Créatine : énergie cellulaire, cognition et fatigue chronique
Composé azoté de synthèse endogène (arginine, glycine, méthionine) et d'origine alimentaire — recharge l'ATP via la navette phosphocréatine, décharge la méthylation, et fait l'objet d'un intérêt croissant en fatigue chronique, EM/SFC et Covid long.
En bref
- La créatine sert de tampon quasi instantané de l'ATP via la créatine kinase (voie phosphocréatine), pendant que la phosphorylation oxydative mitochondriale assure la resynthèse d'ATP en continu.
- Effet le plus robuste dans la littérature globale : performance musculaire à l'effort (hors périmètre myBoussole) ; sur la cognition (mémoire, intelligence fluide), les données sont un signal modéré et hétérogène, plus marqué chez les personnes âgées et les végétariens/véganes.
- Sa synthèse endogène est, chez l'animal, la réaction qui consomme le plus de groupements méthyle (SAMe) de tout l'organisme — hypothèse d'épargne des donneurs de méthyle, non démontrée cliniquement par la supplémentation.
- Dans la fibromyalgie et l'EM/SFC, les essais disponibles montrent un bénéfice sur la force musculaire mais pas sur la fatigue générale ni la douleur.
- Dans le Covid long, trois essais contrôlés (12, 15 et 67 participants randomisés) rapportent une réduction de plusieurs symptômes (dont la fatigue) à 4-8 semaines — c'est le signal le plus consistant des trois pathologies chroniques étudiées, mais il reste préliminaire, pas une preuve établie.
- Profil de sécurité parmi les mieux caractérisés des compléments alimentaires, y compris à long terme chez le sujet sain.
- Prudence spécifique en cas de trouble bipolaire : un virage hypomaniaque/maniaque a été rapporté chez 2 patients sur 17 sous créatine dans un essai contrôlé.
En résumé
La créatine est un composé de synthèse endogène et d'origine alimentaire qui recharge l'ATP par la voie phosphocréatine. Son effet le mieux démontré dans la littérature globale concerne la performance musculaire ; sur la cognition (mémoire, fatigue mentale) chez l'adulte sain, l'effet est modéré et hétérogène. Son intérêt dans la fatigue chronique, l'EM/SFC et le Covid long repose encore sur des essais contrôlés de petite à moyenne taille.
Composé guanidino non protéique, dérivé de 3 acides aminés (arginine, glycine, méthionine)
Navette phosphocréatine — recharge rapide de l'ATP via la créatine kinase
Soutien cognitif (mémoire, fatigue mentale) — effet modéré et hétérogène ; signal préliminaire mais consistant en Covid long
Créatine monohydrate, 3-5 g/j
Mécanisme d'action
Navette énergétique phosphocréatine/ATP
- Recharge ultra-rapide de l'ATP — la créatine kinase catalyse phosphocréatine + ADP → créatine + ATP, un système tampon à très forte puissance qui maintient quasi instantanément le rapport ATP/ADP lors des pics de demande, pendant que la phosphorylation oxydative mitochondriale assure la resynthèse énergétique soutenue en continu. Système particulièrement actif dans le muscle, le cerveau et le myocarde. PMID 10893433
- Synthèse endogène et apport alimentaire — le besoin quotidien (~2 g chez un adulte de 70 kg) est couvert pour moitié par la synthèse hépatique, rénale et pancréatique à partir d'arginine, de glycine et de méthionine, et pour moitié par l'alimentation carnée. Les végétariens et véganes n'ont accès qu'à la voie endogène, avec des niveaux plasmatiques et musculaires plus bas. PMID 26874700
- Profil de sécurité étudié dans plusieurs populations — la position 2017 de l'International Society of Sports Nutrition établit que la supplémentation à court et long terme (jusqu'à 30 g/j pendant 5 ans) est sûre et bien tolérée chez le sujet sain, et a été étudiée dans des populations cliniques variées (maladies neurodégénératives, diabète, arthrose, fibromyalgie, vieillissement). PMID 28615996
- Corpus de preuve le plus robuste : performance musculaire — historiquement, l'essentiel des données de haut niveau de preuve sur la créatine concerne la performance musculaire, la force et l'augmentation des réserves de phosphocréatine à l'effort (contexte sportif). Cette fiche se concentre volontairement sur les axes pertinents pour les conditions chroniques Boussole (cognition, fatigue chronique, Covid long), où le corpus est plus jeune et plus hétérogène — ce n'est pas le domaine où la créatine a le plus de preuves dans l'absolu, mais celui qui concerne les lecteurs de cette fiche.
▶ Voir le schéma — cycle phosphocréatine/ATP
La créatine kinase régénère l'ATP en quelques secondes à partir de la phosphocréatine, en parallèle de la phosphorylation oxydative mitochondriale qui assure la resynthèse d'ATP en continu.
Hypothèse d'épargne des donneurs de méthyle (SAMe)
🔴 Préclinique (rat) — non confirmé chez l'humain- Premier consommateur de groupements méthyle — chez le rat, la méthylation de la guanidinoacétate en créatine par la GAMT consomme plus de groupements méthyle (SAMe) que toutes les autres réactions de méthylation réunies. Un régime enrichi en créatine réduit l'homocystéine plasmatique d'environ 25 % chez le rat, tandis qu'un régime enrichi en guanidinoacétate l'augmente d'environ 50 %. PMID 11595668
- Créatine exogène et épargne de méthylation — en apportant de la créatine par l'alimentation ou un supplément, l'organisme réduit sa synthèse endogène via la GAMT ; la SAMe ainsi épargnée peut théoriquement être réorientée vers d'autres voies (dégradation de l'histamine, synthèse de mélatonine, inactivation des catécholamines). ⚠ Extrapolation mécanistique à partir de données animales, non confirmée par un essai contrôlé humain dédié
Données cliniques
Cognition et fatigue mentale (adulte sain)
- Mémoire de travail et intelligence fluide — un essai croisé en double aveugle chez 45 végétariens (5 g/j pendant 6 semaines) a amélioré significativement la mémoire de travail et le score au Raven's Advanced Progressive Matrices (p<0,0001) versus placebo. PMID 14561278
- Effet confirmé en méta-analyse, hétérogène selon l'âge — une méta-analyse de 8 essais randomisés (2023, 23 études identifiées) confirme un effet positif modeste sur la mémoire (différence standardisée de moyenne = 0,29), significatif chez les adultes de 66 à 76 ans mais pas chez les 11-31 ans. Ni la dose (2,2 à 20 g/j) ni la durée d'intervention (5 jours à 24 semaines) n'ont modifié le résultat global. PMID 35984306
- Autres domaines cognitifs — une revue systématique de 6 essais (281 participants) montre une amélioration probable de la mémoire à court terme et du raisonnement, mais des résultats contradictoires sur la mémoire à long terme, l'attention, le temps de réaction et la fluence verbale ; aucun effet observé chez les sujets jeunes non stressés. PMID 29704637
- Populations avec trouble cognitif diagnostiqué — aucun essai contrôlé randomisé de bonne qualité chez des patients avec trouble cognitif diagnostiqué (Alzheimer, trouble cognitif léger) n'a été identifié à ce jour ; les données disponibles portent exclusivement sur des adultes sains ou en bonne santé relative.
Sommeil et fatigue (contexte non pathologique)
- Performance cognitive en privation de sommeil — une revue narrative (2024) portant sur des populations professionnelles à sommeil fragmenté (pompiers, forces tactiques) rapporte des données émergentes suggérant un effet favorable de la créatine sur la récupération cognitive après privation de sommeil et sur la prise de décision sous fatigue, en plus d'un effet anti-inflammatoire/antioxydant émergent. Revue narrative, pas une méta-analyse de RCT dédiés au sommeil. PMID 39408252
Douleur et analgésie
- Douleur comme critère dédié — aucun essai n'a testé la créatine avec la douleur comme critère de jugement principal. Le seul signal disponible est indirect et négatif : l'essai fibromyalgie ci-dessous (critère secondaire) ne montre pas d'effet sur la douleur malgré une augmentation confirmée de la phosphocréatine musculaire.
Fibromyalgie et EM/SFC
- Fibromyalgie : bénéfice musculaire, pas symptomatique — un essai contrôlé randomisé en double aveugle de 16 semaines a augmenté le contenu musculaire en phosphocréatine (+80,3 % vs -2,7 % placebo, p=0,04) et la force musculaire, sans effet significatif sur la douleur, la fonction cognitive, la qualité du sommeil ou la qualité de vie. PMID 23554283
- EM/SFC — précurseur GAA (pas la créatine directe) : pas d'effet sur la fatigue générale — un essai croisé en double aveugle de 3 mois chez 21 femmes avec EM/SFC, testant le précurseur direct acide guanidinoacétique (2,4 g/j, pas la créatine elle-même), a augmenté la créatine musculaire, la force et la puissance aérobie, sans améliorer la fatigue générale (critère de jugement principal) ni les douleurs musculosquelettiques. PMID 26840330
- EM/SFC — créatine directe : étude de faisabilité, signal positif sans placebo — un essai de faisabilité en ouvert chez 14 patients EM/SFC (16 g/j de créatine monohydrate, 6 semaines, spectroscopie IRM cérébrale) a augmenté la créatine cérébrale dans deux régions (cortex cingulaire antérieur, cortex préfrontal dorsolatéral), réduit la fatigue et le temps de réaction au test de Stroop, et amélioré la force de préhension. Pas de groupe placebo : signal exploratoire, pas une preuve d'efficacité — les auteurs appellent explicitement à un essai contrôlé. PMID 39408275
Troubles neuropsychiatriques et neurodéveloppementaux
- Dépression bipolaire : résultat mitigé, signal de prudence — un essai contrôlé (35 patients, 6 semaines, 6 g/j en add-on du traitement en cours) n'a pas montré de différence significative sur le score global de dépression (MADRS, p=0,56), mais un taux de rémission plus élevé sous créatine (52,9 % vs 11,1 %, p=0,012) et une amélioration de la fluence verbale dans le sous-groupe évalué en neuropsychologie. 2 patients sous créatine ont basculé en hypomanie/manie pendant l'essai. PMID 29177955 PMID 27890303
- Symptômes dépressifs, au-delà du trouble bipolaire — une méta-analyse de 11 essais randomisés (2025, 1093 participants) trouve une différence standardisée de moyenne de -0,34 (IC95% -0,68 à -0,00 ; qualité de preuve GRADE très faible), équivalente à ~2,2 points sur l'échelle de Hamilton — sous le seuil de différence cliniquement importante (3,0 points). Effet significatif sur la rémission (3 essais, OR 3,60) mais pas sur la réponse au traitement (2 essais). Les auteurs signalent un biais de publication substantiel favorisant la créatine (analyses trim-and-fill) : l'effet réel pourrait être trivial ou nul. PMID 41189312
- TDAH — aucun essai interventionnel testant la créatine dans le TDAH n'a été identifié à ce jour.
- Autisme : à distinguer d'une maladie génétique rare — un cas de déficit du transporteur de la créatine (maladie génétique liée à l'X, distincte des troubles du spectre autistique idiopathiques) associant retard de développement, autisme et épilepsie a montré une amélioration clinique modeste sous créatine, arginine et glycine après 12 mois. Cette pathologie rare et diagnosticable par IRM spectroscopique ne doit pas être confondue avec un effet de la créatine sur l'autisme en général, pour lequel aucune donnée interventionnelle n'existe. PMID 33334757
Covid long
- Essai de 6 mois : réduction progressive de la fatigue — un essai contrôlé placebo chez 12 patients en Covid long (4 g/j pendant 6 mois) a réduit la fatigue générale dès 3 mois, puis plusieurs symptômes rapportés (courbatures, difficultés de concentration, céphalées) à 6 mois, avec une élévation confirmée de la créatine tissulaire (muscle et matière blanche cérébrale). PMID 37970399
- Essai de 8 semaines : créatine + glucose (8 g/j) — un essai contrôlé chez 15 patients en Covid long (créatine seule 8 g/j vs créatine 8 g/j + glucose vs placebo, 8 semaines) a réduit les courbatures, les difficultés de concentration et les céphalées dans le groupe créatine + glucose, avec une élévation confirmée de la créatine cérébrale en spectroscopie IRM. PMID 38684388
- Essai contrôlé placebo 2026 : fatigue et force de préhension — un essai randomisé en simple aveugle, contrôlé placebo (67 patients randomisés, 58 ayant complété, créatine 6 g/j ou 18 g/j vs maltodextrine 6 g/j, associé à de l'exercice 3x/semaine, 4 semaines) a réduit la fatigue (échelle PFS-R, différence-des-différences -2,05, p=0,005) et augmenté la force de préhension (+4,40 kgf, p=0,037) dans le bras 6 g/j uniquement — pas de bénéfice supplémentaire à 18 g/j. Effets indésirables minimes et transitoires. PMID 41958909
Dysautonomie et POTS
- Données interventionnelles — aucune étude interventionnelle testant la créatine spécifiquement dans le POTS ou la dysautonomie n'a été identifiée à ce jour dans la littérature PubMed. La rationale mécanistique (soutien énergétique du muscle lisse vasculaire et du système nerveux autonome) reste théorique et non testée dans cette population.
Dosages et formes galéniques
| Forme | Biodisponibilité relative | Tolérance digestive | Usage recommandé |
|---|---|---|---|
| Créatine monohydrate | Haute — référence | Bonne à dose usuelle ; ballonnements possibles à dose de charge élevée | 1ᵉʳ choix, forme la mieux documentée |
| Créatine HCl | Non démontrée supérieure | Alléguée meilleure par les fabricants, non confirmée en comparaison directe | Alternative sans avantage clinique établi |
| Créatine éthyl ester / Kre-Alkalyn | Non démontrée supérieure | Variable | À éviter par défaut : coût plus élevé sans bénéfice démontré |
- Posologie de référence — 3 à 5 g/j de créatine monohydrate en usage non sportif ; les protocoles avec phase de charge (20 g/j sur 5-7 jours) sont issus du contexte sportif et non nécessaires pour un usage centré sur la cognition ou la fatigue.
- Moment de prise — aucune donnée ne démontre de supériorité d'un moment de prise particulier (matin, soir, avec ou sans repas) pour un usage non sportif.
- Durée — les essais dans la fatigue chronique et le Covid long couvrent 6 semaines à 6 mois ; aucune donnée ne permet de recommander une durée précise en dehors d'un contexte de suivi clinique.
▶ Voir le schéma — comparatif des formes
La créatine monohydrate reste la seule forme dont la supériorité clinique est démontrée en comparaison directe ; les formes alternatives sont plus coûteuses sans bénéfice confirmé.
🌿 En pratique
- 1ᵉʳ choix : créatine monohydrate, 3-5 g/j, sans phase de charge pour un usage non sportif.
- Par indication : les doses réellement étudiées varient selon l'essai — 4 g/j sur 6 mois (Covid long, Slankamenac 2023), 8 g/j sur 8 semaines (Covid long + glucose, Slankamenac 2024), 6 g/j sur 4 semaines (Covid long, essai contrôlé placebo 2026), 16 g/j sur 6 semaines (EM/SFC, étude de faisabilité 2024). Aucune dose unique ne peut être recommandée à partir de ces essais hétérogènes ; un résultat n'est de toute façon pas attendu à court terme.
- À éviter : formes alternatives (HCl, éthyl ester, Kre-Alkalyn) plus coûteuses sans supériorité démontrée ; automédication chez une personne avec trouble bipolaire ou maladie rénale connue sans avis médical préalable.
Précautions et interactions
Contre-indications absolues
- — Aucune contre-indication absolue identifiée — sur la base des données présentées, aucune situation ne justifie une exclusion catégorique de la créatine. Les situations ci-dessous relèvent de la prudence et de l'avis médical préalable, pas d'une interdiction.
Précautions nécessitant un avis médical préalable
- ① Maladie rénale connue ou risque de dysfonction rénale — à éviter sans avis médical préalable. Une méta-analyse 2025 (21 études, 12 en méta-analyse) ne retrouve pas de baisse significative du débit de filtration glomérulaire sous supplémentation, mais confirme une hausse modeste et transitoire de la créatininémie — sans rapport avec une atteinte rénale réelle. Chez une personne avec pathologie rénale préexistante, les données restent insuffisantes. PMID 41199218
- ② Grossesse et allaitement — données de sécurité insuffisantes chez l'humain dans ce contexte ; prudence recommandée, avis médical préalable.
- ③ Trouble bipolaire — signal de sécurité psychiatrique lié au terrain, pas une interaction médicamenteuse au sens strict : un essai contrôlé en add-on a rapporté un virage hypomaniaque/maniaque chez 2 patients sur 17 sous créatine. Avis psychiatre préalable recommandé en cas de trouble bipolaire connu, indépendamment du traitement en cours.
Interactions médicamenteuses et vigilances
- ① Médicaments néphrotoxiques (AINS au long cours, certains diurétiques) — vigilance accrue en cas d'association chez une personne à risque rénal ; la créatinine (métabolite de la créatine) peut par ailleurs fausser l'interprétation des marqueurs rénaux sanguins usuels.
- ② Caféine à haute dose — certaines données suggèrent une possible atténuation de l'effet ergogénique musculaire de la créatine par la caféine à forte dose ; pertinence clinique pour un usage cognitif/fatigue non établie.
Précautions générales
- ① Interprétation des bilans biologiques — informer le professionnel de santé de toute supplémentation en créatine avant un bilan rénal, la créatinine sérique pouvant être transitoirement modifiée.
- ② Hydratation — maintenir un apport hydrique suffisant, la créatine augmentant la rétention d'eau intramusculaire.
Sources alimentaires
Contrairement à de nombreux compléments, la créatine dispose d'une source alimentaire directe et documentée (viande et poisson) — l'organisme n'a pas besoin de la synthétiser en totalité.
| Aliment | Teneur pour 100 g | Repère |
|---|---|---|
| Bœuf, porc (viande rouge crue) | ~0,4-0,5 g | Une portion de 200 g apporte ~0,8-1 g, soit l'essentiel de l'apport alimentaire quotidien typique |
| Poisson (hareng, saumon) | ~0,3-0,45 g (hareng jusqu'à ~0,65-1 g selon préparation) | Variable selon l'espèce |
| Volaille | ~0,35 g | Teneur légèrement inférieure à la viande rouge |
Régime végétarien/végane : apport alimentaire nul, l'organisme dépend alors exclusivement de la synthèse endogène (arginine, glycine, méthionine) — cohérent avec les niveaux plasmatiques et musculaires plus bas rapportés chez les végétariens. PMID 26874700
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- Point fort — mécanisme biochimique établi (navette phosphocréatine/ATP) et effet cognitif reproductible en méta-analyse chez l'adulte sain, avec un profil de sécurité parmi les mieux caractérisés des compléments alimentaires.
- Limite principale — dans la fibromyalgie et l'EM/SFC, les essais restent petits (14 à 21 participants) et négatifs sur la fatigue générale et la douleur. Dans le Covid long, un premier essai contrôlé placebo de taille plus consistante (67 randomisés, 2026) montre un signal positif sur la fatigue et la force à 6 g/j, mais reste isolé (4 semaines de suivi) et demande réplication avant toute conclusion ferme.
- Population cible — adultes en bonne santé relative souhaitant soutenir la cognition ou récupérant d'une fatigue chronique, sous suivi si trouble bipolaire ou rénal associé ; données insuffisantes chez l'enfant, la femme enceinte/allaitante et en cas de maladie rénale.
Ce que la créatine n'est probablement pas
- Un traitement établi de la fibromyalgie ou de l'EM/SFC : les essais disponibles dans ces deux pathologies ne montrent pas d'effet sur la fatigue générale, seulement sur des marqueurs musculaires. Le signal positif sur la fatigue existe côté Covid long (essais 2023, 2024, 2026) et côté EM/SFC en étude de faisabilité sans placebo (2024) — préliminaire, pas un traitement validé.
- Une solution pour le TDAH ou l'autisme : aucune donnée interventionnelle n'existe chez l'humain en dehors d'une maladie génétique rare du transport de la créatine, sans rapport avec l'autisme idiopathique.
- Un supplément anodin en cas de trouble bipolaire : un signal de virage hypomaniaque/maniaque a été observé dans un essai contrôlé, à prendre au sérieux malgré le faible effectif.
- Interchangeable entre formes galéniques : seule la monohydrate a une efficacité clinique solidement démontrée ; les alternatives plus chères n'ont pas prouvé leur supériorité.
Posture épistémique
Sources et références PubMed
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