N-acétyl-5-méthoxytryptamine · Hormone pinéale chronobiologique
La mélatonine est surtout un signal chronobiologique. Elle peut réduire modestement le délai d'endormissement ou aider à recaler le rythme veille–sommeil lorsque son indication, sa formulation et son horaire sont adaptés. Elle n'est pas un hypnotique puissant et son efficacité dans l'insomnie chronique adulte non circadienne reste limitée. Chez l'enfant, son utilisation doit être encadrée après évaluation des causes du trouble et mise en œuvre des mesures comportementales.
Voie de biosynthèse pinéale : Tryptophane → mélatonine via 4 étapes enzymatiques. La mélatonine agit via MT1 (endormissement) et MT2 (recalage circadien) ; des effets de piégeage des radicaux libres sont documentés au niveau cellulaire et préclinique, indépendamment de ces récepteurs, sans efficacité clinique spécifique démontrée aux doses utilisées pour le sommeil.
| Indication | Population | Intervention | Comparateur | Résultat principal | Hétérogénéité | Certitude | Limites |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Décalage horaire (jet lag) | Adultes voyageurs | 0,5–5 mg, horaire ciblé | Placebo | Bénéfice symptomatique sur l'endormissement et le sommeil ; pas de gain net au-delà de 5 mg | Non quantifiée (revue narrative) | Non gradée formellement | Horaire de prise déterminant ; formulation à pic court plus efficace que LP |
| Retard de phase (DSWPD) | Enfants/adultes non aveugles | Mélatonine à horaire stratégique | Placebo / absence de traitement | Recommandation de 2e niveau (AASM) — efficacité dépendante du moment de prise | Non quantifiée | Guideline (Option/Guideline selon population) | Horaire optimal idéalement évalué par rapport au DLMO en cas spécialisé |
| Insomnie chronique adulte non circadienne | Adultes, insomnie primaire | Mélatonine IR/LP | Placebo | Effet moyen faible (Ferracioli-Oda 2013) ; non significatif dans le sous-groupe insomnie chronique adulte (Choi 2022) | Élevée entre essais | Faible à très faible | Recommandations européennes 2023 : TCC-I en 1re intention, IR non recommandée hors composante circadienne |
| Enfants/ados, insomnie idiopathique chronique | 5–20 ans, 8 essais, n=419 | Mélatonine (doses/durées variables) | Placebo | TST +30,33 min ; SOL −18,03 min ; EI non graves ↑ (RR 3,44) | I²=0% (les 3 résultats ci-contre) | Très faible (sommeil) à faible (fonctionnement diurne) — GRADE | Jamais un 1er choix ; essai court seulement après échec des mesures non pharmacologiques |
| TSA — troubles du sommeil | Enfants/ados avec TSA, 15 études | Mélatonine | Placebo/contrôle | ↑TST (SMD 0,78) ; ↓latence (SMD 1,23) | I²≈91% (TST), ≈94% (latence) — extrême | Faible (hétérogénéité non expliquée) | SMD élevé ≠ preuve forte ; recommandée seulement après stratégies comportementales (AAN 2020) |
| Douleur musculosquelettique chronique | Adultes, 23 essais, n=2028 | Mélatonine | Placebo / comparateurs actifs | Analyse principale vs placebo non significative ; effets sous le seuil de différence cliniquement importante pour la plupart | Non précisée dans l'abstract | Faible à modérée (GRADE) | Piste adjuvante possible, efficacité antalgique cliniquement pertinente non établie |
| Covid long | — | — | — | Aucune RCT de supplémentation publiée | — | — | RECOVER-SLEEP (NCT06404086) achevé, résultats non encore publiés |
| Trouble bipolaire | 11 études (6 RCT + 5 pilotes), n=1279 | Mélatonine et agonistes des récepteurs (rameltéon, agomélatine) — non isolés dans l'analyse groupée | Placebo | Sommeil et dépression : non significatifs ; signal sur la manie (2 RCT) mais hétérogène | Substantielle (manie) | Faible | Recherche/adjuvant expérimental uniquement, jamais une recommandation thérapeutique |
| Forme | Biodisponibilité | T½ effectif | Indication principale | Dose études | Tolérance |
|---|---|---|---|---|---|
| IR (libération immédiate) Comprimés, gélules, gouttes |
3–76% (variable) | 35–50 min | Endormissement, jet lag, DSWPD | 0,5–3 mg | Bonne à faible dose |
| LP (libération prolongée) Ex. Circadin® 2 mg (médicament, RCP) |
Similaire IR | 3,5–4h | Insomnie primaire chez les personnes de 55 ans ou plus, en monothérapie (indication RCP) | 2 mg, 1 à 2h avant le coucher après le repas | Bonne — jusqu'à 13 semaines consécutives (RCP) |
| Sublinguale | Non caractérisée par une étude pharmacocinétique propre à cette formulation | Non établi | Non spécifique — usage courant non validé par des données PK dédiées | 0,5–1 mg (usage courant) | Insuffisamment étudiée en RCT |
| Liposomale / nanoportée | Non établie (allégations non comparées en RCT) | Non établi | Expérimental — aucun avantage clinique démontré | Non standardisé | Non établie |
Schéma conceptuel, non quantitatif — ne pas lire les valeurs comme des concentrations plasmatiques réelles. IR : pic rapide puis déclin (généralement associé à l'endormissement) · LP : profil plus étendu (maintien du sommeil, RCP). Pour l'effet chronobiotique (recalage de phase, jet lag/DSWPD), la revue Cochrane indique que 0,5 à 5 mg peuvent être efficaces et que les doses supérieures à 5 mg n'apportent pas de bénéfice évident [PMID 33803450]. Pour l'effet sur le sommeil chez l'enfant/ado avec trouble neuropsychiatrique, une méta-analyse exploratoire récente évoque une efficacité maximale entre 2 et 4 mg/j — un résultat spécifique à cette population, qui nécessite réplication avant de guider la pratique générale [PMID 40914024].
Section alignée sur le RCP français d'une spécialité à base de mélatonine LP 2 mg et sur les recommandations de l'ANSES relatives aux compléments alimentaires de mélatonine.
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Essayer l'app gratuitementLa mélatonine alimentaire est présente en quantités très variables et souvent faibles selon les aliments. Les teneurs mesurées dépendent fortement de la méthode analytique, du cultivar, du degré de maturité et des conditions de stockage — les valeurs ci-dessous sont donc indicatives, pas des références fixes. La voie principale pour soutenir la mélatonine endogène reste l'hygiène lumineuse circadienne.
| Source | Composé actif | Remarque |
|---|---|---|
| Cerises Montmorency (tart cherry) | Mélatonine (ordre du ng/g, variable) | Essais avec un jus complexe contenant de nombreux composés — ne démontrent pas que la mélatonine alimentaire est le mécanisme causal de l'effet observé sur le sommeil (Howatson 2011) |
| Raisins noirs / jus de raisin | Mélatonine (traces, variable) | Concentration très variable selon le cépage et la méthode de dosage |
| Tomates | Mélatonine (traces à modéré, variable) | Concentrations variables selon maturité et variété |
| Noix (cerneaux) | Mélatonine (traces) + tryptophane | Apport combiné mélatonine + précurseur, quantités modestes |
| Dindon / dinde | Tryptophane (source protéique) | Précurseur de la sérotonine puis de la mélatonine — l'apport isolé en tryptophane alimentaire n'entraîne pas mécaniquement une hausse de la sérotonine ou de la mélatonine cérébrale, qui dépend aussi du ratio avec les autres acides aminés neutres (LNAA) et de la composition globale du repas |
| Graines de courge | Tryptophane (source végétale riche) | Même réserve que ci-dessus sur la conversion cérébrale |
| Banane | Sérotonine alimentaire | La sérotonine alimentaire ne franchit pas utilement la barrière hémato-encéphalique — sans effet central attendu par cette voie |
| Lait chaud | Tryptophane + calcium | Effet rituel/comportemental plausible au coucher, données pharmacologiques directes limitées |
| Paramètre | Information apportée |
|---|---|
| 6-sulfatoxymélatonine urinaire (aMT6s) | Métabolite principal — nécessite un protocole de recueil défini (n'est pas obligatoirement mesuré sur 24h) ; utilisé en recherche, pas en suivi de routine |
| Mélatonine salivaire nocturne (DLMO) | Dim Light Melatonin Onset — référence en chronobiologie de recherche ; nécessite des prélèvements salivaires répétés en faible lumière, pas un examen de routine avant utilisation de mélatonine |
| Tryptophane plasmatique | Précurseur — pas un examen de suivi usuel d'un traitement par mélatonine ; son interprétation isolée est limitée |
| Rapport tryptophane / LNAA | Indicateur de recherche sur la biodisponibilité cérébrale théorique du tryptophane — pas un examen de suivi usuel |
NB : ces paramètres relèvent de la recherche ou de centres du sommeil spécialisés (CHU), pas d'un bilan de routine avant ou pendant une supplémentation en mélatonine.
Recherche bibliographique menée via PubMed, Cochrane Library et sites institutionnels (RCP, ANSES, EUR-Lex, ClinicalTrials.gov) — dernière vérification titre/auteur/revue/année/PMID/DOI le 11/08/2026.