Vitamine D
Monographie NutriFact · Dernière mise à jour : 13 août 2026
Pro-hormone liposoluble · Sécostéroïde · Synthèse cutanée UV-B ou apport alimentaire/supplémentation
Ligand du VDR (récepteur nucléaire) · Module des centaines de gènes cibles de façon dépendante du tissu et du contexte · Immunomodulation innée + adaptative (niveau cellulaire)
Prévention/traitement de la carence, rachitisme, ostéomalacie, soutien osseux (populations à risque) · Signal préliminaire : douleur chronique, Covid long, troubles ND — effets extra-osseux non démontrés chez les personnes non carencées
D3 (cholécalciférol) en priorité sur D2 · Huile ou gélule molle pour absorption optimale
- La vitamine D est une pro-hormone sécostéroïde liposoluble, pas une simple vitamine.
- Fait établi : rôle central dans homéostasie phosphocalcique, minéralisation osseuse, fonction musculaire et immunité.
- Données robustes : correction d'un déficit documenté ; extrapolation plus fragile pour douleur, sommeil, Covid long et troubles neurodéveloppementaux.
- Le statut initial conditionne la réponse : un sujet carencé n'est pas comparable à un sujet déjà suffisant.
- Risque principal : surdosage chronique avec hypercalcémie, surtout en doses élevées non surveillées ou terrain rénal/granulomateux.
La vitamine D se justifie d'abord par le statut biologique et le risque osseux ; les bénéfices extra-osseux sont plausibles mais hétérogènes selon les populations.
Mécanisme d'action
- Activation en deux étapes : le cholécalciférol (D3) subit une 25-hydroxylation hépatique (CYP2R1, microsomale, NADPH-cytochrome P450 réductase) → 25-OH-D3 (calcifédiol, forme de stockage mesurée) puis une 1α-hydroxylation rénale (CYP27B1, mitochondriale, ferredoxine/ferredoxine-réductase) → 1,25-(OH)₂D3 (calcitriol, forme active) · ces deux hydroxylases sont des cytochromes P450 dont le cofacteur catalytique est un hème contenant du fer, pas le magnésium PMID 24529992 (voie enzymatique établie — cinétique individuelle variable selon CYP24A1)
- Récepteur nucléaire VDR : le calcitriol se lie au VDR avec une haute affinité (Kd ~10⁻¹⁰ M) · le complexe VDR-RXR se lie à de nombreux éléments de réponse génomiques et module des centaines de gènes de façon dépendante du tissu et du contexte cellulaire (l'ordre de grandeur exact varie selon le type cellulaire et la méthode expérimentale) · présent dans quasiment tous les tissus (os, muscle, cerveau, système immunitaire, intestin) PMID 37830605
L'activation de la vitamine D requiert deux hydroxylations enzymatiques successives (cytochromes P450, cofacteur hème-fer). CYP24A1 (en rouge) dégrade le calcitriol actif.
- Immunité innée : ↑ production de peptides antimicrobiens (cathelicidine, défensines) · ↓ production de cytokines pro-inflammatoires (IL-1β, IL-6, TNF-α) par les macrophages · ↑ autophagie dans les cellules infectées PMID 37686873
- Immunité adaptative : ↓ prolifération des lymphocytes Th1/Th17 (pro-inflammatoires) · ↑ lymphocytes T régulateurs (Treg) → tolérance immunitaire · ↓ production d'auto-anticorps par les lymphocytes B (données in vitro/modèles) · mécanisme immunomodulateur plausible, dont la traduction en prévention ou en traitement des maladies auto-immunes n'est pas établie de manière générale PMID 37830605
Voir le schéma — Balance immunitaire VDR (Th1/Th17 ↓ · Treg ↑)
Le calcitriol lié au VDR exerce un double effet immunomodulateur : frein de l'inflammation (Th1/Th17, cytokines) et promotion de la tolérance (Treg) — mécanisme cellulaire bien documenté, dont la traduction clinique en prévention de l'auto-immunité reste à démontrer.
- Épigénome : le VDR modifie la méthylation de l'ADN et l'acétylation des histones à des milliers de loci génomiques · les effets sont hautement variables entre individus, un concept de recherche parfois appelé "vitamin D response index" (mécanisme établi — concept de recherche non validé pour guider la pratique clinique individuelle)
- Catabolisme CYP24A1 : enzyme de dégradation du calcitriol (24-hydroxylase) · les variants perte-de-fonction CYP24A1 → accumulation de calcitriol actif → hypercalcémie à doses standard · à évoquer en cas d'hypercalcémie inexpliquée sous supplémentation · Voir article dédié myBoussole
- Axe tryptophane → sérotonine (hypothèse mécanistique) : des travaux théoriques proposent que le calcitriol active la transcription de TPH2 (tryptophane hydroxylase 2) via un élément de réponse VDR — conversion tryptophane → 5-HTP → sérotonine cérébrale ; et réprime TPH1 périphérique · modèle moléculaire théorique (revues), ne démontre pas qu'une supplémentation augmente la sérotonine cérébrale humaine PMID 24558199 PMID 25713056
Données cliniques
Douleur chronique — Fibromyalgie
-
Fibromyalgie et douleur musculo-squelettique diffuse : revue systématique de 14 RCT — 3 études confirment la corrélation déficit 25-OH-D3 / douleur diffuse · 6 études montrent un effet bénéfique de la supplémentation sur la douleur en cas de déficit documenté · 8 études montrent une réduction de la douleur globale
- → effet le plus net chez les personnes avec 25-OH-D3 < 20 ng/mL avant supplémentation
- → limites : hétérogénéité des doses (800–50 000 UI/semaine), durées variables, pas de placebo systématique
Sommeil
- Qualité du sommeil (PSQI) : ↓ significative vs placebo (différence moyenne -2,33, IC95% -3,09 à -1,57 ; p<0,001 ; I²=0%) — méta-analyse 3 RCT, certitude de preuve modérée (GRADE) · effet sur latence d'endormissement et troubles du sommeil non univoque à ce stade PMID 35268051
Covid long / Syndrome post-COVID
- Taux sériques abaissés dans le Covid long : taux 25-OH-D3 significativement plus bas dans une cohorte PCS (2021 : 17,0 ± 8,0 ng/mL ; 2022 : 17,6 ± 6,6 ng/mL) vs groupe contrôle (22-23 ng/mL) — cas-témoins, n=148, p<0,05 — observationnel : association, pas causalité PMID 39617141
-
Intervention haute dose post-COVID : 60 000 UI/semaine × 8 semaines (n=80, RCT double aveugle) — réductions significatives : fatigue CFQ ↓ (coeff -3,5, p=0,024) · anxiété DASS ↓ (coeff -2,0, p=0,011) · cognition ACE ↑ (+2,1, p=0,012) · aucun effet sur PSQI-sommeil, dépression, IL-6, CRP
- → signal clinique encourageant pour la fatigue et l'anxiété post-COVID
- → limites : dose élevée (≠ supplémentation courante), population Thaïlande, durée 8 semaines uniquement
- → ⚠️ ne pas reproduire sans encadrement médical — risque hypercalcémie à cette posologie
- EM/SFC : données interventionnelles rares et non concluantes. Un essai contrôlé par placebo (n=50, vitamine D3 intermittente 6 mois) n'a montré aucun bénéfice sur la fatigue, la fonction vasculaire ni les marqueurs inflammatoires PMID 25455721. Une étude ouverte plus récente (n=91, ME/CFS post-infectieux/post-vaccinal) a évalué un accompagnement multimodal (conseils alimentaires, exposition solaire, activité physique) ajouté à la vitamine D — les deux bras recevant la vitamine D, elle ne permet pas d'isoler l'effet propre de la supplémentation PMID 41683343.
Troubles neurodéveloppementaux (TDAH / TSA)
🔴 Données préliminaires — signal observationnel et morphologique- TDAH — taux sériques (méta-analyse observationnelle) : 8 études (n=11 324 enfants, 2655 TDAH vs 8669 contrôles) — taux 25-OH-D3 significativement plus bas dans le groupe TDAH (SMD=-0,73, IC95% -1,00 à -0,46) · association inverse robuste, pas de causalité démontrée PMID 30367389
- TDAH — essais interventionnels : une méta-analyse regroupant 4 essais randomisés (n=256 enfants), vitamine D principalement en complément du méthylphénidate, rapporte de faibles améliorations de certains scores mais avec une qualité de preuve faible à très faible — la vitamine D ne constitue pas un traitement établi du TDAH en dehors de la correction d'une carence PMID 31368773
- TSA — volume cérébral et déficit VitD (observationnel) : 234 enfants TSA (24-72 mois) stratifiés par statut 25-OH-D3 — différences de volume de matière grise (VBM) dans les régions frontales et cérébelleuses selon le statut VitD, associées à la sévérité des symptômes TSA — étude observationnelle, ne démontre ni causalité ni bénéfice thérapeutique PMID 41139724
- TSA — essais interventionnels : une méta-analyse d'essais randomisés (2023) retrouve un faible effet sur les comportements stéréotypés, sans amélioration convaincante des autres symptômes centraux — les synthèses disponibles ne démontrent pas un bénéfice global suffisamment robuste pour recommander la vitamine D comme traitement du TSA PMID 37119216
- Dépression : des méta-analyses suggèrent une association entre déficit VitD et dépression, mais une ré-analyse critique de 2025 conclut que la supplémentation ne réduit pas significativement les symptômes dépressifs en dehors du contexte d'un déficit sévère — résultats non univoques, méta-analyses de qualité variable PMID 40015647
Immunité et maladies auto-immunes
- Thyroïdite de Hashimoto : méta-analyse de 9 RCTs — supplémentation en VitD associée à une réduction des titres d'auto-anticorps anti-TPO et anti-TG chez les patients déficients (critère biologique intermédiaire) · effet conditionnel au déficit initial en VitD (25-OH-D3 <30 ng/mL) · hétérogénéité élevée entre études · la pertinence clinique (symptômes, fonction thyroïdienne, besoin en lévothyroxine, évolution de la maladie) reste incertaine — corriger une carence documentée reste justifié indépendamment de cet effet immunologique potentiel PMID 38206745
- Prévention des infections : une méta-analyse actualisée (Jolliffe et al. 2025, 40 études retenues sur l'analyse principale, >61 000 participants) ne retrouve pas de réduction statistiquement significative des infections respiratoires aiguës avec la supplémentation en vitamine D (OR 0,94, IC95% 0,88-1,00) — aucune cible sérique >50 ng/mL ne peut être recommandée pour prévenir les infections, le sepsis ou les maladies auto-immunes sur cette base PMID 39993397
Dosages et formes
| Forme | Efficacité | Dose entretien | Notes |
|---|---|---|---|
| D3 cholécalciférol (huile/gélule) | ⬆⬆ supérieure | 1 000–2 000 UI/j | Forme de référence · absorption optimale avec un repas gras · préférer la voie quotidienne |
| D3 cholécalciférol (ampoule hebdo/mensuelle) | ⬆⬆ efficace | 50 000 UI/semaine (charge) · 25 000 UI/2 sem (entretien) | Pratique mais pics sériques · moins physiologique que la prise quotidienne · utilisé en rattrapage |
| D2 ergocalciférol | ⬆ inférieure à D3 | Équivalente D3 (dose à ajuster) | Origine végétale/fongique · vegan · demi-vie plus courte · moins efficace pour élever le taux sérique |
| D3 cholécalciférol forte dose (ampoule, ex. Uvédose® 100 000 UI) | ⬆⬆ efficace | Prophylaxie : 1 ampoule/3 mois · Traitement : 1-2 ampoules/mois selon carence (max 600 000 UI/an, RCP) | Cholécalciférol, pas du calcifédiol · sur prescription |
| Calcifédiol 25-OH-D3 (ex. Dédrogyl®) | ⬆⬆ très élevée, action rapide | Sur prescription selon RCP · dosage propre, distinct de la D3 | Contourne la 25-hydroxylation hépatique · plus puissant que la D3 · utile en malabsorption lipidique, IBD, ostéomalacie · nécessite surveillance calcémie/calciurie |
| Calcitriol 1,25-(OH)₂D3 | ⬆⬆ forme active | Sur prescription uniquement | Aucun intérêt en supplémentation standard · réservé IRC stade 4-5 · risque hypercalcémie élevé |
- Référence nutritionnelle Anses (apport satisfaisant, adulte comme ≥65 ans et grossesse/allaitement) : 15 µg/j (600 UI/j) · la valeur de 20 µg/j (800 UI/j) parfois citée pour les 70 ans et plus provient de la National Academy of Medicine américaine, pas de l'Anses
- Seuils dépendants de la population et de l'indication : pas de cible universelle. Une cible de 30–60 ng/mL (75–150 nmol/L) peut être retenue chez certains patients avec ostéoporose ou risque osseux élevé (GRIO 2025), mais elle n'est pas validée pour l'immunité, le sommeil ou la cognition · déficit : <20 ng/mL · insuffisance : 20–30 ng/mL
- Prise avec un repas gras : peut améliorer l'absorption selon les études, sans règle universelle — l'observance régulière compte davantage que le moment exact de la prise
- Dosage de la 25-OH-D3 : en France, le remboursement est limité à 6 situations précises (suspicion de rachitisme/ostéomalacie, suivi transplantation rénale, chirurgie bariatrique, personne âgée avec chutes répétées, RCP l'imposant) — hors de ces cas, une supplémentation préventive ne nécessite pas de dosage systématique
La zone "déficit" (<20 ng/mL) concerne ~40% de la population française. La cible 30–60 ng/mL n'est validée que pour certaines populations à risque osseux (voir texte) — pas une cible universelle. Au-delà de 100 ng/mL, une surveillance médicale s'impose ; au-delà de 150 ng/mL, le risque d'hypercalcémie augmente sans seuil absolu applicable à tous.
🎯 En pratique — quel choix ?
- 1er choix (entretien) : D3 cholécalciférol 1 000–2 000 UI/j en gélule huileuse — le plus physiologique
- Déficit documenté (<20 ng/mL) : phase de charge 50 000 UI/semaine × 6–8 semaines sous contrôle médical, puis entretien
- Malabsorption lipidique : calcifédiol oral (ex. Dédrogyl®) sur prescription — contourne la 25-hydroxylation hépatique, posologie et surveillance propres, distinctes de la D3
- Végétalien : D3 d'origine lichénique disponible (aussi efficace que D3 animale)
- À éviter : calcitriol sans IRC documentée · D3 en automédication à doses >4 000 UI/j au long cours sans dosage
- Magnésium : corriger un déficit en magnésium documenté ou probable (rôle indirect via la PTH, et une interaction documentée par un essai randomisé sur les concentrations de 25(OH)D dont le mécanisme reste non élucidé PMID 30541089), sans co-supplémentation systématique — le magnésium n'est pas un cofacteur catalytique obligatoire des enzymes de la vitamine D
Précautions et interactions
⚠️ Contre-indications absolues
- ①Hypercalcémie / hypercalciurie existanteContre-indication absolue — la supplémentation aggrave le tableau · explorer la cause avant tout
🩺 Précautions nécessitant une surveillance spécialisée (pas des contre-indications absolues)
- ②Granulomatoses actives (sarcoïdose, tuberculose)Production extrarénale non régulée de calcitriol (macrophages activés via CYP27B1) → risque d'hypercalcémie même à doses standard · évaluation bénéfice-risque et surveillance calcémie/calciurie (RCP calcifédiol), pas une contre-indication absolue en soi · Voir article myBoussole
- ②bisLymphomesAutre cause, distincte des granulomatoses, de production extrarénale de calcitriol pouvant entraîner une hypercalcémie — même logique de surveillance
- ③Insuffisance rénale (MRC)La stratégie dépend du stade et du bilan phosphocalcique — la vitamine D n'est pas systématiquement contre-indiquée. La carence en vitamine D native doit être recherchée et corrigée comme en population générale (KDIGO) ; le calcitriol/les analogues actifs ne sont pas utilisés en routine, réservés à l'hyperparathyroïdie secondaire sévère/progressive · calcifédiol parfois préféré selon le contexte · surveillance néphrologue
⚡ Interactions médicamenteuses à surveiller
- ④Corticoïdes au long cours↓ absorption intestinale et ↑ catabolisme de la VitD → déplétion fréquente · surveillance 25-OH-D3 recommandée · supplémentation souvent nécessaire
- ⑤Antiépileptiques inducteurs enzymatiques (carbamazépine, phénytoïne, phénobarbital, primidone)Ces inducteurs peuvent accélérer le métabolisme global de la vitamine D et réduire son effet · surveiller le taux sérique · besoin en supplémentation parfois augmenté, sans dose "doublée" systématique hors RCP
- ⑤bisAutres réducteurs d'absorptionOrlistat, cholestyramine, colestipol, certains laxatifs ou produits réduisant l'absorption lipidique · vigilance en cas de cumul de plusieurs sources de vitamine D (médicament + complément + aliments enrichis)
- ⑥Thiazidiques↓ élimination urinaire du calcium → ↑ risque d'hypercalcémie en cas de supplémentation VitD concomitante et de calcium associé · surveiller calcémie
- ⑦Digitale (digoxine)L'hypercalcémie potentialise la toxicité digitalique · si supplémentation VitD à risque d'hypercalcémie : surveiller calcémie et signes de toxicité digitalique
📋 Précautions générales
- ⑧LSS EFSA / ANSES (compléments alimentaires)Limite supérieure de sécurité : 100 µg/j = 4 000 UI/j chez l'adulte (EFSA 2012) · valeur de précaution, pas un seuil de toxicité · les médicaments (Uvedose®, Zymad®) peuvent dépasser cette limite sur prescription · toxicité documentée au-delà de 10 000 UI/j au long cours sans dosage de contrôle
- ⑨Variant CYP24A1 perte-de-fonctionAccumulation de calcitriol actif même à doses standard → hypercalcémie · à évoquer si hypercalcémie inexpliquée sous supplémentation standard · dosage du ratio 25-OH-D3 / 24,25-(OH)₂D3 orienteur
- ⑩GrossesseBesoins augmentés · supplémentation 1 000–2 000 UI/j généralement sûre · doses élevées (>4 000 UI/j) à éviter sans surveillance · carence maternelle associée à risques néonataux (prématurité, hypocalcémie néonatale)
Sources alimentaires
La vitamine D alimentaire est rare — les apports moyens en France (2–4 µg/j soit 80–160 UI/j) couvrent environ 13 à 27% de la référence nutritionnelle Anses (15 µg/j). L'exposition solaire UV-B est une source importante en été, mais elle est quasi nulle en France d'octobre à mars.
| Aliment | Teneur | Note pratique |
|---|---|---|
| Huile de foie de morue | ~10 000 UI/100 mL | Source la plus concentrée — à doser avec précision ; apporte aussi beaucoup de vitamine A, teneur variable selon les produits |
| Saumon sauvage (cuit) | 600–1 000 UI/100 g | Saumon d'élevage moins riche (~250 UI) |
| Hareng fumé / mariné | ~800 UI/100 g | Meilleure source parmi les poissons courants |
| Maquereau (cuit) | ~345 UI/100 g | Riche en oméga-3 simultanément |
| Sardines (en conserve) | 200–300 UI/100 g | Pratique et économique |
| Thon (en conserve) | ~150 UI/100 g | Varier les espèces de poisson, limiter les poissons prédateurs chez les populations sensibles (grossesse, jeunes enfants) selon les recommandations françaises |
| Champignons exposés UV-B | 400–1 600 UI/100 g | Apportent surtout de la vitamine D2 — seule source végétale significative, exposition face blanche vers le soleil |
| Jaune d'œuf | 20–40 UI/unité | Source modeste mais quotidienne |
| Lait / laits végétaux enrichis | 80–100 UI/200 mL | Le lait courant n'est pas systématiquement enrichi en France — vérifier l'étiquette ; certaines boissons végétales le sont |
| Foie de bœuf (cuit) | ~50 UI/100 g | Source modeste — richesse en vitamine A simultanée |
🔬 Suivi biologique
| Statut | 25-OH-D3 | Interprétation |
|---|---|---|
| Déficit sévère | <10 ng/mL (<25 nmol/L) | Risque ostéomalacie, rachitisme, myopathie · supplémentation urgente |
| Déficit | 10–20 ng/mL (25–50 nmol/L) | Concerne ~40% de la population française · supplémentation indiquée |
| Insuffisance | 20–30 ng/mL (50–75 nmol/L) | Supplémentation recommandée selon contexte clinique |
| ✓ Zone "optimale" pour certaines populations | 30–60 ng/mL (75–150 nmol/L) | Cible retenue chez certains patients avec ostéoporose/risque osseux élevé (GRIO 2025) — pas une cible démontrée pour l'immunité, le sommeil ou la cognition |
| Prudence | 100–150 ng/mL | Surveillance recommandée · bénéfice supplémentaire non démontré |
| Toxicité possible | >150 ng/mL (>375 nmol/L) | 25-OH-D3 fréquemment très élevée en cas de toxicité, mais sans seuil absolu applicable à tous · vérifier calcémie + calciurie + PTH |
Le 1,25-(OH)₂D3 (calcitriol actif) ne reflète pas le statut vitaminique — il reste normal jusqu'à carence sévère. Seul le 25-OH-D3 est pertinent pour le dépistage. En France, le dosage n'est remboursé que dans 6 situations précises (suspicion de rachitisme/ostéomalacie, suivi de transplantation rénale, avant/après chirurgie bariatrique, personne âgée avec chutes répétées, RCP l'imposant) — hors de ces cas, il n'est pas recommandé de façon systématique.
Vous souhaitez suivre l'impact de la vitamine D sur votre fatigue, votre sommeil et votre confort physique ? Notez vos ressentis sur 14 jours pour voir si quelque chose change.
Suivre sur l'app Boussole →Synthèse — ce qu'on retient
Points cliniques clés
- Mécanismes solides : régulation de centaines de gènes via VDR (cofacteur hème-fer, pas magnésium), immunomodulation innée + adaptative au niveau cellulaire — rationalité d'usage forte, mais qui ne se traduit pas automatiquement en efficacité clinique extra-osseuse chez le sujet non carencé
- Données les plus robustes : correction d'un déficit documenté (rachitisme, ostéomalacie, os) ; qualité du sommeil (méta-analyse 3 RCT PSQI, certitude modérée) et douleur chronique chez les personnes avec déficit documenté (revue 14 RCT)
- Signal Covid long : 1 RCT (n=80, haute dose) — réduction fatigue + anxiété + cognition, sans effet sommeil/dépression/CRP/IL-6 — encourageant mais dose hors-normes, à ne pas reproduire sans encadrement, demande confirmation
- ND/TDAH/TSA : association inverse observationnelle taux VitD / TDAH (méta-analyse 11 324 enfants) et signal VBM en TSA (associatif, pas causal) · des essais interventionnels existent aussi (4 RCT TDAH n=256, méta-analyse RCT TSA) mais avec une qualité de preuve faible à très faible — la vitamine D n'est pas un traitement établi du TDAH ou du TSA en dehors de la correction d'une carence
- Forme : la D3 produit généralement une augmentation plus importante/durable que la D2 sans rendre celle-ci inefficace · prise avec un repas gras possiblement favorable, sans règle universelle · dosage sérique selon les 6 situations remboursées en France, pas systématique
- Limites à retenir : le "vitamin D response index" est un concept de recherche, non validé pour guider la pratique clinique individuelle · risque hypercalcémie spécifique (CYP24A1, granulomatoses/lymphomes, thiazidiques) · les études négatives ne s'expliquent pas systématiquement par un défaut de conception
Ce que la vitamine D n'est probablement pas
- Un traitement prouvé pour prévenir les infections respiratoires : la méta-analyse actualisée la plus large disponible (Jolliffe 2025, plus de 61 000 participants) ne retrouve pas de réduction statistiquement significative des infections respiratoires aiguës avec la supplémentation.
- Un antidépresseur efficace : une ré-analyse critique de 2025 conclut que la supplémentation ne réduit pas significativement les symptômes dépressifs en dehors d'un déficit sévère.
- Un traitement démontré du TDAH ou du TSA : les essais interventionnels disponibles montrent au mieux de faibles améliorations, avec une qualité de preuve faible à très faible — les associations observationnelles (taux sériques plus bas chez les enfants concernés) ne démontrent aucune causalité.
- Une solution générale au Covid long ou à l'EM/SFC : le seul signal positif (fatigue, anxiété, cognition) provient d'un unique essai à haute dose, sans effet sur le sommeil, la dépression ni les marqueurs inflammatoires ; dans l'EM/SFC, un essai contrôlé n'a montré aucun bénéfice.
- Sans risque à haute dose : la dose ayant montré un effet en post-Covid (60 000 UI/semaine) n'est pas une supplémentation courante et comporte un risque d'hypercalcémie — à ne jamais reproduire sans encadrement médical.
Niveau de preuve
L'EFSA évalue les dossiers scientifiques ; l'autorisation ou le refus d'une allégation relève ensuite de la Commission européenne. Les allégations suivantes ne sont pas autorisées pour les denrées/compléments alimentaires, faute de preuves suffisantes jugées par l'EFSA :
- Prévention des cancers (sein, côlon, prostate)
- Prévention du diabète de type 1
- Traitement des maladies auto-immunes
- Amélioration des performances cognitives chez l'adulte sain
- Prévention ou traitement de la dépression
Source : Règlement (UE) n°432/2012, avis EFSA associés · Les associations observationnelles existent mais ne constituent pas une preuve d'efficacité suffisante pour une allégation réglementaire.
Sources PubMed vérifiées
- Abboud M (2022). Vitamin D Supplementation and Sleep — Meta-Analysis. Nutrients. doi:10.3390/nu14051076 PMID 35268051
- Lombardo M et al. (2022). Efficacy of Vitamin D in Fibromyalgia and Chronic Musculoskeletal Pain — Systematic Review. Nutrients. doi:10.3390/nu14153010 PMID 35893864
- Charoenporn V et al. (2024). High-dose vitamin D in post-COVID syndrome — RCT. Psychiatry Clin Neurosci. doi:10.1111/pcn.13716 PMID 39072958
- Bräunlich J, Dinse-Lambracht A (2025). Decreased vitamin D levels in post-COVID syndrome. Clin Nutr ESPEN. doi:10.1016/j.clnesp.2024.11.023 PMID 39617141 (observationnel)
- Wimalawansa SJ (2023). Infections, Autoimmunity and Vitamin D — Systematic Review (revue favorable, non représentative de l'ensemble des essais — voir Jolliffe et al. 2025 ci-dessous pour la méta-analyse actualisée). Nutrients. doi:10.3390/nu15173842 PMID 37686873
- Jolliffe DA et al. (2025). Vitamin D supplementation to prevent acute respiratory infections: systematic review and meta-analysis of stratified aggregate data. Lancet Diabetes Endocrinol. doi:10.1016/S2213-8587(24)00348-6 PMID 39993397
- Bikle DD (2014). Vitamin D Metabolism, Mechanism of Action, and Clinical Applications. Chem Biol. doi:10.1016/j.chembiol.2013.12.016 PMID 24529992
- Gan J et al. (2019). The Effect of Vitamin D Supplementation on ADHD: A Systematic Review and Meta-Analysis of RCTs. J Child Adolesc Psychopharmacol. doi:10.1089/cap.2019.0059 PMID 31368773
- Zhang M et al. (2023). Meta-analysis of RCTs on vitamin D supplementation in autism spectrum disorder. Clin Psychopharmacol Neurosci. doi:10.9758/cpn.2023.21.2.240 PMID 37119216
- Witham MD et al. (2015). Intermittent vitamin D3 in chronic fatigue syndrome — RCT (résultat négatif). Nutr Metab Cardiovasc Dis. PMID 25455721
- Kodama S et al. (2026). Étude ouverte, accompagnement multimodal + vitamine D dans le ME/CFS post-infectieux/post-vaccinal. Nutrients. doi:10.3390/nu18030521 PMID 41683343
- KDIGO (2017). Clinical Practice Guideline Update for CKD-MBD. kdigo.org
- Endocrine Society (2024). Vitamin D for the Prevention of Disease — Clinical Practice Guideline. endocrine.org
- GRIO (2025). Supplémentation en vitamine D chez l'adulte — fiche pratique. grio.org
- Anses. Références nutritionnelles en vitamines et minéraux. anses.fr
- Assurance Maladie. Dosage de la vitamine D — conditions de prise en charge. ameli.fr
- RCP UVEDOSE 100 000 UI, RCP DEDROGYL — Base de données publique des médicaments (ANSM). base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
- Carlberg C, Mycko MP (2023). Vitamin D Signaling and Multiple Sclerosis. Cells. doi:10.3390/cells12192391 PMID 37830605
- Kotsi E et al. (2019). Vitamin D levels in children with ADHD — meta-analysis. Atten Defic Hyperact Disord. doi:10.1007/s12402-018-0276-7 PMID 30367389
- Tian P et al. (2025). Vitamin D and brain volume in children with ASD. Pediatr Res. doi:10.1038/s41390-025-04523-x PMID 41139724
- Eckert I, de Mattos BP (2025). Vitamin D does not reduce depressive symptoms — critical re-analysis. J Affect Disord. doi:10.1016/j.jad.2025.02.086 PMID 40015647
- Uwitonze AM, Razzaque MS (2018). Role of Magnesium in Vitamin D Activation — revue narrative parfois citée à tort pour affirmer un cofacteur catalytique direct ; voir Bikle 2014 ci-dessus pour la biochimie de référence (cofacteur = hème-fer). J Am Osteopath Assoc. doi:10.7556/jaoa.2018.037 PMID 29480918
- Dai Q et al. (2018). Magnesium status and supplementation influence vitamin D status and metabolism: results from a randomized trial. Am J Clin Nutr. doi:10.1093/ajcn/nqy274 PMID 30541089
- Patrick RP, Ames BN. Vitamin D hormone regulates serotonin synthesis. Part 1: relevance for autism. FASEB J. 2014;28(6):2398-413. PMID 24558199
- Patrick RP, Ames BN. Vitamin D and the omega-3 fatty acids control serotonin synthesis and action, part 2: relevance for ADHD, bipolar disorder, schizophrenia, and impulsive behavior. FASEB J. 2015;29(6):2207-22. PMID 25713056
- Tang J et al. Effects of vitamin D supplementation on autoantibodies and thyroid function in patients with Hashimoto's thyroiditis: A systematic review and meta-analysis. Medicine (Baltimore). 2023;102(52):e36759. PMID 38206745