulation dans des modèles expérimentaux. Une étude par thromboélastographie a même rapporté des effets paradoxaux sur la coagulabilité, ce qui invite à éviter les raccourcis simplistes.[12] La bromélaïne peut donc être biologiquement intéressante sans devenir une réponse aux microcaillots du Covid long.

La lumbrokinase est discutée dans des contextes vasculaires, notamment l'accident vasculaire cérébral. Une méta-analyse récente suggère un potentiel en neurologie vasculaire, mais conclut aussi que les preuves restent limitées et que des essais de meilleure qualité sont nécessaires.[13] Ce résultat ne valide pas son usage dans le Covid long, l'EM/SFC ou le POTS.

À noter : un essai clinique pilote évalue actuellement la lumbrokinase chez des adultes avec Covid long, syndrome post-traitement de Lyme ou EM/SFC. Il est enregistré comme essai de phase 1/2, avec recrutement annoncé et 120 participants prévus. C'est un signal d'intérêt scientifique, pas une preuve d'efficacité : aucun résultat clinique publié ne permet aujourd'hui d'en tirer une recommandation.[17]

Plus une preuve vient d'un autre contexte clinique, plus la transposition doit être lente, explicite et prudente.

Prudence : risque de saignement

Sécurité patient - interactions à vérifier

Le point de sécurité prioritaire n'est pas de savoir si un produit est « naturel », mais s'il peut déplacer l'équilibre entre coagulation et saignement. Les enzymes fibrinolytiques et les compléments à effet antiagrégant potentiel ne doivent pas être banalisés, surtout si vous prenez déjà des médicaments qui modifient l'hémostase.

Prudence : risque de saignement

Le risque augmente surtout en association avec des anticoagulants comme apixaban, rivaroxaban, warfarine ou héparine ; des antiagrégants comme aspirine ou clopidogrel ; des AINS comme ibuprofène, kétoprofène ou naproxène ; certains ISRS ou IRSNa qui peuvent légèrement augmenter le risque hémorragique via les plaquettes ; ou des compléments comme ginkgo, ail concentré, curcuma à haute dose et oméga-3 à haute dose.

Le signal clinique n'est pas théorique : un cas d'hémorragie cérébelleuse a été rapporté chez une personne prenant de l'aspirine après ajout de nattokinase. Un cas isolé ne prouve pas un risque fréquent, mais il suffit à rappeler que l'association antiagrégant plus enzyme fibrinolytique ne doit pas être improvisée.[18]

Autre confusion fréquente : natto alimentaire et nattokinase purifiée ne sont pas équivalents. Le natto peut apporter beaucoup de vitamine K et interagir avec la warfarine, alors que certains produits de nattokinase sont formulés avec retrait de vitamine K. Cela ne rend pas ces produits anodins : le risque d'interactions avec anticoagulants, antiagrégants ou fibrinolytiques reste une question de sécurité.[19][20]

Le même niveau de prudence s'impose avant une chirurgie, un soin dentaire invasif, en cas de trouble de coagulation ou d'antécédent d'hémorragie. Si vous avez un traitement en cours ou un terrain à risque, la seule attitude raisonnable est d'en parler avec un professionnel de santé.

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Le risque le plus sous-estimé est l'empilement : anticoagulant, antiagrégant, anti-inflammatoire, complément « fluidifiant » et chirurgie dentaire rapprochée. Chaque élément peut paraître faible isolément ; l'association change le niveau de risque.

Empilement des facteurs hémorragiques Risque saignement Anticoagulants Antiagrégants AINS / ISRS Compléments
Le danger n'est pas seulement le produit isolé, mais l'addition de plusieurs leviers qui poussent dans la même direction.
Naturel ne veut pas dire neutre quand le sang, les plaquettes et la chirurgie sont dans l'équation.

L'erreur fréquente : confondre fibrine et maladie chronique

Modèle multifactoriel - preuve hétérogène

Même si des microcaillots participent à certains symptômes, agir sur la fibrine ne résume pas une maladie chronique complexe. Le Covid long, l'EM/SFC, le POTS et la fibromyalgie peuvent impliquer l'immunité innée, les mastocytes, les mitochondries, la dysautonomie, le microbiote, l'auto-immunité, la neuroinflammation et l'axe tryptophane-kynurénine.

La logique « microcaillots donc enzyme » est trop courte. Elle oublie les sous-groupes, la temporalité, les comorbidités, les déclencheurs post-infectieux, l'état vasculaire initial et les effets indésirables. Elle risque aussi de transformer une piste de recherche en protocole personnel improvisé, exactement là où la prudence devrait augmenter.

Une maladie à plusieurs mécanismes ne se laisse pas réduire à un seul caillot, même microscopique.

Ce que la science permet de dire aujourd'hui

Synthèse prudente - confiance modérée

La conclusion raisonnable tient en cinq points, et aucun ne justifie l'automédication. Premièrement, les microcaillots sont une piste sérieuse de recherche dans le Covid long. Deuxièmement, leur rôle causal reste à préciser. Troisièmement, il n'existe pas de prise en charge officielle validée pour les microcaillots dans le Covid long, l'EM/SFC ou le POTS.

Quatrièmement, les fibrinolytiques naturels ont une plausibilité biologique, surtout la nattokinase. Cinquièmement, le niveau de preuve clinique reste insuffisant et les interactions ne sont pas négligeables. Le sujet mérite donc d'être étudié, pas transformé en raccourci thérapeutique.

À retenir

Fait établi : la coagulation et l'inflammation vasculaire sont impliquées dans une partie de la biologie du Covid long. Hypothèse étayée : les microcaillots pourraient contribuer à certains symptômes chez certains profils. Spéculation à éviter : croire qu'une enzyme naturelle va corriger seule une maladie post-infectieuse complexe.

Comprendre un mécanisme doit ouvrir le dialogue avec les soignants, pas remplacer ce dialogue par un protocole personnel.
Ce que l'on sait, et ce que l'on ne sait pas

Fait établi. Des anomalies de fibrine, de plaquettes, d'endothélium et de thrombo-inflammation sont décrites dans le Covid long par plusieurs équipes, avec des méthodes de recherche spécialisées.

Hypothèse étayée. Ces anomalies pourraient contribuer à l'hypoperfusion, à la fatigue, au brouillard cérébral, au malaise post-effort et à certains profils dysautonomiques, sans expliquer tout le tableau clinique.

Spéculation. Affirmer que nattokinase, serrapeptase, bromélaïne ou lumbrokinase corrigent les microcaillots du Covid long chez l'humain dépasse les preuves disponibles.

Ce qu'il faut retenir

Les microcaillots constituent une piste biologique crédible dans le Covid long et possiblement dans certains tableaux voisins. Mais une piste crédible n'est pas une prise en charge validée. Les fibrinolytiques naturels, surtout la nattokinase, méritent d'être étudiés avec rigueur ; ils ne doivent pas être présentés comme une solution clinique.

Le vrai enjeu est de résister au raccourci : un mécanisme observé en laboratoire ne devient pas automatiquement une amélioration chez l'humain. Comprendre ces données peut vous aider à dialoguer avec les soignants, à poser de meilleures questions, et à éviter de transformer chaque hypothèse biologique en essai personnel risqué.

La prudence n'est pas un refus de comprendre ; c'est la condition pour ne pas confondre science et promesse.

Questions fréquentes

Existe-t-il une prise en charge officielle des microcaillots ?
Non. Aucune prise en charge officielle des microcaillots n'est validée dans le Covid long, l'EM/SFC ou le POTS. Les anticoagulants et antiagrégants restent réservés aux indications médicales reconnues.
La nattokinase est-elle prouvée dans le Covid long ?
Non. La nattokinase possède une plausibilité biologique et des données sur certains marqueurs de fibrinolyse, mais il n'existe pas de preuve clinique robuste démontrant un bénéfice dans le Covid long.
Peut-on prendre ces enzymes avec un anticoagulant ?
Ce n'est pas une décision à prendre seul. L'association avec un anticoagulant, un antiagrégant, certains anti-inflammatoires ou des compléments fluidifiants peut augmenter le risque de saignement et doit être discutée avec un professionnel de santé.
Les microcaillots expliquent-ils toutes les maladies chroniques ?
Non. Les microcaillots sont une piste vasculaire intéressante, surtout dans le Covid long, mais les maladies chroniques complexes impliquent aussi immunité, dysautonomie, mitochondries, mastocytes, microbiote, auto-immunité et neuroinflammation.

Comprendre sans transformer une hypothèse en automédication

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Sources

  1. Pretorius E, et al. Persistent clotting protein pathology in Long COVID/Post-Acute Sequelae of COVID-19 (PASC) is accompanied by increased levels of antiplasmin. Cardiovasc Diabetol. 2021;20:172. PubMed PMID 34425843
  2. Kell DB, Laubscher GJ, Pretorius E. A central role for amyloid fibrin microclots in long COVID/PASC: origins and therapeutic implications. Biochem J. 2022;479:537-559. PubMed PMID 35195253
  3. Pretorius E, et al. Prevalence of symptoms, comorbidities, fibrin amyloid microclots and platelet pathology in individuals with Long COVID/PASC. Cardiovasc Diabetol. 2022;21:148. PubMed PMID 35933347
  4. Kruger A, et al. Proteomics of fibrin amyloid microclots in long COVID/PASC shows entrapped pro-inflammatory molecules. Cardiovasc Diabetol. 2022;21:190. PubMed PMID 36131342
  5. Nicolai L, Kaiser R, Stark K. Thromboinflammation in long COVID, the elusive key to postinfection sequelae? J Thromb Haemost. 2023;21:2020-2031. PubMed PMID 37178769
  6. Kell DB, et al. Possible Role of Fibrinaloid Microclots in Postural Orthostatic Tachycardia Syndrome (POTS): Focus on Long COVID. J Pers Med. 2024;14:170. PubMed PMID 38392604
  7. Seo JW, et al. Updated Clinical Practice Guidelines for the Diagnosis and Management of Long COVID. Infect Chemother. 2024;56(1):122-157. PubMed PMID 38527781
  8. Kurosawa Y, et al. A single-dose of oral nattokinase potentiates thrombolysis and anti-coagulation profiles. Sci Rep. 2015;5:11601. PubMed PMID 26109079
  9. Chen H, et al. Nattokinase: A Promising Alternative in Prevention and Treatment of Cardiovascular Diseases. Biomark Insights. 2018;13:1177271918785130. PubMed PMID 30013308
  10. Hodis HN, et al. Nattokinase atherothrombotic prevention study: A randomized controlled trial. Clin Hemorheol Microcirc. 2021;78(4):339-353. PubMed PMID 33843667
  11. Bhagat S, Agarwal M, Roy V. Serratiopeptidase: a systematic review of the existing evidence. Int J Surg. 2013;11:209-217. PubMed PMID 23380245
  12. Kaur H, et al. Bromelain has paradoxical effects on blood coagulability: a study using thromboelastography. Blood Coagul Fibrinolysis. 2016;27:745-752. PubMed PMID 25517253
  13. Wiyarta E, et al. Therapeutic Potential of Lumbrokinase in Acute Ischemic Stroke: A Meta-Analysis of Efficacy and Safety. Ther Clin Risk Manag. 2025;21:1319-1331. PubMed PMID 40933244
  14. Fox T, Hunt BJ, Ariens RAS, Towers GJ, Lever R, Garner P, Kuehn R. Plasmapheresis to remove amyloid fibrin(ogen) particles for treating the post-COVID-19 condition. Cochrane Database Syst Rev. 2023;7:CD015775. Cochrane
  15. Hunt BJ, Kuehn R, Fox T, Carson A, Scandrett K, Davey Smith G, Garner P. Challenging the current hypothesis that thrombosis is responsible for the post-COVID-19 condition. Res Pract Thromb Haemost. 2024;8(4):102442. DOI 10.1016/j.rpth.2024.102442
  16. Haute Autorité de Santé. Parcours de soins de l'adulte avec des symptômes prolongés de la Covid-19. HAS
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