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Dépersonnalisation et déréalisation : symptômes, Covid long

Illustration d'une personne dans son salon, la scène nette avec un léger effet de distance : la sensation d'être à distance de soi ou de son environnement

L'article en 1 minute

La dépersonnalisation est la sensation d'être distant de soi-même, la déréalisation celle de voir le monde comme irréel, par exemple derrière une vitre. Fréquentes sous forme d'épisodes passagers, ces expériences peuvent parfois durer et gêner la vie quotidienne.

Après une pneumonie Covid, une étude de 72 adultes hospitalisés a suivi pendant plus de deux ans les scores d'un questionnaire de dépersonnalisation et de déréalisation : ils ont diminué, et les éléments les plus rapportés concernaient surtout la concentration et l'attention, proches du brouillard mental.

Cela suggère que le questionnaire utilisé ici regroupe des vécus différents, à distinguer aussi du syndrome d'Alice au pays des merveilles, de l'anxiété ou de la migraine.

L'étude est petite, menée dans un seul hôpital, sans groupe de comparaison : elle ne dit ni la fréquence de ces sensations dans le Covid long, ni si le virus en est la cause.

À retenir : un symptôme n'est pas un diagnostic. Décrivez ce que vous vivez à un soignant s'il est nouveau, répété ou gênant.

Glossaire rapide
  • Dépersonnalisation : sensation d'être détaché de soi-même, de son corps, de ses pensées ou de ses émotions.
  • Déréalisation : sensation que l'environnement est irréel, lointain, plat ou comme dans un rêve.
  • Épreuve de réalité : capacité à savoir que ce que l'on ressent est inhabituel, sans croire que le monde a réellement changé.
  • Syndrome d'Alice au pays des merveilles : distorsions de la perception du corps, de la taille ou de la distance des objets, ou du temps.

IntroductionSe sentir spectateur de sa propre vie, ou voir un lieu familier comme irréel : ces sensations portent les noms de dépersonnalisation et de déréalisation. Elles déstabilisent, mais un symptôme n'est pas un diagnostic. Voici comment les reconnaître, ce que l'on sait du Covid long et quand consulter.

Dépersonnalisation ou déréalisation : de quoi parle-t-on ?

🟢 Définitions cliniques de référence

La dépersonnalisation est une distance ressentie envers soi-même, la déréalisation une irréalité ressentie du monde ; les deux peuvent coexister, avec une conscience conservée de leur caractère inhabituel.

Voici trois phrases, inventées pour l'occasion, que des personnes pourraient prononcer : « Je sais que c'est ma maison, mais elle me paraît étrangère. » « Je fais les choses, mais j'ai l'impression de me regarder les faire. » « Je suis avec mes proches, pourtant je me sens derrière une vitre. »

Dans la dépersonnalisation, la personne se sent détachée de son corps, de ses pensées ou de ses émotions, comme spectatrice de sa propre vie.[1]

Dans la déréalisation, c'est l'environnement qui semble irréel : lointain, plat, comme derrière une vitre ou dans un rêve.[1] Ce ressenti n'est pas la croyance que le monde n'existe pas.

Dépersonnalisation et déréalisation : deux sensations de distance Tableau à deux colonnes. À gauche, la dépersonnalisation, distance envers soi-même, avec trois exemples : se regarder faire ses gestes, émotions comme étouffées, corps ou pensées étrangers. À droite, la déréalisation, distance envers le monde, avec trois exemples : lieu familier mais irréel, comme derrière une vitre, sons, distances et temps modifiés. Les deux peuvent coexister. Deux façons de se sentir à distance Dépersonnalisation Distance envers soi • Se regarder faire ses gestes • Émotions comme étouffées • Corps ou pensées étrangers Déréalisation Distance envers le monde • Lieu familier, mais irréel • Comme derrière une vitre • Sons, distances, temps changés + Elles peuvent coexister
Deux familles de ressentis qui peuvent coexister chez une même personne. Illustration conceptuelle, pas un outil de diagnostic.

Un épisode passager n'est pas une maladie. Selon une synthèse clinique de référence, environ 25 à 75 % de la population générale a vécu au moins un épisode de ce type, alors qu'environ 1 à 2 % seulement des personnes remplissent un jour les critères d'un trouble.[1][2]

Le trouble de dépersonnalisation et de déréalisation est un diagnostic médical posé selon les critères du DSM-5-TR, la classification américaine des troubles mentaux : épisodes persistants ou répétés, souffrance ou gêne importante, absence de meilleure explication par une autre maladie, et conscience que ces expériences ne sont pas réelles.[1] Cette épreuve de réalité conservée le distingue d'un trouble psychotique. Seul un professionnel peut le diagnostiquer ; aucun autotest n'en tient lieu.

Ressentir le monde comme irréel, est-ce perdre le contact avec lui ? Dans ce trouble, la personne sait que ce qu'elle ressent est inhabituel.

À quoi cela ressemble-t-il au quotidien ?

🟢 Description clinique de référence

Ces sensations durent de quelques heures à plusieurs années, et la vie quotidienne continue en apparence.

Se doucher, préparer un repas, parler ou travailler restent souvent possibles, mais semblent moins vécus. La personne fait les gestes en se regardant faire, sans perte de conscience.

Les relations et les émotions peuvent être touchées : la proximité affective est parfois moins ressentie, sans que l'amour ou l'empathie aient disparu. Certaines personnes peinent à décrire ce qu'elles éprouvent.[1] Ces sensations sont presque toujours pénibles et, lorsqu'elles sont sévères, elles retentissent profondément sur la vie quotidienne.

Ce que le suivi rend visible

Noter votre sommeil, vos efforts et les moments où ces sensations surviennent aide à préparer une consultation, sans rien interpréter à votre place.

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Le quotidien continue, mais la personne le traverse comme à travers une vitre.

Brouillard mental, dissociation, syndrome d'Alice ou autre chose ?

🟠 Chevauchements documentés, études limitées

Le brouillard mental désigne des difficultés de réflexion, la dépersonnalisation et la déréalisation un ressenti d'irréalité, le syndrome d'Alice des distorsions de perception : ces vécus se recoupent sans être équivalents.

Le brouillard mental : une difficulté cognitive

Le brouillard mental regroupe plusieurs symptômes cognitifs, comme une difficulté à se concentrer ou à fixer son attention.[7][4] Il peut coexister avec une impression d'étrangeté sans en être un synonyme.

La dissociation : une famille de phénomènes

La dissociation est un terme plus large : plusieurs façons dont la conscience, la mémoire ou le sentiment de soi se désolidarisent.[1] Le trouble dissociatif de l'identité est un diagnostic distinct, que ces sensations ne suggèrent pas.

Quand le corps, l'espace ou le temps semblent déformés : le syndrome d'Alice au pays des merveilles

Ce syndrome associe des distorsions de la perception du corps, de l'espace ou du temps : un objet paraît plus petit ou plus lointain, une partie du corps semble changer de taille, le temps s'accélère ou ralentit. La personne sait en général que ce qu'elle perçoit n'est pas réel.[9] Décrit en 1955 par le médecin John Todd, il a longtemps été considéré comme rare et surtout observé chez l'enfant.[9][11]

Dans une étude de 2024 menée dans un centre spécialisé des céphalées, 133 personnes migraineuses sur 808 (16,5 %) ont rapporté des symptômes de ce syndrome au cours de leur vie, le plus souvent visuels : objets paraissant plus petits ou plus éloignés (72,9 % des 133).[9] Parmi les symptômes associés figuraient l'altération du temps (81 répondants sur 130), l'irréalité de l'environnement (70 sur 130) et l'étrangeté du corps (64 sur 130).

Le chevauchement avec la déréalisation et la dépersonnalisation est donc réel, sans qu'un mécanisme commun soit prouvé. Il s'agit de réponses rétrospectives dans un seul centre, pas de fréquences dans la population générale, et 108 personnes sur 133 (81,2 %) savaient que ces sensations n'étaient pas réelles.

Des distorsions nouvelles, répétées ou accompagnées de signes neurologiques justifient un avis médical. Le syndrome d'Alice est surtout décrit chez des personnes migraineuses (l'étude citée n'inclut qu'elles),[9] et des crises d'épilepsie peuvent provoquer des sensations d'irréalité.[1]

Brouillard mental, irréalité et syndrome d'Alice : trois vécus qui se recoupent Trois cercles qui se recouvrent partiellement, sans flèche. Le premier désigne la difficulté à penser, le brouillard mental. Le deuxième désigne l'impression d'irréalité de soi ou du monde. Le troisième désigne les distorsions du corps, de l'espace ou du temps, le syndrome d'Alice au pays des merveilles. Les zones de recouvrement indiquent que ces vécus peuvent coexister sans être équivalents. Trois vécus qui se recoupent Penser est difficile (brouillard mental) Tout paraît irréel (soi ou le monde) Corps, espace ou temps déformés (syndrome d'Alice) se recoupent
Ces trois vécus peuvent coexister sans être équivalents. Schéma conceptuel, pas un outil de diagnostic.
Penser lentement, sentir le monde irréel, voir les objets changer de taille : trois vécus, trois explications possibles.

Pourquoi ces sensations peuvent-elles apparaître ?

🟠 Contextes associés, mécanismes incertains

Stress, anxiété, fatigue et sommeil perturbé sont des contextes associés à ces sensations, sans mécanisme unique démontré.

Le trouble est souvent déclenché par un stress intense, et des événements anciens, comme des maltraitances ou une négligence dans l'enfance, peuvent y prédisposer.[1] Mais tout épisode ne vient pas d'un traumatisme : l'expérience passagère est répandue dans la population générale.[2]

Une revue de 2025 décrit ces sensations dans l'anxiété, la dépression et la psychose.[6]

Des études expérimentales suggèrent une réponse émotionnelle atténuée face à des images ou à des sons désagréables, avec une activation plus forte de réseaux cérébraux de régulation des émotions.[3] Ces travaux sont petits et se contredisent sur plusieurs points : ils ne démontrent ni mécanisme cérébral unique, ni examen diagnostique.

Un examen normal n'efface pas une sensation réelle, et une sensation réelle n'explique pas à elle seule sa cause.

Après une pneumonie Covid : ce qu'une étude a mesuré

🔴 Signal préliminaire, étude unique

Une étude de 72 adultes suivis plus de deux ans après une pneumonie Covid a mesuré des symptômes de dépersonnalisation et de déréalisation, en baisse avec le temps, sans permettre d'en estimer la fréquence dans le Covid long.

L'étude de Jáuregui-Renaud et ses collègues (2024) a suivi 72 adultes hospitalisés pour une pneumonie Covid modérée à sévère, dans un seul hôpital mexicain, avec quatre évaluations sur plus de deux ans.[4] Les participants, sans antécédent psychiatrique ou neurologique, avaient été retenus parmi 85 patients éligibles. L'objectif principal portait sur le sommeil et la qualité de vie, pas sur la dépersonnalisation.

Les symptômes de dépersonnalisation et de déréalisation ont diminué au fil des évaluations, liés à un sommeil moins bon, à l'anxiété et à une moins bonne qualité de vie.[4] Mais au premier suivi, les symptômes cités par plus de la moitié des participants étaient la difficulté à se concentrer (63 %), la difficulté à fixer l'attention (54 %) et une vision terne (54 %).[4]

Deux de ces trois items concernent la concentration et l'attention, plus proches du brouillard mental que d'une irréalité vécue, et les auteurs notent que l'inventaire utilisé a été conçu pour des personnes cliniquement anxieuses.[4] L'étude, sans groupe de comparaison ni diagnostic de trouble dissociatif, concerne des patients hospitalisés : elle ne décrit pas le Covid long en général.

Pour le contexte plus large, les méta-analyses sur le Covid long n'estiment pas ces sensations : l'une, sur 17 études et 41 249 personnes, porte sur la santé mentale et le brouillard mental,[7] une autre, sur 51 études, ne comptait que deux études avec un groupe témoin.[8] Voir aussi la relecture critique des preuves sur le Covid long.

Une autre étude, sur 421 personnes ayant des maux de tête persistants après le Covid, a recherché les symptômes du syndrome d'Alice. Parmi elles, 106 (25,2 %) en rapportaient au moins un, le plus souvent une distorsion du temps ; la déréalisation ou la dépersonnalisation était citée par 24,5 % des 106.[10] Elles avaient plus souvent une migraine préexistante (40,6 % contre 29,5 %).

Ces chiffres ne sont pas une fréquence dans le Covid long : recrutement en ligne, réponses de mémoire sans diagnostic clinique, maux de tête persistants chez tous. Les auteurs avancent que le virus pourrait être un déclencheur, mais la migraine préexistante est une explication concurrente.[10]

Des symptômes rapportés après le Covid ne disent pas encore si le virus les provoque.

Comment réagir si cela vous arrive ?

🟠 Repères de confort, preuve limitée

Des repères simples peuvent aider pendant un épisode, mais aucune méthode n'a démontré d'efficacité spécifique pour tous.

Pendant un épisode

Mettez-vous d'abord en sécurité : par prudence générale, si vous vous sentez désorienté, évitez de conduire ou toute activité dangereuse. Des soignants proposent parfois des techniques d'ancrage qui mobilisent les cinq sens.[1] À titre d'exemples, non issus d'une source : poser les pieds au sol, nommer quelques objets visibles, écouter un son familier. Ce sont des moyens de confort, pas un traitement démontré ; en cas d'hypersensibilité à la lumière ou au bruit, préférez un lieu calme.

En dehors des épisodes

Notez quand les épisodes surviennent : sommeil, traitements, substances, stress, efforts, aggravations un ou deux jours après un effort. Pour le malaise post-effort, l'article sur le pacing détaille comment adapter l'activité. Évitez les injonctions du type « il suffit de se détendre » : elles culpabilisent sans aider.

Ce qui relève d'un professionnel

L'évaluation médicale cherche d'abord d'autres causes, puis propose un accompagnement. Certaines psychothérapies peuvent aider, mais les preuves restent limitées : une revue portant sur l'ensemble des traitements (psychothérapies, médicaments, neuromodulation) a retenu 41 études totalisant 300 participants, dont quatre essais randomisés, et conclut que la qualité et la quantité des travaux sont faibles.[5] Aucun médicament n'a démontré d'efficacité claire dans ce trouble : ceux qui sont parfois prescrits visent surtout l'anxiété ou la dépression associées.[1]

Se sentir mieux le temps d'un épisode n'est pas la même chose que traiter ce qui le provoque.

Quand consulter, et que dire au soignant ?

🟢 Repères de prudence généraux

Consultez si ces sensations sont nouvelles, répétées, persistantes ou gênantes ; appelez le 15 ou le 112 devant des signes brutaux de gravité.

Un avis médical est utile dès que ces sensations sont nouvelles, répétées, persistantes ou gênantes : le soignant cherchera d'autres causes. Une imagerie cérébrale ou un électroencéphalogramme peuvent être proposés, notamment si les symptômes débutent après 40 ans.[1]

⚠️ Signes d'urgence

Appelez le 15 ou le 112 en cas de faiblesse d'un côté du corps, difficulté à parler, altération marquée de la conscience, convulsion, mal de tête brutal et inhabituel, perte brutale de la vue, douleur thoracique sévère ou détresse respiratoire : ces signes relèvent de l'urgence, pas de la dépersonnalisation. En cas de pensées suicidaires, appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide), ou les urgences en cas de danger immédiat.

Préparer votre récit aide le soignant : décrivez ce que vous ressentez avec vos mots plutôt que de chercher le nom du trouble. La mini-fiche ci-dessous ne contient aucun score et n'établit aucun diagnostic.

Mini-fiche pour la consultation

① Je ressens… (avec mes mots)
② Depuis quand, et combien de temps durent les épisodes
③ Cela survient surtout… (contextes possibles)
④ Cela s'accompagne de… (maux de tête, palpitations, trouble visuel, sommeil)
⑤ Cela m'empêche de… (conséquences concrètes)

Décrire précisément ce que vous vivez vaut mieux qu'un autodiagnostic.
Ce que l'on sait, et ce que l'on ne sait pas

Fait établi. La dépersonnalisation et la déréalisation sont des expériences cliniques reconnues, fréquentes en épisodes passagers et plus rares en trouble persistant (environ 1 à 2 % des personnes selon une synthèse clinique).

Hypothèse étayée. Le stress, un sommeil perturbé et l'anxiété sont des contextes associés. Après une pneumonie Covid, les scores d'un questionnaire ont été suivis chez 72 adultes et ont diminué en plus de deux ans ; des symptômes de type syndrome d'Alice ont été déclarés par 106 personnes sur 421 ayant des maux de tête persistants, sans diagnostic clinique confirmé.

Spéculation. Un lien de cause à effet entre le virus et ces sensations, un mécanisme cérébral unique, ou leur fréquence dans l'ensemble du Covid long ne sont pas démontrés.

Ce qu'il faut retenir

Se sentir déconnecté de soi ou du monde est une expérience clinique reconnue, souvent passagère, qui mérite une écoute sérieuse. Ce n'est pas un diagnostic : brouillard mental, anxiété, migraine, syndrome d'Alice, épilepsie ou d'autres causes peuvent y ressembler.

Après le Covid, des observations existent, chez 72 adultes hospitalisés et chez des personnes aux maux de tête persistants, mais la fréquence et les mécanismes restent à préciser. Décrire ce que vous vivez et consulter si la sensation est nouvelle, répétée ou gênante vaut mieux qu'un autodiagnostic.

Nommer ce que l'on ressent est un premier pas, pas un diagnostic.
🎯 Que faire concrètement avec cet article

① Décrire vos sensations avec vos mots : pendant une semaine, notez ce que vous ressentez, quand, et ce qui l'accompagne (sommeil, effort, maux de tête).

② Repérer les contextes : observez si fatigue, stress, lumière ou bruit précèdent les épisodes, sans chercher à tout expliquer.

③ Préparer la consultation : si les sensations sont nouvelles, répétées ou gênantes, utilisez la mini-fiche et demandez un avis à un médecin, qui cherchera d'abord d'autres causes.

Questions fréquentes

Est-ce que la déréalisation veut dire que je deviens fou ?
Non, ce ressenti ne signifie pas en lui-même une perte de contact avec la réalité. Dans le trouble de dépersonnalisation et de déréalisation, la personne garde conscience que son vécu est inhabituel, ce qui le distingue d'un trouble psychotique.[1] Seul un professionnel peut poser un diagnostic : en cas de doute ou de gêne, un avis médical est utile.
Quelle différence entre déréalisation et brouillard mental ?
La déréalisation est une perception du monde comme irréel ou lointain, le brouillard mental une difficulté de réflexion, d'attention ou de mémoire. Les deux peuvent coexister, et le questionnaire d'une étude les mélangeait en partie.[4]
Peut-on ressentir cela avec un Covid long ?
Oui, des sensations de ce type ont été rapportées après le Covid dans des études limitées : 72 adultes hospitalisés pour une pneumonie[4] et 421 personnes ayant des maux de tête persistants.[10] Elles ne permettent ni d'estimer la fréquence, ni d'affirmer que le virus en est la cause.
Peut-on aller mieux ?
L'évolution varie : les symptômes sont souvent épisodiques, parfois durables.[1] Dans l'étude de 72 adultes, les scores ont diminué en plus de deux ans, sans que ce résultat se transpose à tous.[4] Un accompagnement individualisé est possible, sans promesse de résultat, car les preuves sur les traitements sont faibles.[5]

Garder une trace de vos journées

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Sources

  1. MSD Manuals, édition professionnelle. Depersonalization/Derealization Disorder (synthèse clinique, source secondaire revue par des pairs, sans PMID). msdmanuals.com.
  2. Hunter EC, Sierra M, David AS (2004). The epidemiology of depersonalisation and derealisation. A systematic review. Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology. PubMed PMID 15022041.
  3. Millman LSM et al. (2024). Behavioural, autonomic, and neural responsivity in depersonalisation-derealisation disorder: a systematic review of experimental evidence. Neuroscience and Biobehavioral Reviews. PubMed PMID 38944228.
  4. Jáuregui-Renaud K et al. (2024). Quality of sleep and mental symptoms contribute to health-related quality of life after COVID-19 pneumonia, a follow-up study of more than 2 years. Biomedicines. PubMed PMID 39062147.
  5. Wang S et al. (2024). The treatment of depersonalization-derealization disorder: a systematic review. Journal of Trauma and Dissociation. PubMed PMID 37431255.
  6. Černis E et al. (2025). Depersonalisation-derealisation as a transdiagnostic treatment target: a scoping review of the evidence in anxiety, depression, and psychosis. Frontiers in Psychology. PubMed PMID 40309203.
  7. van der Feltz-Cornelis C et al. (2024). Prevalence of mental health conditions and brain fog in people with long COVID: a systematic review and meta-analysis. General Hospital Psychiatry. PubMed PMID 38447388.
  8. Badenoch JB et al. (2022). Persistent neuropsychiatric symptoms after COVID-19: a systematic review and meta-analysis. Brain Communications. PubMed PMID 35169700.
  9. Fitzek MP et al. (2024). Alice in Wonderland Syndrome (AIWS): prevalence and characteristics in adults with migraine. Journal of Neurology. PubMed PMID 38822148.
  10. Carrión-Nessi FS et al. (2025). Exploring Alice in Wonderland syndrome in adults with persistent headache after COVID-19: a cross-sectional study in Latin America. BMC Neurology. PubMed PMID 41039280.
  11. Todd J (1955). The syndrome of Alice in Wonderland. Canadian Medical Association Journal. PubMed PMID 13304769 (série historique de six patients, citée via la source 9, texte original non relu).